CHAPITRE 7

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Je reconnais les deux hommes. C'était ceux qui accompagnaient Hardy lorsqu'ils sont revenus de la chasse. Le petit aux lèvres charnues et le crâne rasé aux tatouages tribaux.

Tous deux s'avancent vers nous et Hardy se redresse, faisant rempart entre ses compagnons et moi.

— Vous êtes en train de m'interrompre ! J'étais sur le point de la foutre enceinte !

Les guerriers tressaillent en entendant leur compagnon grogner après eux. Hardy doit certainement avoir une forte place ici.

— Ton père veut que nous partions à la recherche des voleurs !

Son père ? Serait-il le fils du chef ? Ceci explique cela.

— Et ça ne vous est pas venu à l'idée qu'il se soit enfui tout seul ? Les humains sont plus fourbes qu'avant. Vous êtes des abrutis !

Ils semblent embarrassés.

— Maintenant, retournez dehors. Je dois finir mon travail.

Le crâne rasé fait un pas en avant.

— Le chef trouve que tu prends trop de temps. Nous sommes venu te donner un coup de main.

Hardy devient rouge de colère, ou d'embarras. Allez savoir.

— Vous ne la toucherez pas !

Hardy fonce sur le crâne chauve, mais au moment de rentrer en collision avec celui-ci, le plus petit sort une branche d'arbre qu'il abat sur sa tête. Hardy tombe raide sur le sol de la chambre. Je hurle.

L'Ogre lâche le bois et les deux se tournent avec beaucoup d'intérêt vers moi. Je suis complètement nue, maintenant. Quand est-ce qu'Alphonse va se décider à intervenir ? Je lève les yeux vers là où il se trouvait plus tôt, mais il a disparu. Tout ce que j'aime.

Le crâne rasé s'avance vers moi, et me soulève par les cheveux à quelques centimètres du sol. Je commence à regretter de ne pas avoir baiser Hardy. Ces deux-là ne me disent rien qui valent.

Il me lèche le cou et je réprime un haut le cœur. Mes larmes se mettent à couler.

— Oh...tu l'as fait pleurer ! s'excite le second en faisant tomber son pagne sur le sol.

— Je passe en premier de toute façon.

— Non, je suis plus petit. Si je passe derrière toi, je ne sentirai rien.

— J'en ai rien à foutre. Tu n'auras qu'à prendre son cul.

— Toi prends son cul ! Moi aussi je veux une descendance ! Hardy est un incapable de toute façon, il se comporte trop comme un humain !

Je sens la tension grimper en flèche, mais ce n'est pas la seule chose que je sens.  La pression sur mes cheveux est moins douloureuse : je rétrécis, incroyablement vite. C'est ça de perdre trente kilos en quelques secondes seulement.

Les deux s'arrêtent immédiatement de se disputer.

— Une humaine ?

Le crâne rasé me renifle.

— Non, non. C'est bien une Umon.

— Pourquoi elle a rétréci d'un coup ?

— On s'en fout, elle sera encore plus serrée !

Leurs doigts se mettent à caresser mon corps et je crie de déplaisir.

Puis le crâne chauve me lâche en hurlant de douleur et je m'affale sur le sol. Alphonse est accroché à son visage et balafre ses yeux de ses longues griffes.

Le plus petit reprend ses esprits et se jette sur Alphonse. Je l'enserre par la taille et concentre mon énergie dans mon cœur avant de tout relâcher sur lui, le faisant s'écraser sur le mur du fond. Le crâne rasé ne voyant plus rien finit par brasser de l'air lorsque Alphonse saute sur le sol et se transforme en sorcier.

Il m'attrape par la main, et nous nous mettons à courir vers la sortie, tous les deux nus comme des vers.

En sortant du bâtiment, nous tombons nez à nez avec le vieillard. Il met quelques secondes à réaliser ce qui se passe. Ses yeux louchent sur mon bras droit, et il écarquille les yeux.

— Sapristi. La prêtresse est vraiment de retour.

