Pandore
Le dîner avec Daphné dure plus longtemps qu'il ne devrait.
On l'étire — bouchée après bouchée, éclat de rire après éclat de rire — jusqu'à ce que l'infirmière de garde vienne frapper doucement pour nous rappeler qu'il est presque l'heure du couvre-feu.
Elle était de meilleure humeur ce soir : de la couleur dans les joues, une étincelle dans la voix.
Elle m'a taquinée à propos des pâtes, a levé les yeux au ciel, puis a souri.
Et j'ai ressenti cette douleur sourde — pas celle qui vient de la fatigue ou de la peur, mais celle de savoir que les bons jours disparaissent toujours trop vite.
Je ne pars que lorsqu'elle est presque endormie, les yeux lourds, la main encore refermée sur la mienne.
Elle murmure quelque chose quand j'essaie de bouger, alors je reste.
Juste assez longtemps pour me convaincre qu'elle est stable. Qu'elle respire paisiblement. Qu'elle est encore là.
Je prends un taxi pour retourner chez lui.
Arès.
Il est tard.
Passé dix heures.
La ville vibre dans ce bourdonnement suspendu entre la nuit et l'aube, ce moment où tout semble irréel.
Je déverrouille la porte d'entrée et j'entre sans allumer la lumière.
L'appartement sent quelque chose d'épicé — il a cuisiné, peut-être, ou commandé.
Je ne demande pas.
Il n'est pas dans le salon.
Pas dans la cuisine.
La porte de la chambre est fermée.
Je n'hésite pas.
J'ouvre.
J'entre.
Il est assis dans le fauteuil tourné vers la fenêtre. Il ne semble pas surpris de me voir.
— Salut, dis-je doucement.
Arès hoche la tête.
— Tu es en retard.
— J'ai dîné à l'hôpital. J'ai été retenue.
— Elle va bien ?
Il ne connaît pas son nom, mais il écoute.
— Pour l'instant, dis-je. Elle était fatiguée.
Je traverse la pièce lentement, incertaine de l'endroit où me poser.
Le lit serait trop intime.
Le sol, trop dramatique.
Je reste contre l'encadrement de la porte.
— J'ai besoin de réponses, dis-je. Plus d'énigmes. Plus de silences. Je veux la vérité.
Il ne recule pas.
— Demande.
— Ton exil, dis-je. Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ?
Un silence s'installe.
Juste le bourdonnement lointain de la ville et la tension qui s'étire entre nous.
Ses doigts bougent sur l'accoudoir. Pas de nervosité. Comme s'il pesait ses mots. Comme s'il se retenait de tout briser.
— Mon tempérament, finit-il par dire. Ils ont dit que j'étais allé trop loin. Que j'avais déclenché une guerre que je n'aurais pas dû.
Je penche légèrement la tête.
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Le sang des Rois
ParanormalArès, dieu de la guerre cruel et sanglant, n'a toujours connu que la haine, l'anarchie et le chaos total. Avide de destruction, il est banni de l'Olympe par son père, Zeus, qui le condamne ainsi à l'oubli de sa vie d'antan et à la mortalité. Arrivé...
