Clara marchait à vive allure sur le trottoir, venant même jusqu'à frôler les passants. Elle traversa la route avant que le feu ne se mette au vert et passa par le parc en courant. C'était sa dernière journée et si elle ne se pressait pas, elle allait arriver en retard, ce qu'elle voulait éviter à tout prix. Le vent faisait voler ses cheveux dans tous les sens, venant même jusqu'à lui cacher la totalité de sa vue. Clara plaça alors sa capuche sur sa tête, serra les liens pour ne pas qu'elle puisse s'en aller et elle passa le petit portail du parc. Elle n'avait plus qu'à traverser la route et elle se trouverait juste en face de la maison spécialisée. Son regard tourné à gauche puis à droite, elle s'élança sur la route, entendit des voitures approcher, accéléra sa course puis arriva enfin à la porte d'entrée. Passant la porte, elle ôta sa capuche, plaça ses cheveux correctement, respira un bon coup pour retrouver sa respiration habituelle et salua la dame de l'accueil avant de se diriger vers le bureau de madame Rosenfield. Celle-ci l'attendait devant la porte.
-Bonjour Clara, dit-elle en lui serrant la main. Toutes bonnes choses ont une fin et comme vous le savez, votre stage se termine ce soir. C'est pourquoi j'aimerais que vous veniez dans mon bureau à dix-sept heures pour que nous fassions un bilan ensemble.
-Vous voulez que je fasse quelque chose en particulier durant la journée ?
-Faites comme vous avez fait durant la totalité de la semaine, vous vous êtes très bien débrouillée. Elle réfléchit. Juste une chose, n'oubliez pas, ce soir, avant que vous ne partiez, d'aller dire au revoir à tous ceux avec qui vous avez créée des liens durant la semaine.
-Je le ferais.
Madame Rosenfield posa la main sur la poignée de sa porte et l'ouvrit.
-Je dois appeler l'institut qui s'occupe de la mère de l'enfant dont vous vous êtes occupés hier.
-Où sont-ils ?
-Au Sud-Est de la ville, nous ne pouvions nous occuper d'un enfant aussi jeune. D'ailleurs je tiens à vous remercier, vous vous êtes très bien occupée du jeune Mathias.
-Ça a été un plaisir. Même si je ne vous pas cache pas qu'au début j'avais peur de ne pas être à la hauteur.
Madame Rosenfield posa sa main sur l'épaule de la jeune fille.
-Vous êtes capable d'accomplir de grandes choses, croyez-moi quand je vous dis cela, vous avez de très grandes compétences. Le téléphone placé à l'intérieur du bureau se mit à sonner. Je dois y aller, nous reparlerons de cela à dix-sept heures.
Clara hocha la tête, madame Rosenfield la salua et ferma la porte de son bureau en se précipitant sur le téléphone gris posé sur le bureau en bois. La jeune fille resta un moment devant la porte, se rendant bien compte que c'était le dernier jour de son stage et que tout ce qui se trouvait dans ce grand bâtiment allait lui manquer. Les repas avec madame Rosenfield, les parties de bataille avec Adeline, les conversations avec Oliver et d'autres, l'enfant dont elle s'était occupée durant toute une journée. Elle n'en avait jamais fait autant en une semaine. Elle n'avait jamais passé une semaine en ayant accomplit tant de choses et sans avoir été triste à tout bout de champ. Car oui, même si elle avait mal pris le coup de la vidéo sur internet, elle avait été heureuse, ne serait-ce qu'un moment, ici. Elle se dirigea vers la grande salle et profita des heures qu'il restait avant le repas pour jouer à la bataille avec Adeline, qui ne se lassait jamais de ce jeu.
Étant à une réunion de dernière minute, madame Rosenfield ne pu manger à la même table que Clara, et celle-ci hésita à aller à sa table habituelle lorsqu'elle vit Oliver seul à une table au fond de la cantine. Ils ne s'étaient pas parlés depuis qu'il s'était ouvert à elle, et elle ne voulait pas quitter ce lieu ce soir, sans avoir eu une discussion avec lui, sans s'être expliquée et sans s'être fait pardonnée de lui. Elle prit place à la même table que lui, en face, et posa son plateau soigneusement. Il ne prit la peine de lever la tête et commença à piquer dans son plat de résistance. Ce n'était pas quelqu'un qui mangeait énormément, il mangeait le strict minimum et il restait enfermé dans sa chambre la plupart du temps, si il n'était pas devant un ordinateur dans la salle d'ordinateurs. Clara passa l'entrée, détestant les carottes râpées et mangea à son tour dans son assiette le plat de résistance. Il ne l'avait pas regardé une fois.
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Interversion
General FictionFaut-il jouer avec le feu lorsque la victime n'est rien d'autre qu'une allumette qui ne demande qu'à être allumée ? Clara, jeune fille de dix-sept ans battue et non désirée par sa tante, se trouve en Première lorsque le harcèlement scolaire devient...
