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(Pdv de Sacha, le frère)

Cinq jours se sont écoulés depuis notre arrivée, et je commence un peu à comprendre le fonctionnement du Laboratoire.

Les journées sont bien remplies, de sorte à ce que nous n'avons quasiment aucun moment de libre (excepté avant le repas du soir). Après avoir posé la question à Félix, il m'a fait part de son hypothèse, qui suppose que les dirigeants du Laboratoire préfèrent nous occuper quasiment continuellement, afin d'éviter que nous ne partagions nos idées et qu'une possible idée d'évasion naisse alors.

Pas bête. Mais en attendant, même si cela fait moins d'une semaine, j'en ai déjà marre moi.

Le matin, nous nous levons bien trop tôt pour moi, un adepte des grasses matinées, au son d'une sonnerie horrible résonnant dans tout le dortoir. Ensuite, nous sortons dans une pièce attenante où nous nous plaçons en file indienne, par numéros, pour récupérer des vêtements propres. Toujours le même haut blanc, trop grand, avec le même pantalon en toile aussi immaculé. Ces vêtements ne sont pas désagréables, mais pas confortables non-plus, car ils réduisent discrètement notre liberté de mouvements.

Une fois habillés, nous allons prendre le petit-déjeuner, moment où je peux revoir ma sœur, et où elle se moque gentiment de moi car j'ai la tête dans le coton. Je râle pour la forme, mais je n'y fait pas vraiment attention, parce que... je suis vraiment pas réveillé à ce moment-là.

Donc, après deux tartines et un verre de lait, c'est-à-dire un petit déjeuner étonnamment potable, c'est parti pour aller faire diverses activités.

Si j'ai bien compris, le lundi, le mardi et le jeudi, nous avons une matinée de cours dispensés par un homme a l'air blasé. C'est dingue, on dirait que cela le saoule plus que nous d'être là. Il nous distribue des fiches d'exercices, classées selon notre présumé niveau, que l'on doit faire et qu'il ramasse à la fin. Si l'on ne comprend pas, soit il nous explique de sa voix morne et trainante, soit nous pouvons utiliser un des nombreux ouvrages que nous avons à notre disposition. Il y a principalement des manuels de cours, mais si l'on fait du bon travail, on peut emprunter un roman de notre choix (ou des albums pour les plus petits). Je crois que ma sœur n'a pas perdu de temps et a déjà entamé « Millenium » dès la première séance.

Les après-midi, des jours de cours, après manger, nous devons aller dans les cuves. Je n'ai toujours pas vraiment compris à quoi elles servent, mais je peux vous assurer, que ce n'est absolument pas à tester. Je ne pourrais pas vraiment décrire cette sensation... Tout ce que je sais c'est qu'à chaque fois, j'ai l'impression que tout mon corps n'existe plus et qu'il ne reste plus que de la douleur.

- J'aimerai te dire qu'au bout d'un certain temps, on s'y habitue, a un soir fait Félix avant de grimacer, Mais, ce serait faux. J'y goûte depuis des années, et je déteste toujours autant...

- Au fait, tu es ici depuis combien de temps ? ai-je demandé, Comment est-ce qu'ils t'ont attrapé ?

Son regard s'est assombri et il a répondu froidement :

- Contrairement à certains, je n'ai pas eu l'occasion d'aller jouer dehors quand j'étais gamin... Je suis né ici, et je mourrai ici.

Depuis, je n'ai pas osé lui poser de nouveau des questions, de toute façon, il n'y répondrai pas. Félix a un fort caractère, il peut se montrer très fermé et sec quand il veut. C'est d'ailleurs pour ça que de nombreux autres garçons n'arrêtent pas de le provoquer et que j'ai eu un peu d'appréhension quand j'ai commencé à essayer de lui parler.

Le deuxième jour, je croyais même qu'il m'ignorerai, mais pas du tout. Un peu froid au début, il s'est vite détendu, et s'est révélé être quelqu'un de très sympa et prêt à tout tourner en dérision. En plus, depuis le temps qu'il est au Labo, il en connait des choses. Il m'a raconté pleins d'anecdotes.

Sacha et SachaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant