Chapitre 44

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Revenir ici est si étrange.

Elle m'a manqué cette maison même son odeur m'avait manqué mais pour autant je ne me sens pas à l'aise dans la maison où j'ai grandi.

Tout a changé sans pour autant avoir changé, c'est étrange comme sensation. Mes doigts parcourent les meubles, rien n'a vraiment changé mise à part des choses qui traîne ici et là. Mon frère a toujours été quelqu'un de désordonné, bordélique depuis qu'il est tout petit, peu importe les remontrances des parents.

Je soupire et monte lentement les escaliers un à un avant d'entrer dans la chambre d'Aaron. Son odeur est toujours présente et son lit défait. A quoi bon faire son lit quand on est censé se recoucher dedans le soir ? Disait-il.

Je soupire malgré moi et me laisse tomber sur son lit plongé dans mes pensées.
Est ce que Lenzo a vraiment prémédité sa mort ? Ou c'est juste un hasard ? Je l'espère du plus profond de mon hêtre. Je ne sais pas comment je devrais réagir si c'est lui qui a commandité son meurtre.
Ne pense t'il pas à moi avant de faire ce genre d'acte ?
Mais d'un côté je me sens aussi libérée qu'il soit mort. C'est horrible de penser ça mais il a toujours été possessif et contrôlant avec moi même violent. J'ai toujours eu peur de lui au plus profond de moi. De ses réactions excessives et violentes. Plus jamais je n'aurais à revivre ça mais d'un autre côté il était mon seul et unique frère. Et on a passé tellement de bons moments ensemble...

Il était ma seule famille.

Quelqu'un toque à la porte me faisant sortir de mes pensées. Je me dirige alors vers celle-ci et trouve deux policiers.

"-Bonjour madame Fillot. Excusez-nous de vous déranger de ces moments difficiles mais nous aurions quelques questions à vous poser.
-Oui, bien sûr. Rentrez.

Je l'ai laisse passer devant, m'excusant pour le désordre et les fais asseoir dans le salon. Mes yeux tombent immédiatement sur une grosse tâche de sang séché sur le fauteuil et un des deux officiers le remarque aussi.

-La personne a dû perdre une bonne quantité de sang, non ?
-Oui, mon frère organiser souvent des soirées et dans certains cas ça ce finissait mal...
-Comment ça ?
-Beaucoup de bagarres.
-Je vois.

Je baisse les yeux ne sachant pas quoi répondre avant de m'asseoir.

-Alors nous venons ici à ce jour pour vous parler des différents entre votre frère et monsieur Alvar si vous le voulez bien.

J'aimerais dire que je suis surprise mais je ne le suis pas du tout.
Je hoche simplement la tête pour leur faire comprendre que je répondrai au question.

-Celon nos informations votre frère aurait volé monsieur Alvar. Est-ce vrai ?
-Oui, j'ai déjà fait une déposition après de la prise d'otage. Mon frère et des amis à lui, lui ont volé de l'argent et il est simplement venu récupérer son dû et n'a pas voulu porter plainte pour pas que ce soit médiatisé.
-Monsieur Fillot a rapporté à des détenus que monsieur Alvar vous aurez enlevé pour le motiver à lui rendre la somme volée.
-Vous savez mon frère raconte beaucoup de chose qui sont fausses. Il adorait mentir et avoir l'attention sur lui.
-Donc c'est faux ?
-Oui, c'est faux.
-Il aurait raconté aussi que ça serait monsieur Alvar qui lui aurait coupé la main pour le punir en votre présence et qu'il vous auriez celons ses dires monter la tête contre lui.
-Non, des voleurs se sont introduits chez nous.
-Des voleurs ? A l'hôpital il avait dit la première fois qu'il s'était coupé en faisant du bois...

Je sens mon visage perdre toutes ses couleurs et mes doigts commencent à trembler. Je suis en train de me mettre dans un bourbier sans nom.

-Il a dit ça ? C'est étrange...
-Oui, c'est noté noir sur blanc dans le rapport fourni par l'hôpital.

Je hausse les épaules et ma sauveuse Emily arrive en chantonnant avant de s'arrêter nette en voyant les policiers et de les saluer en murmurant.

Le plus jeune d'entre eux l'invite à s'asseoir et à décliner son identité.

-Madame Spin vous étiez là le jour où monsieur Fillot s'est blessé à la main n'est ce pas ?
-Hum...Oui, fin je suis arrivée quelques instants après. J'ai juste vu sa main par terre et on a filé à l'hôpital.
-Très bien. Savez-vous comment il s'est fait ça ?
-Il avait encore beaucoup bu sûrement.

Les officiers me jettent un coup d'oeil avant que le plus âgé note quelque chose dans son carnet.
On est foutus.

-Quel est la nature de votre relation avec monsieur Alvar ?
-On est ensemble.
-C'est une histoire sérieuse ou juste de "l'amusement" ?
-J'imagine que c'est du sérieux...

Je le regarde lever les yeux au ciel avant de noté une fois de plus quelque chose dans son carnet alors que son collègue fait les beaux yeux à mon amie qui lui lance un sourire automatique.

-On va prendre vos numéros de téléphone si ça ne vous dérange pas si nous avons d'autres questions.
-Bien sûr."

Une fois fait, les officiers partent enfin. A travers la fenêtre nous pouvons voir le plus âgé donner une claque dernière la tête à son équipé avant que ce dernier ne se retourne nous faisant nous cacher sous la fenêtre.

"-On est dans la merde....
-Pourquoi tu chuchote ?

Je roule des yeux avant de m'asseoir correctement au sol et la brune fait le même.

-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Aaron à dit qu'il s'était fait amputer en faisant du bois, moi par des cambrioleurs et toi qu'il avait sûrement bu...
-Ah effectivement c'est dérangeant...
-On est mortes Emily...
-Ouais...C'est chaud là.

On reste un moment sans rien dire. Si ils n'avaient pas de soupçons là c'est sûr qu'ils en ont. Je suis sûr qu'ils vont ouvrir une enquête. Je n'ai pas envie de finir ma vie en prison. Je ne pense pas le mériter.

-Il faut qu'on se mettent d'accord sur la version d'Aaron, ils n'ont pas pris nos dépositions officielles."

Ma meilleure amie hoche la tête puis nous nous mettons d'accord sur des faits créant un scénario qui pour nous tient la route. Du moins,  je l'espère. Et il faut qu'on nettoie la maison de fond en comble. Que ces foutus traces de sang partent.
Nous fouillons un peu partout dans la maison cherchant de la javel et nous mettons à astiquer le salon et la cuisine dans les moindres recoins, jusqu'à l'intérieur des placards,  le sang a pu voler n'importe où. Ils ne doivent rien pouvoir retrouver, pas un seul indice sinon on est foutu.

AriaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant