Cela fait maintenant quelques minutes que nous sommes sortis de chez moi. Il fait un petit peu frais dehors mais avec ce que j'ai prévu, la fraîcheur sera vite négligeable. On marche pendant environ cinq minutes et, reconnaissant le quartier, je me retourne et j'ordonne à Ugo de fermer les yeux.
— T'es sérieuse ?
— Très. Allez, joue le jeu.
— OK, si tu insistes.
Il s'exécute et je le tire par la main pour le guider. Lorsque nous arrivons à destination, je lui lâche la main et je dépose mon sac à terre. Je récupère un truc dedans et j'avance, mettant de la distance entre nous.
— C'est bon tu peux ouvrir.
Lorsqu'il ouvre les yeux, son visage s'illumine. Il ricane et me regarde, puis ses yeux se dirigent sur ce que j'ai dans la main. Un ballon de basket.
Il observe ensuite l'environnement dans lequel il se trouve. Je commence alors à dribbler et je me dirige vers le panier de basket, se trouvant juste derrière lui. J'avais pris soin de le positionner pile à cet endroit.
— Alors tu veux jouer à ça, princesse ?
— Quoi, t'as peur de perdre face à la fille du capitaine des Lakers ?
— Non, aucune chance, je suis bien meilleur que toi.
— C'est ce qu'on verra, je lance sur un air de défi
J'accélère mon rythme et commence à m'approcher du panier. Il essaye de s'emparer du ballon mais je l'esquive et je tire.
Dans le mille
— OK, pas mal, mais est-ce que t'es cap de me rattraper ?
À son tour, il saisit le ballon et se met à courir jusqu'au panier opposé. J'essaye tant bien que mal de le rattraper, mais avec ses grandes jambes, il me devance largement et il tire lui aussi. Mais le ballon touche l'anneau avant de retomber à côté.
— Hmm, pas mal pour un débutant, je le charries, mais tu triches, t'as des plus grandes jambes que moi !
— Dis surtout que tu n'as pas de cardio miss.
— Gna gna gna, je l'imite, je t'ai laissé gagner
— J'en suis pas si sûr, il pique, mets un trois points pour voir
— Pff trop facile
Je me positionne, tire et sans trop de difficulté, le ballon tombe directement dans le panier, sans même toucher l'anneau.
— Ah, tu vois ! je le nargue, Aller, à ton tour monsieur parfait
Il s'exécute, se positionne, tire. Cette fois le ballon rentre dans le panier mais indirectement.
— Je peux même le faire en arrière, il me provoque
Encore une fois, il tire. Mais le ballon passe à côté. Là, je pars en fou rire, et je me moque ouvertement de lui. Je suis pliée en deux, lorsque je me sens soulevée. Il m'a attrapée par la taille ce qui augmente mon éclat de rire.
On continue de jouer jusqu'en début d'après-midi, lorsque la faim se fait ressentir. J'attrape mon sac et par la même occasion, mon portable. Je m'aperçois que j'ai un message de ma mère qui m'indique, qu'avec mon père, ils reviendront en début de soirée. Finalement, ils sont restés plus longtemps que prévu.
Nous arrivons chez moi. Je monte déposer mon sac dans ma chambre. Ugo a dû partir car sa mère avait besoin de lui. Alors je suis toute seule pour manger. Je réchauffe les restes d'hier midi et je vais m'installer devant la télé. On n'avait pas vu le temps passer si bien que lorsque qu'on est rentrés, il était quasiment 14h.
Bravo Emma
Une fois mon repas fini, je décide de prendre une douche, histoire d'enlever la crasse et la transpiration qui me collent depuis que je suis rentrée. En même temps, je repense à ce qu'Ugo m'a dit. Il a vécu un traumatisme durant toute son enfance, et moi je détestais la fille qui l'a aidé et l'a sorti de là.
En même temps elle me déteste aussi.
Et même Thomas, il a été là pour lui. Mais d'un autre côté je me souviens qu'il avait mal réagi lorsqu'il a vu que j'étais avec Ugo et que d'après lui, toutes les filles tombaient dans ses bras. Avec du recul je peux comprendre qu'il se soit senti menacé. Il a aidé Ugo et il s'est sûrement senti trahi lorsqu'il est devenu bien plus populaire que lui.
D'un autre côté, je repense au fait qu'Ugo avait été jaloux de Thomas, lorsque j'avais mangé avec lui un midi, et en plus il m'avait dit que je lui plaisais. Ce souvenir m'arrache un petit sourire triste.
Je sors de la douche, m'habille et me sèche les cheveux. Je décide de travailler un peu. Pour rester dans la section basket, il faut certes savoir jouer mais aussi avoir des bonnes notes.
Je travaille pendant environ une heure et demie lorsque j'entends la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer, suivie des voix de mes parents. Je mets en pause mon travail et descends les embrasser.
— Comment tu vas ma chérie ? demande mon père
— Ça va et vous ?
— Ça pourrait aller mieux, renchérit ma mère
— Ah, qu'est-ce qui se passe ? Comment va mamie ?
— Justement ma puce, continue mon père, c'est à propos d'elle.
— Dites moi ! Ne me laissez pas dans l'inconnu s'il vous plaît !
— Oui chérie, assieds toi.
Je m'exécute. Je vois alors les yeux de mes parents briller. Là, tous les scénarios possibles et inimaginables se font dans ma tête.
Pas ma grand-mère, s'il vous plaît.
Mon cœur commence à tambouriner fort dans ma poitrine. Mes mains tremblent et je les pose sur mes genoux qui bougent frénétiquement. Mes yeux me piquent et ma vision se trouble. Mes lèvres tremblent et mon nez me gratte.
— Papa, maman dites moi ce qu'il se passe, je les supplie
— Comme tu le sais ma puce, commence mon père, ta grand-mère a eu un accident de voiture et jusqu'à maintenant elle était dans le coma. Les médecins attendaient qu'elle se réveille.
— Ce qui s'est passé, continue ma mère, elle s'est réveillée. Mais elle était épuisée. Les médecins lui ont donc fait passer des examens pour voir s'il n'y avait pas autre chose.
Je sens le pire arriver.
— Ta grand-mère... a été diagnostiquée...
La voix de ma mère tremble alors mon père la coupe pour m'annoncer ça
— Elle a une tumeur au cerveau et on ne sait pas si elle va s'en sortir.
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Crossed Games
RomansaEmma joue au basketball depuis toujours. Lorsqu'elle arrive dans son nouveau lycée, elle devient la cible numéro une d'une des cheerleaders. Surtout quand le capitaine des basketteurs la remarque. Des tensions vont se créer jusqu'au jour où Emma va...
