Daryl
Il fait à présent, complètement nuit. On est assis face à face, sur le toit, et on garde le silence, depuis un long moment. L'ambiance est lourde.
Je repense à la manière dont elle s'est dirigée dans cette pouponnière. Sans aucune hésitation.
Puis revient, ce placard où on est resté enfermé. Elle était paniquée. Je sais pas si elle s'est rendue compte que comme un con, je l'ai prise dans mes bras. J'ai pas calculé mon geste. J'en ai eu besoin. C'est tout.
Elle vient de me sortir d'une belle galère. Sans son tir, le rôdeur m'aurait entraîné au sol. Je me serai fait bouffer..
Faut que je brise ce silence, mais je pensais pas que c'est ça que j'allais lâcher : Ce que t'as vu, dans mon dos..
Elle me coupe j'ai rien vu dans ton dos. Ta chemise est déchirée, je t'ai filé mon sweat. Point.
OK, elle est toujours aussi mal. Elle veut pas parler, mais on peut pas rester comme ça.
Daryl : Maddy et Rose.. C'est des gamines dont tu t'occupais ?
Malgré la nuit, je vois qu'elle me regarde et que je viens de lâcher une bombe.
Elle attrape son collier et commence à frotter les breloques. J'ai remarqué qu'elle fait ça, chaque fois que quelque chose la dérange. Assise toujours face à moi, les genoux pliés vers elle, elle inspire, puis commence
Pas exactement... Disons que, si toute cette merde avait commencé il y a un peu plus de 20 ans.. J'aurais pu être l'une des deux petites.
Elle marque un silence. C'était ma chambre.. Quand j'étais gamine, j'ai vécu ici. Sur ce pavillon, puis sur un autre. Elle me désigne d'un mouvement de tête, un bâtiment au loin.
Je suis arrivée ici, pour diverses raisons, quand j'avais 3 ans. Rapidement, j'ai été présentée à une famille d'accueil.
Ils ont lâché avec moi, au bout de deux ans. Ils supportaient plus mes colères... je détruisais tout et je crois que le réel problème c'est que je faisais toujours pipi au lit. Sa voix se resserre.
On m'a mise dans une seconde famille d'accueil. Ça se passait pas trop mal, jusqu'au jour où... Elle avale sa salive et retiens une larme... leur fils aîné à essayer de me tripoter. J'avais 8 ans à ce moment là. J'en ai tout de suite parlé mais... On m'a traité de menteuse. Deux larmes roulent sur ses joues.
J'ai pas menti.. Il est venu dans mon lit, il a, il a passé ses mains... Elle secoue la tête et ferme les yeux comme pour chasser ce souvenir qui la frappe en pleine gueule.
Bref, on m'a renvoyé au foyer, parce que j'avais soit disant menti et que j'étais dangereuse.. Avec ses poings, elle essuie ses joues.
Les mots qui ont bercés mon enfance c'est : sale, instable, menteuse, dossier compliqué, sans solution...
Elle me regarde et poursuit son histoire. À 12 ans, ils m'ont passé sur un groupe d'ados. J'ai fugué je ne sais plus combien de fois, puis y a eu cet éducateur, Jim.
Il avait pas du tout le physique à l'emploi. Elle rit de son commentaire. On était loin de l'éduc moralisateur, avec les discours à rallonge.
Il jurait toute la journée, il avait des tatouages pleins les bras, une coupe de cheveux peu conventionnel. Il etait passionné par les motos..
Il me ramènait souvent des magazines et j'ai finit par aimer les bécanes aussi.
Depuis le début de toute ma vie, il était le seul à me considérer comme une personne à part entière, faites d'envie, de besoin, de sentiments, de blessures..
Il a pris le temps de panser chacune d'elles, comme il le pouvait. Il a en partie réussi, du moins il a essayé.
Elle ravale de nouveau un sanglot. J'attrape sa main. Elle est menue et douce. Elle reprend comme-ci mon geste lui donner le courage de continuer
À ma majorité, la chef de service du foyer m'a apporté mon sac à dos, un sac de voyage et une feuille à signer "fin de la prise en charge".
Je devais partir, alors je suis partie. Elle attrape son collier et le remet sous son t shirt.
C'est Jim qui m'a offert ce collier le jour de mon départ. Je ne l'ai jamais revu.
Elle resserre sa main sur la mienne. Alors tu vois, ce que tu as dans le dos, je sais ce que c'est. On a pas besoin d'en parler si tu as pas envie.
Mes cicatrices, moi, sont pas visibles, mais je sais parfaitement ce que tu peux ressentir.
Je comprends tout un tas de chose à présent. Je la tire vers moi, l'invitant dans mes bras. Je pose ma tête sur le dessus de la sienne. Puis je lui dis le plus doucement possible suis désolé...
Elle se recule... Je regrette ce détachement.. Désolé de quoi ? t'es pas responsable que ma mère soit morte en me mettant au monde et que mon père n'ai jamais réussi à s'occuper de moi..
Elle m'arrache les tripes. Je m'en veux de l'avoir jugée si vite. Elle et moi, on est pas si différent, en fin de compte.
Je t'ai traité de menteuse, comme un con.
Un frisson vient de me saisir toute la colonne vertébrale. Elle vient de poser sa main sur ma joue et la descend dans ma nuque, avant de la reposer sur ses genoux.
Elle se cale dans mes bras comme il y a quelques instants, et dit t'inquiètes pas pour ça. Venant de toi ça compte pas..
Ada :
Je suis dans ses bras, ce moment est comme figé dans le temps. Je ne le connais que depuis à peine trois semaines et je viens de lui balancer ce qui devrais faire l'objet de 15 ans de thérapie... Et malgré ça, je suis bien ! Je me sens tellement en sécurité. Je voudrais restée là, aussi longtemps que possible.
Malheuresement, chaque chose à une fin et j'entends l'estomac de Daryl crier famine.
Moi : visiblement, tu as faim ! Lui dis-je en reprenant une position plus acceptable et en riant.
J'ai une boîte de raviolis dans mon sac, si tu veux.
Daryl : ouais c'est pas une mauvaise idée. Toute façon on a pas mieux ?!
Je ris de nouveau.
Il se dirige vers mon sac et commence à farfouiller dedans. Je lui reprend des mains. J'ai du être un peu brusque car je vois bien qu'il me dévisage et se ferme.
Tu caches quoi encore la dedans ?!
Le "encore" m'a piqué au vif ! Rien qui te regarde ! Je lui balance la boîte de raviolis.
Pas besoin de prendre de tour de garde. Sur le toit, on craint rien. Demain, on récupère ton tas de ferraille et on se tire d'ici !
Je vais me caler semie-assise le long du rebord du toit. Je vais tenter de dormir.
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Ada a livré une partie de ses secrets et Daryl commencerait bien à lui faire tourner la tête.
Affaire à suivre.
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Je t'ai retrouvé...
FanfictionAda Wilson fait comme toutes les personnes encore vivantes dans ce monde. Elle survit...seule. Cette solitude va se briser lorsque qu'elle rencontre le groupe de Rick Grimes et qu elle se lie malgré elle, à un homme... Daryl Dixon. À partir de ce j...
