« Hinata, tu vas bien ? »
C'était la deuxième fois qu'on me posait la question, cependant, cette fois si, je ne pus faire semblant de rien. Les larmes commençaient à couler sur mes joues, et des gémissements de douleur sortir d'entre mes lèvres.
J'avais besoin de lui.
J'avais besoin de mon meilleur ami.
« Non, non, je ne vais pas bien. »
Selon les derniers mots que j'écrivais à Kenma ce soir-là. Malgré le fait qu'il soit là pour moi, pour me soutenir, je ne voulais lui dire tout ce que j'avais sur le cœur.
Je ne voulais pas l'entraîner dans ma chute.
Cela ne faisait que quelques mois que je connaissais Kenma. Cependant, nous avons tout de suite été proches, c'est comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il était l'autre moi, comme un miroir qui comprenait chacun de mes gestes. Il était là quand j'ai compris mes sentiments, il était là quand ma mère est partie me laissant seul, il était là quand mon père est parti.
Kenma a toujours été là.
C'est l'un des seuls.
À ne jamais m'avoir laissé.
Certains penserons que je suis amoureux de lui, mais s'ils pensent cela, c'est qui non jamais connue de véritable amitié. Une amitié qui vous fait vibrer, une amitié qui vous fait vivre, une amitié qui vous relie pour la vie. C'est cela pour moi et Kenma.
Cependant, il m'a déjà tant aidé que je ne veux pas lui rajouter une charge supplémentaire sur les épaules, il a déjà assez de problèmes à gérer sans moi.
Mais malgré tout cela,
J'avais besoin de lui.
C'est sur cette penser que je m'endormi, avec l'espoir de revoir bientôt mon meilleur ami.
Le lendemain, je fus réveillé par un bruit assourdissant, la sonnette. Pourtant, je n'attendais personnes ce matin, et puis peut de personnes savent que j'ai déménagé.
C'est donc dans un soupir las que j'ouvrir la porte, ne m'attendant pas à voir la personne qui était devant moi.
« Je te laisse 10 minutes pour te préparer, on va s'entraîner tous les deux. »
Devant moi, se tenait mon meilleur ami, toujours les yeux sur sa console de jeux. Cependant sa voix était plus que sérieuse ce qui m'empêcha de faire une quel qu'on que remarque. C'est en partant m'habiller que je fis attention à l'heure. Il était 8 heures, et Miyagi était à au moins 5 heures de route de Tokyo. J'avais envoyé mon dernier message à 2 heures hier, ce qui fait que Kenma avait un train au plein milieu de la nuit pour me voir.
Il avait fait tout ce trajet pour moi.
Kenma était en train de s'échauffer pendant que je lançais quelques balles dans le vide. Depuis que nous étions partis de chez moi, il ne m'avait pas adressé la parole, ce qui n'est pas rare en soit. Cependant, je n'étais pas à l'aise, je ne voulais pas m'entraîner.
Et pour la première fois de ma vie,
Je ne voulais pas faire de volley.
Le volley m'a apporté beaucoup de choses dans ma vie, des amis, de la joie, l'amour, mais il m'avait aussi fait tant de mal. Que ce soit physiquement ou psychologiquement, le volley me brise tous les jours un peu plus. Les entraînements étaient toujours plus durs, je suis tombé des milliers de fois, je me suis blessé des milliers de fois, j'ai pleuré des milliers de fois, on m'a brisé des milliers de fois, on m'a battu des milliers de fois. Tout cela était la faute, de ma taille, de ma faiblesse, de mes sentiments, de ma peur, de mon amour. Tout cela n'était que de petits choses, mais ces petites choses m'enfonçaient toujours un peu plus dans les ténèbres, tout cela était lié au volley.
Cependant, le volley était toute ma vie.
Les passes entrent les deux meilleurs amis commencèrent calmement, le temps que l'un et l'autre s'habitue à l'aptitude de leurs partenaires. Les premières passent n'étaient pas frappé, mais petit à petit, le jeune corbeau trouva le rythme.
Je frappais les passes de Kenma sans vraiment d'envie, je ne pensais qu'à Kageyama et aux passes qu'il me fessait. Au sourire qu'il me lançait quand on gagnait, à sa colère quand je loupais sa passe. Puis l'image de son regard amoureux prend place dans mon esprit, alors je frappai plus fort. Ses larmes quand il me déclara son amour pour elle, encore, à son message de remerciement, toujours plus fort, à son sourire quand il me la présenta, plus haut, à la joie de l'équipe fasse à elle, encore, à leurs lèvres qui se touche, encore,
Je veux frapper encore plus fort.
Les larmes commençaient à couler sur mes joues.
Ma vue se brouillait.
Je ne sentais plus ma main.
Mais je voulais encore frapper.
Frapper cette balle,
Cette balle qui représentait toute ma tristesse,
Toute ma haine,
Tous mes sentiments,
Tout mon amour.
« Shoyo, on devrait arrêter là... »
Pourquoi arrêter, je ne voulais pas. C'est comme si j'étais devenue accro, accro au frappes, accro à ce sentiment, accro à la douleur, accro à la haine.
« Encore ! Encore ! Je ne veux pas arrêter »
Il me regarda quelqu'un instant avant de m'en lancer une autre, cependant, ma main ne la touchera jamais. Je venais de m'écrouler sur le sol froid du gymnase. Ma respiration saccadée, mes larmes, mes gémissements de douleur. Je souffrais de cet amour à sens unique, je souffrais de le voir l'aimer, je souffrais de le voir sourire, je souffrais de la voir, elle, dans ma vie.
Les images défilaient dans ma tête sans que je puisse les arrêter, tous mes moments passer avec lui, tous ses mots à mon égard, tous ses gestes, tout me revenait en pleine face. J'y avais cru, en cet amour impossible, j'y avais cru au jour où ses lèvres toucheraient les miennes, j'y avait tellement crue.
Mais cela n'arrivera jamais.
C'était comme un électrochoc, je criais, je hurlais mon amour pour lui, mon amour à sens unique. Je pleurais ses lèvres sur les siennes, je souffrais de cette noirceur qui prenait mon cœur.
Je veux que tout cela s'arrête.
Je ne veux que cet amour s'arrête.
Non,
Je veux simplement qu'il m'aime.
J'étais en pleine crise de détresse, je ne vis pas ce qui m'entourais, je ne vis pas Kenma courir vers moi, je ne le vis pas me serrer dans ses bras, je ne vis pas ses larmes couler, je ne vis pas l'inquiétude dans son regard.
La seule chose que je voyais,
C'étaient ses lèvres sur les siennes.
Ce week-end-là, mon meilleur ami resta auprès de moi.
Ce week-end-là, mon meilleur ami écouta ma tristesse.
Ce week-end-là, mon meilleur ami resta avec moi.
Ce week-end-là, j'ai pleuré.
Ce week-end-là, j'ai hurlé.
Ce week-end-là, j'ai suffoqué.
Ce week-end-là, j'ai réalisé.
Qu'il ne m'aimerait jamais.