Il se jette sur nous, mais entre en collision avec la terre. Nous courons aussi vite que nous pouvons afin de prendre de l'avance.

— Ne les laissez pas s'enfuir ! rugit le Chef.

L'instant d'après, une dizaine d'Ogres sont à nos trousses.

— Mais où est Louis ? je rugis.  Ne me dit pas qu'on a fait tout ça pour rien !

Ceux sur les côtés se jettent sur nous, et nous les esquivons avec une grâce féline. Cependant, il ne faut pas que ça dure trop longtemps car nous ne pourrons pas toujours les éviter de la sorte.

— Ne t'inquiètes pas, cours jusqu'à la sortie !

Nous accélérons l'allure.

A l'orée de la forêt, Alphonse se transforme en chat. Puis le chat grossit jusqu'à devenir une énorme bestiole. Deux secondes plus tard, Louis surgit de la forêt avec nos sacs sur le dos, m'attrappe par les hanches et nous fait grimper sur le large dos du félin. Il me pose une couverture sur le dos et je le remercie avec les yeux. Je suis soulagée de le retrouver et je crois que lui aussi, malgré son regard plus dur que d'habitude.

Alphonse essaye de les distancer, mais avec leurs grandes jambes, ils arrivent à nous rattraper.

— Arianne ! me hurle Louis.

Et je comprends le message.

Louis détourne le regard et je me mets à danser. Ils tombent comme des mouches et bientôt ne forment plus qu'un tas de corps ensevelis les uns sur les autres.

— C'est ça une infiltration discrète, Alhponse ? je le sermonne.

Evidemment, il ne répond pas. Déjà parce qu'il n'est pas capable de parler sous sa forme animale, mais aussi très certainement parce qu'il n'en a pas envie. Il sait qu'il s'est merdé cette fois-ci.

Cette aventure m'a demandé beaucoup trop d'énergie, et je finis par m'endormir accrochée au pelage d'Alphonse.

Lorsque je me réveille quelques heures plus tard, le soleil est en train de se coucher. Tout à coup, Alphonse trébuche sur le sol, et nous volons dans les airs avant de retomber sèchement sur l'herbe mouillée.

Je frotte mon dos douloureusement. Le gros félin rapetisse pour redevenir l'Alphonse adulte aux cheveux sombres. Je ne suis pas la seule à être épuisée. Alphonse a dû utiliser ses pouvoirs pour nous sauver de là, et il en a payé le prix.

Louis se dirige vers lui, l'aide à se relever.... puis lui enfonce son point dans la figure. Le sorcier est de nouveau au sol. Je bondis sur mes jambes.

— Louis arrête ça tout de suite ! tu vois bien qu'il est épuisé !

Je me précipite sur eux pour l'arrêter avant qu'il ne lui fracasse la figure une deuxième fois.

— Mais c'est un enculé ! Tu as vu ce qu'il t'a fait faire ? Et si nous n'étions pas arrivés à temps et que tu avais fait une hémorragie interne ? Pourquoi penses-tu qu'il n'y a pas de femme dans ce village ? Elles finissent par crever un jour ou l'autre !!

Alphonse se redresse en douceur, et crache du sang dans l'herbe. Lorsqu'il lève les yeux vers Louis, j'en ai des frissons. Il est vraiment en rogne.

— Tu n'as pas à me faire la leçon. Tout ça est entièrement de ta faute je te rappelle ! Arianne a seulement payé le fruit de tes erreurs. Tâche de te tenir correctement à l'avenir, sinon c'est moi qui m'occupe de ton cas. Louis ou pas.

L'humain ravale ses paroles et tourne les talons pour retourner dans la forêt obscure.

— Louis ! je l'appelle.

Pour réponse, j'ai le droit à un gros doigt d'honneur avant qu'il ne disparaisse à travers les arbres. Pourquoi ça finit toujours comme ça ?

DIAMOND SCHOOL TOME 3Tahanan ng mga kuwento. Tumuklas ngayon