Pandore
— Alors ?
Le silence seul me répondit. Je tournai la tête vers Arès. Il était adossé à l'encadrement de la porte, bras croisés, les épaules tendues. Toujours sur la défensive. Je me demandai, pas pour la première fois, s'il lui arrivait de vraiment se reposer.
— Aphrodite est venue te voir ? demanda-t-il.
Il avait l'air si tendu que ça m'épuisait rien que de le regarder.
— Je crois qu'elle est venue pour aider.
Un muscle tressaillit dans sa mâchoire. Sa bouche se crispa dans quelque chose qui ressemblait à un ricanement.
— Aphrodite n'aide personne. Elle est aussi égoïste que manipulatrice. Tu devrais avoir peur d'elle. Mais toi, tu as l'air... intriguée.
Je ne répondis pas. Il n'avait pas complètement tort. Mais je n'avais pas envie d'ouvrir ce sujet. Pas maintenant. À la place, je jetai un regard circulaire autour du salon. L'espace était sobre, pratique. Un canapé, un fauteuil en cuir, une table basse. Pas de tapis. Pas de tableaux. Aucune douceur.
— Elle t'aiderait, elle.
Je connaissais les histoires. La mythologie, les légendes qui liaient leurs noms ensemble.
— Moi aussi, je le croyais, murmura-t-il.
Arès se détacha de l'encadrement et alla s'asseoir dans le fauteuil en face de moi. Son visage se vida complètement. Plus aucune émotion.
— Tu m'as demandé ce qui s'était vraiment passé au procès qui m'a valu d'être banni de l'Olympe.
J'acquiesçai et m'enfonçai dans le canapé en face de lui. Le froid de l'extérieur collait encore à mes vêtements et je serrai mes bras contre moi, soudain consciente de combien j'étais gelée.
Sans un mot, il attrapa la couverture jetée sur le dossier de son fauteuil et me la tendit. Je la posai sur mes jambes.
— Comme tu t'en doutes, j'ai eu plus d'un... différend avec les dieux. Surtout avec Athéna et Poséidon.
Il marqua une pause, et je vis, très clairement cette fois, l'effort que ça lui coûtait de reconstituer ses souvenirs. Il luttait contre l'oubli. Et ça me faisait mal.
— Ils se sont retournés contre moi. Il y a quelques mois, j'ai affronté un demi-dieu — le fils de Poséidon. Je l'ai tué.
— Qui... ?
— Il n'apparaît pas dans les mythes.
Je me raidis légèrement. L'implication était lourde. Les dieux avaient continué à avoir des enfants avec des mortels. Ils marchaient toujours parmi nous. Ce qui voulait dire... peut-être que lui et moi aussi. Dans cette autre vie. Un fils. Une fille. Un enfant dont je ne me souvenais pas.
— Ce n'était pas la première fois. Athéna a contribué à monter le dossier contre moi, et une fois qu'ils ont commencé à parler des guerres... celles que j'ai déclenchées au cours des derniers siècles... ce n'était pas difficile de me présenter comme une menace.
Il s'interrompit de nouveau.
— Je pensais qu'Aphrodite prendrait ma défense. Elle prétend m'aimer depuis la nuit des temps. Mais elle a voté contre moi.
— Ils ont voté ? chuchotai-je.
Arès hocha la tête.
— À l'unanimité.
Quelque chose se fissura en moi. Mais je repoussai cette douleur. Je ne savais pas ce qu'il avait fait. Ce qu'il avait été. Il avait dit avoir été à l'origine de certaines des plus grandes guerres modernes. Peut-être même des guerres mondiales. Cette idée me retournait l'estomac.
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Le sang des Rois
FantastiqueArès, dieu de la guerre cruel et sanglant, n'a toujours connu que la haine, l'anarchie et le chaos total. Avide de destruction, il est banni de l'Olympe par son père, Zeus, qui le condamne ainsi à l'oubli de sa vie d'antan et à la mortalité. Arrivé...
