Cette fois, ce fut mon tour de regarder mes amis, perplexe. Que me voulait-il encore, celui-là ?
– Pourquoi ? demandai-je.
– Je ne sais pas, je dois simplement vous conduire à Monsieur Arrano, claqua la femme avec impatience. Veuillez me suivre, s'il vous plaît.
Lucy nous jeta un regard inquiet. Le rouquin haussa les épaules, et lui prit délicatement la main.
– Tout va bien, c'est mon père, lui déclara-t-il.
– Ce n'est pas ce qui m'inquiète, chuchota-t-elle.
Zéphyr arbora un petit sourire, et déposa un doux baiser sur le front de ma meilleure amie. Il lâcha sa main, et retrouva son visage impassible. Le masque qu'il brandissait quand il ne parlait pas à Lucy était tellement différent. Il n'était ouvert qu'à elle.
Même moi, je ne le connaissais presque pas, alors que nous passions nos journées ensemble. Il s'ouvrait doucement, mais très lentement.
– Allons-y, déclara ce dernier à la femme.
Je jetai un dernier sourire rassurant à ma meilleure amie, et un regard excusé à Tina et Vladimir. Ils savaient bien que Zéphyr était le fils d'Esteban, mais la demande de ma présence devait les dérouter. Je serrai le poing, le stress montant en flèche.
Je savais que si Lucy était inquiète pour moi, c'était à cause de la « mini-crise » que j'avais subie. J'observai Zéphyr du coin de l'œil. Lui aussi me fixait, un regard interrogatif. Je haussais les épaules. Nous arpentâmes plusieurs couloirs, jusqu'à nous arrêter devant une porte noire.
Nous étions passés devant une petite porte à l'odeur désagréable, les toilettes. Je levai les yeux au ciel devant mon besoin pressant. Pourquoi dans ce genre de situation ?
– Attendez-moi ici, je reviens immédiatement, déclara la femme.
Elle toqua à la porte, pénétra dans la pièce, et referma immédiatement le battant.
– Que veut-il ? m'empressai-je de demander à Zéphyr.
– Aucune idée. Mais surtout, ne lui dis absolument rien sur nous, d'accord ? Nous sommes de simples amis, je ne t'ai jamais rien partagé, et toi non plus, d'accord ? Lucy est ma petite amie, mais ça s'arrête là, OK ?
J'acquiesçai, anxieuse.
– Tu penses que c'est parce que on reste à trois qu'il nous demande ?
– Lucy serait ici, si c'était le cas. Je suppose que mon père va trouver un moyen de la voir. Je n'ai jamais été proche de quelqu'un, ça doit l'intriguer. Mais je ne connais pas toutes les informations qu'il possède non plus. Dans Hélios, ça aurait été difficile d'obtenir un entretien avec Lucy sans éveiller des soupçons. Enfin bref, dis-en le moins possible, d'accord ?
– Je me doute, ne t'en fais pas. Bonne chance.
La jeune femme ouvrit la porte, et appela le rouquin. Par dessus son épaule, j'aperçus le visage d'Esteban Arrano une demi-seconde. Il semblait jubiler. La femme, une Lumen Warrior au vu de son Sivoire, me proposa de m'asseoir un peu plus loin.
– Pardon, mais... je pourrais utiliser les toilettes, s'il vous plaît ?
Elle parut à la fois surprise et amusée par ma demande, mais m'indiqua la porte d'où sortait une odeur nauséabonde. Depuis combien de temps ces toilettes n'avaient pas été nettoyés ? A moins que ce ne soit mon nez. Quand j'entrais dans la petite pièce, tout était propre et immaculé.
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Mutante - Tome 2
Paranormal/!\ Cette histoire est la suite de Mutante - Tome 1 /!\ Des créatures imaginaires, qui cherchent à vous tuer. Vous y croyez, vous ? C'est pourtant ce à quoi je suis confrontée depuis que j'ai découvert l'existence des Clans. Tout paraissait limpide...
