Chapitre 23 : Passé secret

184 2 13
                                        

TW : dépression, drogue, harcèlement
Bonne lecture !

Nous arrivons dans la salle à manger avec Ugo. Mes parents ainsi que le coach me dévisagent et je me rappelle que j'ai pleuré donc, mes yeux sont encore rouges.

J'affiche un sourire et pars m'asseoir. Ugo s'installe à côté de moi et je sens sa main sur ma cuisse. Je pose la mienne dessus et la serre légèrement.

Ma mère nous sert une assiette de pâtes à la bolognaise et nous commençons à manger, dans le rythme de la conversation du coach et de mon père.

— Je te promets John, ta fille est géniale, c'est vraiment un moteur pour l'équipe, me complimente mon entraîneur

— Ah oui je sais, j'ai bien vu comment elle a fait gagner son équipe aujourd'hui. Je suis fier de toi Emma, vraiment

Je deviens cramoisie. Même si c'est mon père, je réagis toujours pareil lorsqu'il me félicite. Il est comme un modèle pour moi et je ferais tout pour le rendre de plus en plus fier chaque jour.

— En même temps, j'interviens, j'ai un père extraordinaire, donc ça aide forcément.

J'adresse un regard complice à mon père et il me répond avec un clin d'œil.

Je ne parle plus du repas. Ugo à mes côtés, parle de temps en temps que ce soit avec le coach comme avec mes parents.

À la fin du repas, j'aide ma mère à débarrasser et je prépare un café à mon père, sans sucre. J'en propose un au coach mais pas à Ugo. Il n'aime pas ça.

Une fois mon rôle de serveuse terminé, j'entraîne Ugo avec moi dans ma chambre pour continuer la conversation d'avant le repas.

Je m'installe sur mon lit et laisse une place à mon copain. Il m'enveloppe de ses bras et nous restons là, en silence, pendant quelques minutes.

Je décide de rompre le silence.

— Ugo ? Tu sais que je suis là... si tu veux parler. Tu peux avoir confiance en moi.

— Je sais Emma, il me coupe, c'est juste que je n'en ai parlé à personne auparavant. J'ai confiance en toi, ça tu peux en être sûre.

— D'accord.

Je lui fais des petits mouvements sur son bras. Lui, me caresse les cheveux. Il finit par parler.

— Donc, comme je te l'ai dit tout à l'heure, j'ai été en dépression avant le lycée. Déjà avec les autres connards qui me harcelaient, me frappaient mais aussi pour une autre raison.

Je me colle plus à lui pour lui montrer que je suis avec lui, dans les bons comme dans les mauvais moments.

— Je ne mangeais plus, je ne dormais presque plus. J'étais dans un sale état. Mais évidemment, ce n'était pas venu comme ça du jour au lendemain. Tu te doutes bien qu'il y avait une raison à tout ça.

Silence. Il se racle la gorge et reprend.

— J'avais une grande sœur, plus âgée que moi. Comme tous les ados, elle sortait, faisait la fête et ça lui arrivait de boire. J'étais très proche d'elle. Vraiment. Tous les jours elle me racontais ce qui se passait dans son lycée, les potins etc. Moi, le p'tit frère, j'étais en admiration devant elle. Elle me faisait rêver.

Je l'écoute en silence, la tête posée sur son torse ce qui me permet d'entendre son cœur battre et sa voix résonne lorsqu'il parle.

— Je n'étais qu'un gamin à l'époque. Je ne savais pas qu'être adolescent pouvait être dangereux. Surtout quand on est une fille. Heureusement, je n'en suis pas une et je sais qu'il y a certaines choses que je ne vivrais jamais.

Crossed GamesDes histoires addictives. Découvrez maintenant