Chapitre 3-2 : Jeu

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– Bientôt, tu pourras quasiment les faire battre ! s'exclama Lucy en souriant.

– Oui, mais il faudrait beaucoup t'entraîner avant. Si tu bondis de plusieurs mètres sans maîtriser, tu t'écraseras lamentablement sur le sol, contredit Zéphyr.

– Merci de ton soutien, pouffai-je en m'imaginant la scène.

Ma meilleure amie me fit un clin d'œil, et Miller râla une nouvelle fois. On s'amusait beaucoup aujourd'hui, plus que l'on ne travaillait. Afin de ne pas gâcher notre temps, nous passions nos journées dans la grotte, chacun ayant un programme. Demain, reprise des cours. Zéphyr bossait ses leçons, Lucy s'entraînait à l'arc. La grotte offrait beaucoup de possibilités, surtout pour moi. 

Nous avions alternés entraînement à l'épée, et maîtrise de mes ailes avec Miller. Je n'y étais toujours pas habituée, et il me prenait parfois de mettre des habits trop près du corps. Au revoir les t-shirts moulants, bonjour les vestes ultra-large. Mais le plus gros souci était que je voulais tout le temps les étendre. Comme quand on reste trop longtemps dans une même position. Je m'imaginais mal comment faire en cours. J'espérais que cela s'atténuerait avec le temps. 

Nous avions prévus de nous entraîner très souvent dans la grotte, que ce soit pour l'épée où les ailes. J'avais réussi à faire venir Rubis ici, lui demandant de faire battre ses ailes. Il me servait d'exemple, et j'aurais juré qu'il s'en amusait. Zéphyr s'était moqué de moi, quand je lui avais appris avoir donné un nom au Mutant. Comme à un animal de compagnie. 

Mais je pense avoir lu une certaine frayeur dans ses yeux. Être « amie » avec un Mutant, si on peut dire ça, est vraiment étrange. Quoi qu'il en soit, la semaine de repos touchait à sa fin, et les résultats paraissaient demain. C'était notre professeur principal qui devait nous les divulguer. Notre classement général, nos chances de pouvoir poursuivre nos études, tout ça. Nous devions tous avoir une grille, remplie avec les notes qu'avaient prises nos observateurs, pour nous permettre de nous améliorer. 

Ce n'était qu'un classement provisoire, mais il permettait de déterminer nos chances de décrocher le diplôme. Et s'il nous fallait doubler, voire tripler d'efforts. Je mentirais en disant que cela ne me faisait pas peur. Je pensais tellement que j'allais réussir, cela pourrait me jouer des tours. Mais nos recherches, ce qu'il m'arrivait, il y avait tellement de choses. Je me perdais. Et puis, tout le monde était d'accord sur le fait que c'était bien plus dur après les premiers examens. 

Surtout parce qu'on allait attaquer la partie la plus délicate, compliquée : comment tuer les Mutants. C'était surtout sur cela que serait jugé nos compétences. Nous en avions discuté avec d'autres personnes de notre classe, inquiets. Cependant, certains nous avaient certifié pouvoir continuer des études dans ce domaine, sans décrocher le diplôme. 

Hélios organisait aussi dans l'année, un tournoi inter-classe. Tout ceux qui voulaient participer le pouvaient, et il était beaucoup visionné. Ce qui signifiait que des personnes, des Lumen Warrior et des spécialistes pouvaient repérer des talents. Beaucoup comptaient aussi là-dessus. De ce que je savais, une des épreuves consistait à tuer un Mutant. Rassurant, nous n'avions même pas commencé à apprendre comment les combattre... 

C'était pour cela qu'avec Miller, nous travaillons aussi l'attaque sur point précis. Comment tuer les Mutants était connu seulement des Lumen Warrior, tout simplement pour éviter que chacun parte à la chasse, et y laisse la vie. Mais je savais à peu près comment faire : enfoncer quelque chose entre les deux yeux. C'était comme ça que le frère de ma mère, Nathan, avait tué la manticore. Il ne restait plus qu'à attendre le cours.

– Amy, concentre-toi je t'en supplie ! s'écria Miller en se frottant la nuque, irrité.

Je m'excusais rapidement, et plaquais mes mains contre le mur. En m'appuyant dessus, cela m'aidait à me concentrer, et à sentir la base de mes ailes. J'arrivais mieux à les contrôler. Miller était sacrément fatigué depuis quelques jours. Je lui avais demandé à plusieurs reprises ce qui lui arrivait, mais il éludait, où ignorait mes questions. 

Cela m'inquiétait, mais je ne pouvais pas faire grand-chose. Ses soucis ne me concernaient pas, après tout. Je contractai mon dos, et étendis mes ailes. Je le faisais doucement, prudemment. C'était toujours un spectacle magique, aussi bien pour moi que pour les autres. On ne pouvait pas nier la beauté de ces ailes. Je refis l'exercice plusieurs fois, comme d'habitude. Mes jambes tapaient la cadence, j'avais besoin de me défouler.

– C'est bon, on arrête pour aujourd'hui, décréta Miller. Je te vois, tu n'es pas concentrée et tu ne cesses de bouger. Je sais que le classement est annoncé demain, ça doit tous vous stresser. Donc je vous propose un petit jeu, tous les trois.

Lucy et Zéphyr interrompirent leurs activités, et regardèrent Miller avec curiosité. Celui-ci sortit une clochette de sa poche, et nous la montra.

– Vous devez attraper cette clochette. Pas d'armes, seulement vos mains. En moins de cinq minutes.

Lucy afficha un sourire, sautillant quasiment sur place. Zéphyr accepta aussi, mais avec nonchalance. Les deux amoureux ne se parlaient plus vraiment depuis l'infirmerie. Lucy avait bien amorcé quelques phrases, mais le rouquin l'évitait toujours. Ou il passait par moi pour communiquer. Comme si la déclaration qu'il m'avait faite à propos de mon amie n'existait plus. Ah, l'amour ! Quel sujet ! Mais je ne voulais pas trop intervenir, il fallait qu'ils règlent leur compte tous les deux. Miller recula de quelques pas, et leva les bras.

– Alors c'est parti !

Lucy se recula, Zéphyr bondit sur le côté, et je fis de même. Le rouquin me jeta un coup d'œil, que je lui rendis. Il me fit un signe de la main, je hochai la tête. Mais alors que nous voulions prendre Miller par derrière, pour qu'il se concentre sur nous et que Lucy intervienne, mon professeur ne bougea pas. Il avait compris notre stratégie, car il se retourna brusquement quand je voulus l'atteindre par le dos. Il me mit à terre, et fit la même chose avec Zéphyr. Même quand Lucy survint, il réussit à la repousser.

– Dommage, gloussa Miller en reculant.

– On a pas de préparation, soufflai-je. On y arrivera pas comme ça.

– On attaque en même temps, décida Lucy. Amy tu passes par la gauche, Zéphyr tu attend derrière elle. Dès que son attention est pointée sur moi, Zéphyr tu interviens, d'accord ?

C'est ce que nous fîmes. Mais rien n'y fit, nous n'arrivions pas à bloquer Miller ou à attraper cette clochette. Les cinq minutes sonnèrent, et nous étions tous les trois épuisés. Miller rayonnait d'énergie, et faisait balancer sa petite clochette. La poisse !

Mutante - Tome 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant