– On retourne dans la grotte ce soir ? s'informa Lucy.
– Moi j'ai du boulot, répondit Zéphyr.
Il était bougon depuis qu'il avait eu son numéro de position.
– Il faut que je remonte dans le classement. J'ai vu mes notes, certaines sont trop basses.
– Je vais t'aider, proposa Lucy.
Le rouquin lui sourit, et après avoir jeté un coup d'œil autour de lui, l'embrassa tendrement. Je les laissai à leurs amours, pour me diriger vers la Cantine. Je pris de quoi manger et retrouvai Jay, Ella et Hekiah, mangeant avec d'autres personnes de la sphère. Je déposai mon plateau doucement, mais attirai quand même l'attention des autres élèves.
Je n'avais pas vraiment pour habitude de me mélanger avec les autres personnes de la sphère, mise à part mon petit groupe d'amis. Ça discutait des dernières rumeurs, et du classement en particulier. Beaucoup râlaient, certains parlaient même de pots de vin versés aux profs.
A quelques places de moi, je pouvais voir Abel. Il avait l'air de bien connaître Hekiah. Cela me surprit, de par leurs caractères différents. Il me vit, et me fit un signe. Hekiah qui se trouvait près de lui s'écarta, pour me laisser un trou sur la table circulaire.
– Vous vous connaissez ? me demanda Hekiah tandis que je déposais mon plateau à côté du jeune homme à la peau sombre.
– On a passé notre examen final ensemble, expliquai-je. D'ailleurs, tu as revu les autres ? interrogeai-je Abel.
– Brit oui, mais pas Nami et Achille. Il y a tellement d'élèves en même temps ! Alors la belle au bois dormant, ton classement ?
Je rougis à sa remarque, et Hekiah aussi paraissait s'interroger.
– Vous sortez...
– Non ! coupai-je mon ami.
– Désolé, je préfère les filles douces et gentilles. Pas cette tigresse, gloussa Abel en me désignant.
Hekiah partit également dans un rire franc, me rendant encore plus cramoisie. Je détestais que l'on parle comme ça sur moi.
– Tout le monde est casé maintenant, même Ella et Jay, on attend plus que toi, rit Hekiah.
– Donc toi aussi ? déduisit Abel. Qui est l'élue ?
Il avait dit ça en croisant ses mains sous son menton, d'un air moqueur. Hekiah perdit soudainement son sourire, me fixant. Il semblait désemparé.
– Quoi ? demanda Abel.
– Secret défense, répondis-je fermement, mais doucement à la fois. Toi, tu as l'élue de ton cœur ?
Hekiah me remercia d'un regard d'avoir changé de sujet. Abel haussa les épaules.
– Ça ne m'intéresse pas vraiment, ces trucs-là. Célibataires, c'est bien aussi. Je suis ici pour obtenir mon diplôme, pas faire mumuse.
Je lui posai mon poing devant lui, qu'il tapa avec le sien. Check de célibataires !
– De toute façon, je n'aurais pas assez de temps pour ça aussi, soupirai-je. Je sens déjà que les profs accélèrent le mouvement. Du coup, ton classement ?
– 1024 ! annonça-t-il avec une fierté non dissimulée. Et toi ?
– 1026, bougonnai-je après une légère hésitation.
A deux places près ! Abel lança un cri de victoire.
– J'ai gagné ! annonça-t-il fièrement. J'ai gagné le pari !
– Ferme-là ! m'écriai-je en lui donnant un petit coup sur la nuque.
– Quel pari ? questionna Hekiah, visiblement perdu.
– J'ai parié que j'aurais une meilleure place qu'elle, et j'ai gagné ! annonça fièrement Abel en ignorant mon regard noir.
– A deux places près, grommelai-je.
– Ça ne change rien ! Tu me dois quelque chose ! décréta-t-il avec un sourire malicieux.
Je rêve ? Connaissant un minimum son caractère, je m'attendais au pire.
– Qu'est-ce que tu veux ? grognai-je.
