(PDV de Sacha, la sœur)
On me déplace. C'est la première chose qui me frappe quand je reprends conscience. Je suis faible, je n'arrive pas à ouvrir les yeux ni la bouche, je pense être bâillonnée, mais réfléchir me fait trop mal à la tête. Je gémis, toute courbaturée que je suis, on dirait qu'un camion m'a roulé dessus avant de faire une marche arrière. Je grogne cette fois parce que, non d'un chien, j'ai vraiment mal ! Aussitôt, je reçois un gros coup de pied dans les côtes suivi d'un horrible craquement.
- Eh, les gars ! La gamine est réveillée, crie la voix bourrue de l'homme qui m'a donné le coup de pied.
- Ne l'abîme pas trop, Fred ! Le patron la veut en un seul morceau.
Les voix semblent venir de partout autour de moi, ça me perturbe indéniablement.
- Mais on s'en fout, elle peut se régénérer, s'insurge le dénommé Fred.
J'ai mal à la tête, et quand j'essaie de bouger, je m'aperçois que mes membres sont entravés. Je suis immobilisée. Ma joue repose sur une surface dure qui ronronne, visiblement, je suis dans une voiture.
Maintenant que le brouillard de mon esprit se dissipe peu à peu, je peux clairement dire que je suis ligotée dans une voiture et qu'on m'empêche de voir et de parler. Parfois, j'entends mes ravisseurs s'esclaffer, mais je n'ai pas la force d'écouter leur conversation. J'ai peur. Ma gorge se serre, j'ai l'impression que les événements vont toujours en ma défaveur. Je serre mes paupières parce qu'évidemment, il ne faut pas penser à Sacha ni à Maman d'ailleurs, surtout pas à elle. Mais le mal est déjà fait, car l'image de sa mort est toujours gravée dans ma rétine. Elle est vicieuse la peur, car une fois qu'elle est là, on a beau la repousser de toutes nos forces, on ne peut pas se battre contre soi-même. Je laisse couler des larmes silencieuses sur mes joues, un dernier hommage à cette femme merveilleuse qui nous a élevés.
J'essaie de penser à Sacha : que lui est-il arrivé ? Je ne me souviens de pas grand-chose, c'est comme si j'avais cessé d'exister, et que le temps s'écoulait sans moi. Je me suis fait attraper, c'est certain, mais m'ont-ils eu, ou ai-je lâché sa main ?
La voiture rencontre un nid de poule et je suis violemment projetée sur les pieds de quelqu'un qui ne se fait pas prier pour me renvoyer un coup de pied. Le trajet est long, je crois que je me suis rendormie, mais, privée de la vue, je n'ai plus notion du temps. Enfin, la voiture s'arrête, je roule un peu et la porte s'ouvre, je suis immédiatement éblouie par la luminosité qui traverse mon bandeau. Et je prends le temps de savourer la caresse du soleil sur ma peau. Qui sait quand je reverrai le soleil ?
Quand enfin, on me détache, je suis dans un cabinet médical avec l'odeur aseptisée caractéristique des lieux médicaux, la grosse brute qui défait mes liens ne m'accorde aucun regard, mais reste sagement dans un coin de la pièce quand un homme en blouse blanche pénètre dans la salle. Le médecin reste silencieux en dehors des petits commentaires satisfait qu'il lâche à la fin de la batterie de tests qu'il me fait passer : prise de poids, de taille, prélèvement sanguin...
- Où sommes-nous ? je demande finalement.
Le médecin, se borne à un mutisme effrayant, ses lèvres sont pincées, comme s'il s'empêchait d'ouvrir la bouche.
- Écoutez, vous pouvez au moins me dire ce que je fais ici ?
Lorsque que le soldat-super-baraqué qui m'a traîné ici souffle bruyamment, je comprends qu'il vaut mieux me taire.
Le médecin sort une sorte de gros pistolet en plastique d'un design futuriste, un tube en verre au centre qui semble contenir un liquide où flotte une puce en métal. L'homme y clipse une grande et grosse aiguille métallique comme celle qui sert à injecter une puce de géolocalisation aux chiens.
VOUS LISEZ
Sacha et Sacha
Teen Fiction[Unfinished - ne trouvera probablement jamais de fin, mais si vous voulez lire une histoire écrite par les nous idéalistes de 14 ans, faites vous plaisir] Sacha et Sacha sont jumeaux. Ils partagent tout, leur nom, comme leur histoire. Un père inconn...
