Chapitre 26-2 : Couteaux

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Je me réveillais en sursaut, tremblante. Ce n'était qu'un cauchemar. Il me fallut quelques secondes pour me ressaisir. Ma mère cherchant à me tuer. Que pouvais-je rêver de pire ? Cela me rappelait la crise qu'elle avait eu il y a quelques mois, quand elle m'avait donné Caligo. Elle avait cet effrayant regard fou.

Je passais mes mains sur mon visage, essayant de reprendre contenance. Je me trouvais dans l'infirmerie d'Hélios. J'étais revenue ? Je n'en avais pas le souvenir. C'était désert, et seul la lumière de la lune éclairait faiblement la pièce. Mes membres me faisaient tous mal, et j'étais couverte de bandages. Le pire, c'était ce mal de tête insoutenable.

Je touchais mes yeux du bout des doigts. Pas de trace du fluide. Cela me soulagea quelque peu, bien que n'ayant pas connaissance des événements passés, j'appréhendais la suite. Enlevant la couverture épaisse, je posai les pieds à terre. Le carrelage froid réveilla d'autres douleurs dans mes jambes. J'étais habillée d'une simple chemise de nuit, dans laquelle je nageais presque, toujours avec mon fameux bandage autour de la poitrine.

Garder mes ailes enroulées sur elles-même était tellement désagréable, j'espérais pouvoir bientôt les étendre. Je tentais de me lever, mais un manque d'énergie m'en empêcha. Je retombai assise sur le lit, à court de forces. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi épuisée.

Je fis une nouvelle tentative, et réussis à tenir debout sur mes deux pieds. Pour tomber lamentablement à terre la seconde d'après. Je m'écroulais contre un chariot, réveillant sûrement la moitié de l'académie au passage. La perfusion que je n'avais pas remarqué tira dans mon bras, m'arrachant un cri de douleur. Je poussais un juron, et cherchais tant bien que mal quelque chose pour me soutenir. Ce fut une main qui se tendit, et m'attrapa le coude. L'infirmière.

– Vous n'êtes pas bien ! me sermonna-t-elle. Vous êtes blessée, ce n'est pas le moment de jouer les acrobates !

Elle m'aida à me rallonger dans le lit, dévoilant une force insoupçonnée chez elle. Elle fouilla dans une pochette accrochée à sa ceinture, me sortant une piqûre. J'eus un mouvement de recul, n'aimant pas particulièrement les aiguilles.

– Ce n'est pas pour vous piquer, soupira-t-elle. Il faudrait que vous perdiez cette sale habitude.

Habitude ?

– Quelle habitude ? bafouillai-je, postillonnant au passage.

Ma lèvre du bas était gonflée, m'empêchant de parler correctement.

– Mordre vos lèvres. Vous avez mordue celle du bas jusqu'au sang, résultat elle est complètement gonflée !

Je la frôlais du majeur, me rendant en effet compte qu'elle avait presque doublé de volume.

– Restez allongée et laissez moi faire, m'ordonna-t-elle.

Elle approcha la piqûre de moi, et par réflexe je lui saisis le poignet. Bien que ce ne fut pas du tout efficace, étant donné que toute trace de force physique avait quitté mon corps.

– Je vais juste appliquer un élixir sur votre lèvre, je ne vais pas vous piquer, répéta-t-elle.

Bien que toujours méfiante, je la laissai faire. Elle fit couler un liquide gélatineux sur ma lèvre, froid et collant. Bizarrement, quelques secondes après, ma lèvre avait retrouvée une taille correcte. Toujours gonflée, mais c'était beaucoup moins gênant. Elle me donna quelques élixirs à ingérer, au goût tout-à-fait atroce.

– Et maintenant, vous me faites le plaisir de rester allongée. Votre corps n'a pas totalement récupéré.

Elle rangea ses affaires, et se prépara à repartir.

Mutante - Tome 2Des histoires addictives. Découvrez maintenant