Je pris place sur le banc, aux côtés de mes amis. Aujourd'hui, remise des diplômes. Mon cœur n'avait jamais battu aussi vite, et mon stress était supérieur à celui des examens. A coté de moi, Lucy se rongeait les ongles depuis une bonne heure. Par contre, Zéphyr restait étrangement calme, malgré ses yeux obstinément fixés sur l'estrade installée pour l'occasion.
En me voyant là, un cauchemar me revint en mémoire. Celui où je rêvais de la remise, mais mes ailes étaient exposées. A l'époque, cette vision m'effrayait. A présent, si c'était le cas, j'assumerais. Du moins, j'essayerais. A cette pensée, mon ventre se tordit dans un mauvais présage.
Nous étions arrivés légèrement tard, prenant les places au fond. Un silence inquiétant régnait dans la cour. Chacun attendait patiemment de savoir si ces cinq mois allaient payer ou non. L'inquiétude se lisait sur chacun des visages. Les professeurs étaient rassemblés sur l'estrade. Un pupitre était installé en son centre. Alignés, ils tenaient un petit objet métallique dans leurs paumes.
Lucy m'informa que c'était pour ajouter une branche à notre Sivoire, signe qu'on avait passé Hélios. Le Sivoire, sorte de corde parcourant notre poignet et notre majeur, indiquait notre rang. Pour l'instant, en tant que Lumen Learner, nous n'avions qu'une branche dorée. Si nous avions notre diplôme, une seconde branche dorée s'ajoutait.
Puis, quand nous étions définitivement Lumen Warrior, la couleur devenait argentée. Pour les Lumen Master, une troisième branche prenait place, et le Sivoire devenait blanc. Si nous échouions à une étape, on nous reprendrait le Sivoire. Nos professeurs principaux avaient la charge de nous fournir la nouvelle branche.
En tant que Lumen Learner, nous avions obligation de porter nos Sivoires en permanence. Ce n'était qu'en tant que Lumen Warrior que nous pourrions les enlever. Je tapais nerveusement la cadence avec mon pied, impatiente que tout soit fini.
Toutes les têtes se tournèrent alors vers le fond, et je suivis le mouvement. Le directeur Falco s'avançait tout doucement, une pochette plastifiée sous le bras. Son habituel sourire plaqué sur le visage, il nous observait tour à tour, jaugeant chaque visage d'élève.
Nous retenions notre souffle, sachant pertinemment qu'il avait sous son bras notre avenir. Il avait l'air de prendre un malin plaisir à marcher lentement, en nous sondant. Au bout de plusieurs longues minutes, il grimpa sur l'estrade. D'autres personnes le rejoignirent alors.
Je reconnus les vieux Lumen Master que j'avais vu avant d'aller à Hélios. Je ne me souvenais que du vieil homme, Phaïp Olor. Toujours le visage fermé, les anciens scrutaient avec attention l'assemblée. Je crus les voir arrêter leurs regards sur moi. Mais ce fut tellement bref que j'eus l'impression d'avoir rêvé. Sans doute le stress.
Pourtant, le Lumen Master Olor semblait bien m'observer, sentiment confirmé par les frissons le long de ma colonne vertébrale. D'autres Lumen Master firent leur entrée, et quelques Lumen Warrior. Enfin, en dernier, Esteban Arrano se posta près de Falco.
Mes poings se serrèrent, et j'aperçus Zéphyr se raidir également. Je me souvenais toujours de la promesse d'Arrano. Il devait me livrer les informations sur la mission Z à condition que j'obtienne mon diplôme. Lucy posa délicatement sa main sur la jambe de Zéphyr, voulant l'apaiser. Le rouquin eut un sourire crispé, mais il ne lâchait pas son père des yeux.
Enfin, Falco installa ses feuilles sur le pupitre, et prit la parole.
– Bienvenue à tous. Aujourd'hui se termine votre parcours à Hélios. Vous allez savoir si vous pourrez continuer dans la voie des Lumen Warrior. Cette année, les résultats étaient particulièrement serrés. 1158 élèves vont obtenir leur diplôme. Je tiens cependant à féliciter chaque élève pour son travail, ainsi que sa détermination.
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Mutante - Tome 2
Paranormal/!\ Cette histoire est la suite de Mutante - Tome 1 /!\ Des créatures imaginaires, qui cherchent à vous tuer. Vous y croyez, vous ? C'est pourtant ce à quoi je suis confrontée depuis que j'ai découvert l'existence des Clans. Tout paraissait limpide...
