Chapitre 12 : Pourquoi ?

271 3 7
                                        

C'est le soleil qui me réveille. La soirée d'hier me revient en tête. J'observe le lieu dans lequel je me trouve pour être sûre de ne pas avoir rêvé. Effectivement, je ne suis pas dans ma chambre mais dans celle d'Ugo. Et il est bien à mes côtés, ses bras entourant ma taille. Je me retourne pour lui faire face. Ses paupières s'ouvrent lentement et un petit sourire se dessine sur ses lèvres.

— Bonjour princesse, lâche-t-il avec une voix rauque

— Bonjour SuperMan, je réponds à mon tour

— Bien dormi ?

— Oui nickel. Et toi ?

— Pareil. Mais ça aurait été mieux si une demoiselle n'avait pas ronflé toute la nuit.

Je lui donne une tape sur le torse avant d'embrasser délicatement ses lèvres.

— Bon, je vais préparer le p'tit dej', lance-t-il en se levant, tu me rejoins ?

— Ouais, dans 5 minutes

Il sort de la chambre et je prends mon téléphone. Je raconte vite fait l'histoire à Célia qui est devenue ma confidente depuis que je la connais. Je lui résume le restaurant, le point d'observation de la ville et j'abrège la fin de la soirée. Je pourrais presque l'entendre hurler de joie. Cette fille est vraiment sympa. Je décide d'enfiler le short et le T-shirt d'Ugo et me dirige vers la cuisine qui m'accueille avec une bonne odeur de pancakes.

— Toi, tu sais comment me plaire, je lance

— À vrai dire, je ne savais pas quoi faire, alors j'ai improvisé.

— C'est parfait, je finis en déposant un doux baiser sur ses lèvres.

Le petit déjeuner se passe dans le calme. On parle de nous, notre famille, et du basket. On fini de manger et je lui indique que je vais prendre une douche, mais je me rappelle que je n'ai pas d'affaires et je me vois mal remettre ma robe de soirée.

— T'inquiète je peux toujours te passer un autre T-shirt. De toute façon tu en auras besoin pour rentrer chez toi, il me fait remarquer.

— Pas faux. Bon ben je vais me laver alors.

J'avais pensé à prendre des sous-vêtements de change. Et heureusement parce que sinon je n'aurai pas eu d'autre choix que de rentrer chez moi en pyjama.

Je commence donc à me déshabiller et je rentre dans la cabine de douche. Les gouttes perlent sur moi et m'apaisent. De quoi je ne sais pas, mais j'ai cette sensation de soulagement. Je me savonne les cheveux et le corps et je me rince. Je me rends vite compte que je n'ai pas de serviettes. Ugo à dû lire dans mes pensées puisqu'il toque et me dit qu'il a une serviette pour moi. Je vérifie que la buée sur la vitre camoufle bien mon corps.

— Tu peux entrer, je crie pour qu'il m'entende

Il entre doucement dans la salle de bain et sa posture me fait rire.

— Je ne regarde pas t'inquiète

Je ris de plus belle face à sa remarque et attrape la serviette. Je la passe autour de mon corps et sors de la cabine. Mon copain commence à sortir mais je l'arrête.

— Tu peux rester.

— Tu es sûre ? je ne voudrai pas-

— Oui t'en fais pas, je le coupe

Il ouvre alors les yeux mais au lieu de se poser sur mon corps, il vient les planter dans les miens. Je tiens toujours la serviette fermement pour ne pas qu'elle tombe

Ugo

Lorsque j'ouvre les yeux, ils ne vont pas se poser sur son corps mais dans ses yeux. D'un bleu profond et beau à la fois. Je la sens tendue alors je détourne le regard vers le sol. J'entends la serviette tomber. Je n'ose pas regarder. Je suis bien élevé, et regarder le corps d'une fille nue, n'est pas mon genre. Je vais m'asseoir sur les toilettes tout en continuant de regarder le sol.

