Ce fut une fois de plus un réveil manqué. Le réveil de Clara n'avait pas sonné et elle arriva en retard en cours le lendemain. Quand celle-ci entra dans la salle de littérature, elle se rendit compte que la salle était plongée dans le silence et que le contrôle était surement ce jour-ci. Elle avait totalement oublié de réviser, elle n'avait même pas jeté un œil à son agenda la veille. Clara prit place à sa table pendant que son professeur lui apporta la feuille de contrôle. Jamais elle n'allait pouvoir répondre à toutes ces questions, elle n'avait soudainement plus aucune connaissance en tête, elle qui révisait pourtant tous les soirs ! Elle sortit son stylo de sa trousse et souffla silencieusement. C'était un désastre.
Comment allait-elle annoncer à sa tante qu'elle avait totalement loupé son contrôle ? Elle avait passé les deux heures à gribouiller sur le côté de sa feuille de contrôle. Jamais ça ne lui était arrivé. Qu'allait-il se passer si Antho racontait n'importe quoi à Jordi afin qu'il la déteste ? Et si elle croisait une seconde fois Anthony seule dans la rue ? La sonnerie venait tout juste de retentir. Elle sortit aussitôt de ses pensées, poussa brusquement sa chaise derrière elle afin de prendre toutes ses affaires et sortit de la salle après avoir rendu la feuille quasi-vierge à son professeur. Sa meilleure amie l'attendait devant la salle, et remarquant la mine pâle de Clara, elle ouvrit grands ses bras pour que celle-ci puisse s'y loger.
Manon était énervée, ce que venait de lui raconter Clara la mettait en rogne, le mot était même faible.
-Tu dois aller le dire à Jordi !
-Pourquoi faire ? Souffla Clara désespérément.
-Tu imagines si Anthony monte la tête à Jordi ?
La jeune fille haussa les épaules. Elle n'avait jamais été aussi heureuse d'être en pause. Cela permettait aux élèves de se relaxer, d'aller acheter une boisson au distributeur près du hall ou bien de se rejoindre entre amis durant une bonne dizaine de minutes avant de filer en cours. Clara se devait de passer à son casier, son manuel de Espagnol était terriblement lourd et son dos était surement sur le point de se rompre. Elle s'y dirigea, suivi de près par Manon, posa son sac à ses pieds et souleva son regard vers sa porte en métal lorsqu'elle vit une affiche rectangulaire collée sur la porte verte de son casier. «C.R.E.V.E» y était soigneusement noté. Ne se laissant pas emporter par la surprise et l'énervement de voir qu'on en avait toujours après elle, la jeune fille arracha aussitôt la feuille, l'écrasa en boule et la jeta dans la poubelle la plus proche avant de reprendre place en face de son casier, désormais nettement plus présentable. Elle tourna les chiffres de son cadenas afin de composer son code, le crochet de sécurité sauta et elle tourna la sorte de poignée en métal pour ouvrir son casier quand elle vit toutes ses affaires glisser de son casier en s'écroulant sur le sol du hall. Elle recula rapidement. Des dizaines de bombes à eau sur le point d'exploser roulèrent à leur tour du casier et éclatèrent monstrueusement sur ses affaires éparpillées sur le sol. Les bras ballants, n'ayant pas la force de crier quoi que ce soit, elle observa le déluge à ses pieds. Plus aucune de ses affaires n'allaient être utilisables, tout allait finir à la poubelle, absolument tout. L'absence de réaction s'expliquait par le fait que ça n'était pas la première fois qu'on lui faisait une blague de ce genre. Manon se baissa afin de rassembler toutes les affaires au même endroit et Clara la suivit tout en expirant d'agacement.
Lentement, Manon releva la tête en entendant quelques rires provenir du hall. Les rires se multipliaient, telle une propagation de poux qui sautent de chevelure en chevelure, et Clara, concentrée, ne releva pas tout de suite son visage. Lorsque celle-ci sentit le regard de sa meilleure amie posée sur elle, la jeune fille sortit de ses pensées et leva son regard avant de se rendre compte que le hall riait aux éclats. Tous les regards étaient braqués sur elle. Ils semblaient ne pas rire de quelque chose, mais plutôt d'elle. Peu importe l'endroit où elle posait son regard, elle tombait sur un visage qui l'observait tout en riant de bon cœur. Lentement, elle sentit son cœur se contracter dans sa poitrine, et sa respiration peu à peu accélérer sans qu'elle ne puisse la contrôler. Manon ne semblait pas plus gênée que ça, pourtant, elle était en réalité extrêmement mal à l'aise. Anthony les observait, un sourire en coin, fier de voir que la blague faisait bien plus que son effet.
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Interversion
Художественная прозаFaut-il jouer avec le feu lorsque la victime n'est rien d'autre qu'une allumette qui ne demande qu'à être allumée ? Clara, jeune fille de dix-sept ans battue et non désirée par sa tante, se trouve en Première lorsque le harcèlement scolaire devient...