– La vérité.
Il m'avait murmuré ces deux mots à l'oreille. Hekiah ne les avaient pas entendus. Et il était trop poli pour demander ce que c'était. J'espérais qu'il ne s'imaginait pas des choses... Rien que d'y penser j'avais honte. Au moins Abel avait eu la décence de ne pas le crier sur tous les toits. Qu'avais-je comme choix à présent ? Lui révéler des choses, ou tout démentir ? Inventer ? Je n'étais pas douée pour le mensonge. Peut-être pouvais-je essayer d'expliquer tout en éludant. Dire que je ne savais pas pourquoi ces choses m'arrivaient, il serait aussi perdu que moi. Ça pouvait marcher.
– Pas ici, chuchotai-je. Hekiah, tu veux bien nous excuser ? Je dois donner un truc à Abel. Il a gagné le pari.
Je me levai, suivi par mes voisins de table. Abel me lança un regard, je lui fis signe de partir en avance. Hekiah se rapprocha de moi.
– Je ne suis pas bête, déclara-t-il. Il te demande quelque chose qui te coûte, ça se voit sur ton visage. Il s'est passé quelque chose pendant l'examen ?
Je baissai les yeux. Je commençais sérieusement à angoisser. Que dire ?
– Tu sais, ce qui m'arrive, des fois ça me le fait sans que je ne le veuille. Mais j'arrive aussi à le faire volontairement parfois. Ça me donne des capacités, des avantages. Mais... personne ne doit le savoir.
– Tu ne veux toujours pas le dire ? s'inquiéta-t-il.
Je secouais la tête négativement.
– J'aimerais pouvoir t'aider, tu sais, affirma-t-il, mais sans me forcer à avouer.
Je le savais. Hekiah était l'une des personnes les plus gentilles que je connaissais. Mais je ne tenais pas à faire venir plus de personnes dans ce tourbillon de problèmes et de secrets. Je ne tenais pas à impliquer plus de monde. C'était peut-être égoïste, mais moins ils en sauraient, mieux ce serait.
– Je ne veux pas vous impliquer là-dedans. Tu comprends ? demandai-je avec espoir.
– Tu nous as déjà dit pour les Scriatés. Et on a gardé le secret. Pourquoi on ne peut pas tout savoir ? insista-t-il.
– Parce que le reste est bien pire.
Abel s'était posé dans la cour, sur l'une des tables de dehors. J'avais réussi à expliquer à peu près ma situation à Hekiah. Ce n'était pas tant lui qui me dérangeait, je savais qu'il est ouvert d'esprit et ne jugeait pas. Mais si je lui disais, je devrai aussi le dire à Jay et Ella. Sinon, ce serait injuste. Et si je ne le disais qu'au jeune homme, cela ferait un poids trop pesant qui pourrait le séparer de ses amis.
Comme cela le faisait avec moi. Je rejoignis Abel, qui m'attendait de pied ferme. J'avais beau retourner les mots dans ma tête, je n'arrivais pas à trouver une explication cohérente qui fonctionne. Je décidai d'improviser, je ne voyais rien d'autre à faire. J'espérais que j'arriverai à le convaincre. Mon cœur battait la chamade, je n'arrivais pas à déstresser.
Je n'aurais jamais du accepter ce stupide pari. Il m'énervait, alors je l'ai fait impulsivement. Je n'avais pas réfléchi aux conséquences, je pouvais vraiment être idiote ! Je m'assis en face de lui, les bras croisés sous la poitrine.
– Alors, que veux-tu ? fis-je, la voix un peu tremblante.
– Je te l'ai dit. La vérité. Toute la vérité, sans aucun mensonge.
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Mutante - Tome 2
Paranormalne/!\ Cette histoire est la suite de Mutante - Tome 1 /!\ Des créatures imaginaires, qui cherchent à vous tuer. Vous y croyez, vous ? C'est pourtant ce à quoi je suis confrontée depuis que j'ai découvert l'existence des Clans. Tout paraissait limpide...
