D'une humaine d'un mètre soixante et onze, je passe à une humaine d'un mètre quatre-vingt seize. Alphonse en a profiter pour me rajouter quelques kilos dans les seins et dans les fesses, qui me donnent des allures de Kim K version basketteuse. Ca aurait fait un bon porno, "une basketteuse se faisant gang bang par des Ogres au pays des démons".
Génial. Je ne sais pas comment j'arrive encore à en rire. J'aurai effectivement besoin de tirer un coup pour retrouver mon énergie, mais quitte à choisir, je préfère ne pas me faire arracher les organes internes par une trompe d'éléphant.
Je porte une robe bustier blanche qui couvre à peine mes seins et mes cuisses, ce qui m'empêche d'avancer à mon aise vers le centre du village. En marchant, je me rends compte à quel point il est difficile de passer inaperçu lorsqu'on est la seule nana du village. Les guerriers arrêtent de limer leurs armes, le forgeron arrête de forger, le boucher arrête de couper la viande. Bref, tous arrêtent de travailler pour me lorgner avec beaucoup d'intérêts. Je cache ma nervosité à travers des sourires coquins par-ci par-là. La plupart me rendent mon sourire, certains m'envoient même des baisers, et d'autres me lancent des regards méfiants. Que viendrait faire une insouciante dans un village rempli d'Ogres sanguinaire, après tout ? Moi.
— Altes !
Je me tourne vers la provenance de la voix. C'est lui. Le guerrier aux longues tresses noires. Mon coeur fait un bon lorsque son regard sombre plonge dans le mien. Arianne, calme-toi. Vous n'êtes pas compatibles, vous n'êtes pas compatibles.
L'Ogre accélère l'allure et mes yeux ne peuvent s'empêcher de loucher sur son engin qui se balance de droite à gauche. J'esquisse un sourire malgré moi. Il s'en aperçoit car il pique un fard et s'arrête net à un mètre de moi.
— Que fais-tu ici, femme ?
Je jette un regard derrière lui, les hommes s'attroupent autour de moi. Heureusement qu'Alphonse m'a précisé qu'ils n'aimaient pas le viol collectif, sinon j'aurai transpiré davantage.
— Je viens régler votre problème, je lui réponds le plus calmement possible.
— Notre problème ?
— J'ai eu vent de votre difficulté à trouver des femmes fécondes. Votre peuple est en train de mourir et vous avez besoin d'une génitrice.
Les hommes se regardent tour à tour, interloqués. Les murmures à mon propos s'intensifient.
— Et pourquoi nous viendrais-tu en aide ? Nous sommes des Ogres. Les femmes, nous les prenons par la force. Et vu ton odeur, tu es une Umon. Sais-tu combien des tiens nous avons cuisiné pour survivre à cause de la pénurie d'humain ?
Je prend une posture tragique, et fait semblant de sangloter.
— Comme vous le dites, je suis une Umon. Je suis beaucoup trop grande pour mon peuple, personne ne veut de moi ! je gémis. Comme si ça ne suffisait pas, mon père m'a banni du village. Je n'ai pas le droit de revenir parmi eux tant que je n'aurai pas mis au monde un enfant.
— Mais elle est magnifique ! s'écrit l'un deux.
— Et elle a de bonnes hanches pour porter des enfants ! poursuit un autre.
— Je suis sûr qu'elle nous donnera des filles ! Donnez-la moi ! lâche encore un autre.
— Silence ! rugit le guerrier. Il faut d'abord en parler au chef. Suis-moi.
Il tourne les talons et je trottine sur ses pas, faisant mine de ne pas remarquer les pagnes tendues de certains. Alphonse les traitent d'être stupide, pourtant celui-ci à l'air moins bête que les autres, je ferais mieux de me méfier.
Nous passons devant quelques maisons avant d'arriver devant l'une d'elle, beaucoup plus imposante. Le guerrier aux longues tresses noirs frappe à la porte avec conviction.
— Nous avons une prisonnière...(Il baisse les yeux dans ma direction et bégaie lorsqu'il me voit l'assassiner des yeux) Une visiteuse...une visiteuse !
