CHAPITRE 44

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Excusez-moi.

Une femme en paréo léopard tente de passer entre Demeros et moi. Je sais bien que l'entrée n'est pas bien grande, mais il y avait de la place derrière nous. Pourquoi se sent-elle obligée de passer au milieu ?

Ses yeux détaillent longuement Demeros, avec appétit. Ça y est, j'ai compris. Je serre un peu plus fort Demeros dans mes bras. Moi, possessive ? Je croyais que non, mais je n'aime pas du tout la façon dont elle le regarde. Demeros se penche pour embrasser mon front. Ca me déstabilise suffisamment pour qu'il s'écarte et la laisse passer. J'ai très soudainement envie de bouder. Surtout quand je le vois lui adresser son sourire enjoleur. Lorsqu'il rompt le contact visuel, il me retourne un sourire différent. Un sourire heureux. Puis il m'attire à lui. Ses lèvres sont très proche de mon oreille, lorsqu'il me murmure:

— Il n'y a pas de monogamie ici. Même si tu n'es pas d'accord, il faut que tu comprennes que ce n'est que de la comédie. Tu es la seule que j'ai envie de baiser ce soir.

A ces mots, mon sang pulse entre mes cuisses. Je suis encore en chaleur. Moins qu'hier, mais toujours un peu. Je me demande ce qui se serait passé si le remède de Charly n'avait pas été aussi efficace.

Ce dernier est en train de régler à la caisse, mais vu le temps que ça prend, les choses ne doivent pas se passer comme prévu. Je tends l'oreille.

— Normalement les hommes seuls n'ont pas le droit d'entrer, lance le mec de l'accueil avec un accent méditérranéen fort prononcé.

— Un couple et un trouple, c'est bon non ?

Le mec penche la tête sur le côté pour mieux nous voir. Hermès et Diego sont en train de se rouler une pelle, et je suis collé comme un chewing-gum au torse de Demeros qui malaxe mon cul. On ne peut pas faire plus couple que ça.

— Mouais, je ne vois que deux couples.

Charly soupire puis enjambe très vite l'espace qui nous sépare de lui. Il me décolle de Demeros, prend mon visage en coupe dans ses mains et plonge sa langue dans ma bouche. Sa réaction me sidère sur le coup, mais je ne mets pas longtemps à lui rendre son baiser. Mélange de souffle, de gémissement, et de passion. Je pousse un gémissement de désapprobation lorsqu'il arrête de me torturer. J'avais oublié à quel point il était doué pour les baiser.

— Pas mal. Et l'homme ?

Demeros et Charly se jettent un regard dur. Dans mes rêves, ils étaient à deux doigts de le faire. En seraient-ils capable si la fiabilité de notre couverture est en jeu ?

Alors que Charly s'avance vers Demeros, une dame surgit derrière le comptoir.

— Laisse-le passer, Hakim.

Une grand femme d'une trentaine d'année vient de passer derrière le comptoir.

— Mais ils ne sont pas...

— Peu importe. Les clients vont adorer. Si tu ne laisses pas rentrer ses beaux spécimens dans notre établissement, j'en tirerai deux mots au patron.

— Si tu le dis, Kelly, marmonne Hakim qui roule des yeux en acceptant la carte de Charly.

Je dois dire que Kelly est plutôt belle femme. Le genre de nana à passer sa vie chez le coiffeur pour se les flinguer à coup de décoloration. Son maquillage est si prononcé au niveau des yeux que je ne distingue pas clairement leur couleur. Peut-être gris, peut-être vert. Sa bouche est gonflée, et je ne pense pas que ce soit lié au gloss. Elle aime plaire, c'est certain. Mais malgré sa superficialité à outrance, elle en dégage néanmoins une certaine classe. Elle est là pour rappeler qu'ici, on ne plaisante pas avec les clients, surtout quand il a une petite fortune dans le porte-monnaie. Mais si elle ne nous considère pas comme de bons clients, elle nous considère au moins comme un bon gibier pour ouvrir l'appétit des clients.

DIAMOND SCHOOL TOME 3Tahanan ng mga kuwento. Tumuklas ngayon