Chapitre XII - Partie 2

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Quelques instants plus tard, le professeur entra de nouveau, mais elle n'entendait pas qu'une personne se déplacer mais plutôt deux. Jordi était là, elle reconnaissait maintenant son parfum. Monsieur Hantz lui expliqua brièvement la situation. Dû à son mal de dos, elle ne pu bouger et voir les expressions faciales, elle du se fier au son des voix, et c'était plutôt compliqué pour elle qui se fiait beaucoup à ce qu'elle voyait et non ce qu'elle entendait.

-Mais monsieur, pourquoi vous ne pouvez pas le faire ?

-Je n'ai pas le droit de toucher une élève comme ça Jordi.

-Oui je comprends. Mais Clara ne sera pas d'accord que je la touche comme ça.

Le professeur fixa un instant la jeune fille qui faisait peine à voir, elle ne  bougeait pas d'un pouce.

-Clara, que tu le veuilles ou non, Jordi devra t'appliquer cette pommade.

Jordi se plaça aux côtés de Clara et se mit à la même hauteur qu'elle.

-Clara, oublie notre embrouille, on s'expliquera plus tard. Tu ne dois pas rester comme ça.

La cloche sonna de nouveau, heureusement pour eux, la salle n'était pas occupée à cette heure-ci, cela enlevait déjà un problème.

-Jordi, tu vas le faire, il n'y a pas d'autre choix, de plus tu dois aller en cours après, il ne faut pas perdre de temps.

Il hocha alors la tête et prit sa respiration. Il n'aimait pas devoir toucher une fille qui n'était pas d'accord, qui n'avait pas donné son autorisation, mais comme le professeur l'avait dit, il ne fallait pas perdre de temps. Il se releva et se plaça en face de Clara. Il devait tout d'abord enlever la veste, alors il attrapa soigneusement le bras gauche de la jeune fille et fit glisser la manche, il marcha à la droite de la jeune fille et fit glisser de même la manche pour enfin ôter la veste. Clara redoutait tant ce moment, et il venait d'arriver. Jordi eu un pas de recul en observant les bras de la jeune fille. Les bras de Clara étaient recouverts de griffures, de blessures, d'ouvertures superficiellement fermés, en plus des mutilations qu'elle s'infligeait, plus ou moins récentes. Ses bras n'étaient plus de couleur normale mais ils viraient aux bleus/verts. Les deux hommes se regardèrent, les yeux écarquillés et la bouche entre-ouverte, ils s'attendaient à tout sauf à cela. Jordi était sur le point de parler, de demander des explications, mais le professeur lui fit signe de ne rien dire. Il se sentit soudainement désolé, désolé de lui avoir pris la tête quelques jours auparavant alors qu'elle avait des problèmes beaucoup plus graves de son côté. Il se sentait minable, lamentable. Il croyait la connaitre, mais il retomba durement sur Terre, en réalité il ne la connaissait pas, loin de là. Monsieur Hantz appliqua ensuite la pommade sur la main gauche de Jordi. Cela fait, le jeune homme se plaça derrière Clara et leva doucement le t-shirt du côté dos de la jeune fille. Il resta immobile un moment, croyant avoir passé le pire en voyant l'état de ses bras, mais son dos était tout aussi ravagé. Ce n'était plus un dos mais une carte routière, il y avait tant de marques qui recouvraient son dos qu'on ne savait si il y avait encore de la peau intact, encore vierge. Les marques se coupaient et s'entrecoupaient. Le professeur tourna dos un moment aux deux jeunes élèves, lui même n'en croyait pas ses yeux. Clara se faisait battre. Jordi reprit ses esprits, respira lentement et appliqua soigneusement la pommade tout le long du dos de la jeune fille qui eut des sursauts, elle devait surement souffrir, des marques étaient encore récentes et n'étaient pas encore refermées. Il passait à plusieurs reprises sur les marques récentes pour que la douleur s'apaise. Il replaça ensuite correctement le t-shirt de Clara et prit l'initiative sous les yeux de monsieur Hantz de recouvrir aussi les bras de pommade, ils avaient autant le droit d'être soignés. Le professeur ramassa ensuite la pommade dans son sac qu'il ramènerait plus tard à l'infirmerie. Jordi passa une main sur ses joues, sans le remarquer, dû à sa concentration, il pleurait depuis un moment. Il respirait lentement, essayait de reprendre ses esprits, les marques qu'il venait de voir ne voulaient quitter son esprit, il les voyait sans cesse. Le professeur reprit de même ses esprits et retrouva Jordi pâle comme un linge.

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