J'entrai dans la douche, un peu apeurée. Ce n'étaient pas des douches communes, pour mon plus grand bonheur. Mais j'allais mouiller mes ailes, et je ne savais pas trop comment elles allaient réagir. C'était tellement nouveau et unique. J'entrai donc dans la douche, et actionnai l'eau. Mes ailes s'aplatirent de plus en plus, la sensation qu'elles soient mouillées était vraiment bizarre.
Je les ressentais jusqu'au bout, comme une partie de mon corps. C'était comme si j'avais une peau ultra-fine, et que l'eau glissait dessus. Elles étaient imperméables, pas un seul tout petit trou ne laissait filtrer l'eau. Elles ne l'absorbaient pas non plus, donc ne se friperaient pas. Au toucher, j'assimilais presque cela à des écailles de poissons. Je me mis presque à rire devant cette nouvelle sensation. D'ailleurs, comment devais-je les nettoyer ?
Je me dépêchais, pressée de revoir Lucy. Je me séchai, et enfilai mes vêtements. J'avais mis un bandage pour plaquer mes ailes dans mon dos. Cela faisait une bosse, mais avec des vêtements amples je pouvais facilement les cacher. C'était la première fois que j'étais contente d'être beaucoup cambrée. Cela me gênait de devoir les plaquer, mais je n'avais pas vraiment le choix.
Je remontai la fermeture de mes bottines et sortis de la salle d'eau. Je marchai rapidement, et bousculai sans le faire exprès quelques filles au passage. Je m'excusai platement, et retrouvai Zéphyr dans le Salon. Il se leva en me voyant, et me fit signe d'y aller.
– Et Miller ? Comment va-t-il ? demandai-je.
– Bien, je pense. Quelques blessures superficielles, mais rien de grave. Je ne l'ai pas revu depuis hier, on s'est donné rendez-vous à seize heures. Il passe ses journées dans le sous-sol, il fouille les galeries.
– Seul ? m'étonnai-je.
Zéphyr haussa les épaules.
– Oui. Mais il m'a dit ne pas aller très loin. Il a installé un système pour pouvoir grimper au sommet de l'arbre sans aide.
Nous arrivâmes enfin à l'infirmerie. L'infirmière fut surprise de me voir.
– Amy, je ne pensais pas que tu viendrais.
– Pourquoi ? demandai-je, intriguée.
– Eh bien... cela fait deux jours que Lucy est ici. Tu n'étais pas venue.
Zéphyr me jeta une œillade discrète. Je ne savais pas vraiment mentir. J'esquissai un sourire gêné.
– J'ai eu un gros empêchement.
Et c'était la vérité. Mme. Neil ne répondit rien et retourna à ses affaires sans demander son reste. Elle avait plutôt l'air indifférente, même si je soupçonnais qu'elle retenterait sa question plus tard. Zéphyr me laissa passer devant. Lucy était allongée dans un lit tout au fond de la salle. Elle était la seule personne dans l'infirmerie.
Évidemment, il n'y a aucun combat pendant cette semaine de repos, donc aucun élève blessé. Mon estomac se nouait de plus en plus au fur et à mesure que j'approchais de ma meilleure amie. Je marchais lentement, voulant inconsciemment retarder le moment où je verrais ses blessures. L'air empestait le sang, ce qui ne me rassura pas. A moins que ce ne soit mon imagination, je n'arrivais plus à bien distinguer la réalité de la fiction.
J'arrivais enfin au bout du lit. Lucy dormait paisiblement, son visage avait seulement quelques égratignures. Cela me rassura au premier abord, le souvenir que je gardais étant celui de son visage ensanglanté. Un tuyau bleuté était planté sous sa mâchoire, et régulièrement, quelque chose était injecté à travers. Elle avait les deux bras au dessus de la couverture, dont l'un dans un bandage.
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Mutante - Tome 2
Paranormal/!\ Cette histoire est la suite de Mutante - Tome 1 /!\ Des créatures imaginaires, qui cherchent à vous tuer. Vous y croyez, vous ? C'est pourtant ce à quoi je suis confrontée depuis que j'ai découvert l'existence des Clans. Tout paraissait limpide...