— C'est bon Ugo, tu peux me regarder.

Je remonte alors doucement mon regard sur la fille que j'aime. Mon T-shirt est trop grand pour elle, mais il lui va quand même bien. Elle est belle, même si elle sort de la douche et que ses cheveux mouillés dégoulinent sur son haut. Elle s'approche de moi et se baisse pour être à ma hauteur. Je me penche pour l'embrasser puis je me recule. Je fini par me lever et lui indique.

— Je vais prendre une douche aussi.

Elle commence à sortir mais je la retiens par le poignet et la fait retourner pour la coller à moi. Je sens son souffle sur mon torse et ça me rend fou. Elle me regarde avec interrogation.

— Ça ne me dérange pas t'inquiète, je la rassure

Je recule alors légèrement et fait doucement descendre mon short qui rejoint le sol. C'est ensuite mon caleçon que je viens retirer. Emma ne me quitte pas du regard et je la sens gênée. Je m'éloigne d'elle pour me diriger dans la cabine de douche. Elle s'assoit et finit par rompre notre contact visuel. Ses yeux se dirigent non pas sur mon entrejambe mais sur son téléphone.

Je finis de me laver et je me rhabille. Nous sortons de la salle de bain. Elle n'a pas prononcé un mot depuis qu'elle est sortie de la douche. Je l'interpelle.

— Eh Emma ?

Elle se retourne, les cheveux encore humide.

— Oui ?

— Tu m'en veux ?

— De quoi ?

— De t'avoir demandé de rester ?

— Quoi ? Non bien sûr que non Ugo. Pourquoi je t'en voudrais ?

— Je ne sais pas. Je me suis senti idiot de t'avoir demandé de rester pendant que je me lavais.

— Non, pas du tout. De toute façon, j'étais sur mon téléphone.

Et comme pour me rassurer elle m'embrasse. Elle se recule puis sourit de toutes ses dents.

Emma

Pourquoi je lui en voudrais ? Je ne vais pas dire que le spectacle m'a plu mais... presque. Il a dû sentir ma gêne mais c'est tout. Je récupère mes affaires dans la chambre d'Ugo et nous quittons sa maison pour sa voiture. Il me ramène chez moi. Après un énième baiser d'au revoir, je finis par le quitter pour me diriger vers ma porte d'entrée. Lorsque je rentre, je n'entends personne. Bizarre. Je monte dans ma chambre et toujours personne à l'étage. Je me change et je finis par aller dans le salon où je vois mes parents sur le canapé collé l'un à l'autre. Je fais remarquer ma présence et mes parents se tournent dans ma direction pour me serrer dans leurs bras. Je les vois, ma mère sanglotant et mon père une mine désastreuse.

— Qu'est-ce qu'il se passe, je les interroges

— Il vaut mieux que tu t'assois ma puce, explique mon père froidement

— C'est... ta grand-mère chérie, pleure ma mère.

Cette première phrase me fait le coup d'une massue sur la tête.

— Quoi ? Qu'est ce qu'il s'est passé ? Elle va bien ? j'interroge, des larmes naissant dans mes yeux.

— Elle... Elle a eu un accident de voiture... poursuit mon père

Je vois le pire arriver. Des larmes coulent sur mes joues traçant deux petites rivières.

— Elle s'en est sortie mais...lorsque les pompiers sont arrivés, elle était dans un état critique. Elle a été prise en charge rapidement mais les médecins ont dû la plonger dans un coma artificiel, finit ma mère, la voix tremblante.

Mon monde s'effondre. Ma grand-mère que j'aime tant. La seule qu'il me reste. Pourquoi ? Je me jette dans les bras de mes parents et nous restons dans cette position un long moment, tous les trois en train de pleurer. Je m'en veux d'être restée avec Ugo. J'ai fais mon égoïste encore une fois.

Crossed GamesDes histoires addictives. Découvrez maintenant