Étonnant que j'arrive à intimider un gaillard pareil. Je lui arrive à peine au dessus du nombril et qui plus est, je suis une femme. Ok, une femme avec des pouvoirs dangereux, mais il n'est pas censé le savoir.
— Une visiTEUSE, tu dis ?!
La porte s'ouvre dans un fracas, sur un vieil homme à peine plus vieux que mes grand-parents. Peut-être qu'il l'est beaucoup plus, Alphonse ne m'a pas évoqué leur processus de vieillissement.
Le vieillard, n'en croyant pas ses yeux, se penche sur moi et attrape mon bras tout en me reniflant comme un animal. J'essaye de rester de marbre, mais le chef est bien plus effrayant que tous les autres. Il a surement manger beaucoup plus d'humain au cours de sa vie...heureusement que je ne lui suis qu'à moitié.
— Que fait cette jeune femme par ici, Hardy ? Elle a l'air en pleine floraison de l'âge ? Où l'as-tu trouvé ?
Il me regarde une dernière fois avant de me lâcher le bras, et de se gratter le menton pensivement.
— Elle est venue d'elle-même, chef. Elle veut nous aider à repeupler notre village. Son père l'a chassé du sien à cause de sa grande taille.
Le chef me détaille de nouveau, encore plus perplexe.
— Et qu'est-ce que veut cette demoiselle en échange ?
— Un bon repas, je réponds.
Ma demande les prend de court.
— Si tu deviens notre génitrice, tu auras le droit à tous les copieux repas que tu veux, me rassure le vieillard.
— J'ai entendu vos hommes parler. Il paraît que vous avez attrapé un humain cette nuit.
Hardy se tourne vers ses compatriotes en leur attribuant un regard cinglant, ignorant que tout ça n'est qu'un mensonge.
— Tu sais comme les humains sont rares ces temps-ci...je ne peux pas t'autoriser à le prendre, reprend le vieux monsieur. Il sera cuisiner à la prochaine pleine lune. Tu auras le droit à un petit morceau si tu veux. Il n'est pas bien dodu, mais plutôt grand. Peut-être que nous arriverons à l'engraisser d'ici là.
Et puis quoi encore ?
— Moi aussi, je suis rare.
— Il est rare qu'une femme vienne d'elle-même, certes. Mais nous pouvons simplement te violer, nous sommes des Ogres après tout.
— Je suis bien trop précieuse pour ça.
— En quoi es-tu précieuse pour qu'on ne te prenne pas de force ?
— Je reviens de l'autre monde.
Des acclamations se font entendre dans la cour.
— Dans l'autre monde ? Celui où les humains vivent ? demande Hardy, étonné.
Le vieillard se lèche les lèvres avec envie. Je préfère ignorer ce geste.
— Oui, et je sais comment y retourner.
Encore un mensonge. Des cris de joies retentissent dans mon dos.
— Et comment on y retourne ? dit le guerrier en se rapprochant un peu plus de mon visage.
— Donnez-moi l'humain, et je vous le dirai.
— J'ai une autre proposition, intervient le chef.
Hardy et moi pivotons vers lui.
— Couche avec mon meilleur guerrier ce soir, tombe enceinte, et l'humain est à toi. Si ce que tu dis est vrai, une fois dans l'autre monde nous pourrons manger autant d'humain que nous voudront.
— Je ne peux pas tomber enceinte en une nuit.
— Je t'ai senti. Tu es féconde. C'est la bonne nuit. Hardy, conduit là jusqu'à la chambre nuptiale, et fait correctement ton travail. Je veux de braves Ogres. Encore mieux, des Ogresses.
Lorsque les yeux fievreux d'Hardy croisent les miens, je me rend compte à quel point je suis dans la merde. Ce n'était pas prévu dans le plan. Pas dans le mien en tout cas.

BINABASA MO ANG
DIAMOND SCHOOL TOME 3
FantasyArianne et ses compagnons ont atterri à Velanium pour récupérer le corps de Demeros et refermer pour de bon le portail entre les deux mondes. Mais le monde a bien changé et aucun ne sait ce qui l'attends à la fin de ce voyage. Surtout quand les pi...