8 juillet 2018 – 20 heures 10.
Portland.
Le chant des grillons à l'extérieur rompt le silence. Une doux air presque paisible à ce moment. La chaleur estivale se fait sentir à travers les fenêtres ouvertes, et un léger souffle d'air frais vient balayer la pièce. Hugo s'étire sur le canapé, les yeux mi-clos, un sourire paresseux aux lèvres.
— T'es vraiment mauvais à ce jeu, mec, ricane-t-il en tapotant le paquet de cartes posé sur la table basse.
Accoudé sur le dossier d'un fauteuil, je lève un sourcil amusé.
— Parce que tu triches, répliqué-je d'une voix posée, ses yeux brillant d'un éclat rare.
— Moi ? Jamais, s'offusque Hugo en posant une main sur son cœur, exagérant son innocence avec une théâtralité assumée.
Je secoue la tête, un léger sourire effleurant mes lèvres. Un silence confortable s'installe, et pour une fois, il n'est pas lourd de sous-entendus ou de non-dits.
— Ça fait combien de temps qu'on est là ? demande soudain Hugo en fixant le plafond, les yeux perdus dans une rêverie passagère.
Je fais mine de réfléchir, mon regard se perdant dans le décor.
— Trop longtemps, probablement.
Hugo laisse échapper un rire silencieux avant de se redresser, l'air plus sérieux tout à coup.
— T'as déjà pensé à ce que tu feras après tout ça ? Quand tout sera terminé ?
Je ne réponds pas immédiatement, mon visage se ferme légèrement, comme si la question me ramène à une réalité que je préfère éviter. Pourtant, je finis par répondre, ma voix plus basse, presque hésitante.
— Je ne sais pas. J'imagine qu'on verra bien.
Un silence plane à nouveau, mais cette fois, il est teinté d'une mélancolie sous-jacente. Hugo hausse les épaules, comme pour alléger l'atmosphère, avant de se lever et d'étirer ses bras au-dessus de sa tête.
— Bah, on a encore un peu de temps pour y réfléchir. Allez, va chercher la bouteille. On a besoin d'un vrai verre pour cette partie, pas juste des cartes.
Le grincement discret de la porte attire notre attention. Hugo arrête sa phrase en plein élan et tourne la tête, curieux. Là, dans l'embrasure de la porte, se tient Aurélie. Ses traits sont tirés, fatigués, comme si chaque pas lui coûtait un effort immense. Elle ne dit rien, ne demande rien. Ses yeux balayent la pièce, hésitants, mais elle finit par s'avancer.
Hugo me jette un regard rapide, puis se lève.
— Je vais vous laisser... souffle-t-il, sa voix plus douce qu'à l'ordinaire.
Il passe à côté d'Aurélie avec une légère inclinaison de tête, sans un mot de plus. Le silence s'installe dès qu'il disparaît, comme une chape de plomb qui s'abat sur nous. Je reste immobile, figé sur ma chaise, tandis qu'Aurélie s'approche lentement de la table. Elle hésite un instant, puis s'assied sur le bord du canapé, ses mouvements mesurés, comme si elle avait peur que le moindre geste brusque ne la fasse s'effondrer.
La lampe éclaire l'entièreté de la pièce, projetant des ombres, mais l'atmosphère est lourde, presque étouffante. Je ne dis rien. Je ne sais pas quoi dire. Elle non plus, d'ailleurs. Pourtant, il y a quelque chose de différent ce soir. Une lassitude palpable dans ses gestes, dans son regard.
Finalement, c'est elle qui rompt le silence, sa voix à peine plus qu'un murmure.
— Tu te souviens de ton enfance ?
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PURSUED [terminée]
Teen Fiction"Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas" Difficilement, fatiguée, j'ouvre mes yeux. Il n'a pas bougé de place. Je suis trop faible et trop désarmée pour faire ou dire quoi que ce soit. Je suis à moitié nue, seuls mes sous-vête...
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