Inquiète quand je reprenais conscience, je ne me rendis pas tout de suite compte que ce qui m'entourait n'étaient pas des murs, mais mes ailes. Je les écartais avec mes mains, à la façon d'un rideau. Rubis m'attendait là. J'aurais du être en colère, mais je n'en ressentais pas une once.
Je lui avais demandé comment il activait le fluide, il l'avait fait pour moi. Il semblait même comprendre mes pensées.
– Je comprend bien le principe, lui dis-je, la colère, la haine, la peur. Mais si je dois l'utiliser pour une raison ou pour une autre, je peux pas me mettre en colère sous commande !
Rubis s'approcha alors de ma jambe, et désigna ma blessure de son bec.
– Du sang ? tentai-je.
Rubis fit signe que non, et planta son bec dans ma jambe.
– Aïe ! me plaignis-je. Pourquoi tu as fait ça ?
Alors a son tour il se pinça, et activa le fluide pendant quelques secondes.
– Je dois me faire mal pour l'activer ?
Rubis sauta partout, ce qui signifiait oui manifestement.
– Mais... les dernières fois je ne m'étais pas fait mal ? soupirai-je, perplexe.
Rubis tourna la tête des deux côtés. Il me fallut un moment pour comprendre. J'étais longue à la détente, ce matin !
– C'est une autre façon de le faire, c'est ça ?
Donc émotions négatives, ou douleur. Sympa, l'activation du fluide. Même si dans un coin de ma tête je gardais l'idée de trouver une alternative. Rubis s'envola dans la grotte, en poussant des petits cris qui me firent sourire. Galère de communiquer avec un piaf. Enfin, il était bien trop intelligent pour en être un.
Ce qui m'interrogeait sur le reste de ses camarades. Tous les Mutants étaient-ils en réalité aussi intelligents ? Surtout que Rubis, un ababil, provenait d'un oiseau comme un pigeon. Qui étaient, sans vouloir vexer les passionnés, un poil bête. Alors un Mutant dont l'animal d'origine était un cheval par exemple, a-t-il la même intelligence après sa mutation ? C'est-à-dire énorme ?
Je laissais mes réflexions de côté, et testais le conseil de Rubis. Mais je préférais ne pas lui demander de me pincer. Très sympathique, tout cela. Pendant que j'allais chercher Caligo, j'interrogeais Rubis.
– Pourquoi quand je me suis blessée à d'autres moments, je n'ai pas activé le fluide ?
Rubis fit semblant de se mordre avec ses deux canines, mais n'activa pas le fluide. Il m'envoya alors des images mentales. Je compris que cela ne l'activait pas, tout simplement parce qu'il n'y avait pas besoin. Je sortis Caligo de son fourreau, posant sa lame sur ma paume. Ça va faire mal, songeai-je.
Je me souvins alors du coutelas au bout du pommeau, que j'avais déjà utilisé pour mettre du sang sur le bout de page de mon père, donnée par Miller. C'était ce qui m'avait permis de découvrir la page sur le Livre Z. Encore et toujours du sang. Très ragoûtant. Je pris une immense inspiration, et tout en souhaitant activer le fluide, piquais le bout de mon auriculaire. Rien ne se passa.
Je ne pus m'empêcher de pester, en fusillant Rubis du regard. S'était-il moqué de moi ? Mais au lieu de pousser un cri ou de se vexer – ce qu'il avait déjà fait – il m'envoya une image mentale. Non en fait, plutôt un son. Un son indescriptible. Je compris soudainement. C'était des Scriatés. Les Scriatés ne se lisaient pas à voix haute, puisque chacun arrivaient à les prononcer dans sa propre langue. C'était ce qui en faisait sa magie. Je pensais donc que ce n'était qu'une langue écrite, comme nous l'avait appris Lopez.
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Mutante - Tome 2
Fantastique/!\ Cette histoire est la suite de Mutante - Tome 1 /!\ Des créatures imaginaires, qui cherchent à vous tuer. Vous y croyez, vous ? C'est pourtant ce à quoi je suis confrontée depuis que j'ai découvert l'existence des Clans. Tout paraissait limpide...
