(pdv de Sacha, la sœur)
Avec Sacha, on s'est regardé dans les yeux durant un temps qui m'a parut interminable. Chacun de chaque coté de la porte, on se jetait des coup d'oeil angoissés en essayant de ne produire aucun son. La personne qui était entrée dans la chambre, l'intrus, doit être parti, j'ai entendu la porte se fermer, claquer dans le silence opaque.
Nouveau regard angoissé.
J'observe mon frère triturer les bords de sa tunique, tellement distendus qu'ils sont naturellement irréguliers désormais. Je ne suis pas sûre d'être plus détendue que lui, mon coeur s'affole dans ma poitrine. Impossible de le calmer.
Je me pose beaucoup de questions, le heureux hasard qui a poussé Timothée à s'évanouir derrière notre porte nous a permis d'entendre la conversation – entre babillard et muet, plutôt monologue. Il est clair maintenant, que c'est Maxence le responsable de cette situation, il avait tout prévu, sauf peut-être le fait que nous rentrerions plus tôt de nos « séances de perfectionnement personnalisées ». Pourquoi Timothée semble avoir volontairement prit la drogue ? Ça, c'est un mystère. Mais l'intrus a sous entendu que Timothée l'avait « prévu », alors, l'ours est-il malade ? Ou bien dépendant de cette drogue ?
Un râle nous parvient de dessous la porte.
Timothée recouvre de plus en plus la mobilité de son corps, il commence à bouger et parfois je le sens essayer de se lever derrière la porte. Je crains sa réaction, car même s'il a seulement deux ans de plus que nous (ce qui est déjà irréaliste), il reste le détenteur de notre liberté. La sienne également détenu par d'autre.
Nouveau regard angoissé.
Faut-il paniquer ? Je serre ma main contre ma poitrine, elle pulse comme un second coeur, en décalage. Comme ma vie en ce moment, tout est si irréaliste que rien ne paraît vraiment réel. Parfois, c'est comme si on ressentait tout en décalage, comme si on était plus vraiment là, plus connecté à la réalité. Un espace entre le Moi et Elle.
Si j'énumérais mes problèmes, il y aurait moi, je suis un problème. Mon pouvoir, on ne peut plus réel, lui, et aussi ma main qui réagit dans les moment de colère, de stress, de peur et d'émotions fortes en générale. Elle frissonne, non, je frissonne avec elle, avant qu'elle ne se couvre de minuscules filaments noirs, comme si mon système sanguin était subitement envahit par un sang d'encre.
Et puis il y a ce laboratoire, mais lui il est si gros comme problème qu'il ne compte même pas. Lui, même en fermant les yeux il ne peut pas disparaître. Lui, il est remplit d'horreurs et de monstres. En repensant au monstre qui nous a poursuivit dans le couloir, et aux cadavres. Les cadavres. Ils ne fallait pas y penser Sacha, n'y pense pas, n'y pense pas. Efface cette image de ta rétine, efface !
Mon frère me jette un regard inquiet, il n'ose même pas me parler de peur que l'ours l'entende. Il grogne derrière la porte, c'est un monstre lui aussi, un monstre blessé. Parfois je sus contente d'être enfermée dans cette pièce, séparée du reste du laboratoire, je déteste m'y sentir en sécurité quelque fois et je plains les autres. Vingt-d... non, Clémentine et Félix. Ma miséricorde, c'est tout ce que je peux leur donner.
« Sacha »
La voix de mon frère résonne si brusquement dans ma tête que je sursaute, il a été surprit. Je lui jette un regard paniqué, il s'est éloigné de la porte et regarde fixement l'interstice entre elle et le sol. L'ombre de Timothée n'y était plus.
- Il s'est levé, je chuchote en reculant vers le fond de la chambre.
Au fond je ne craint pas de sévices physiques de sa part, plutôt ce qu'il pourrait déclencher. Il ne faut pas oublier que nous sommes les souris et lui, l'homme au bistouri. Un geste de sa part et on nous ouvre en deux, un geste de sa part et nous sommes obligés de subir.
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Sacha et Sacha
Ficção Adolescente[Unfinished - ne trouvera probablement jamais de fin, mais si vous voulez lire une histoire écrite par les nous idéalistes de 14 ans, faites vous plaisir] Sacha et Sacha sont jumeaux. Ils partagent tout, leur nom, comme leur histoire. Un père inconn...
