Chapitre 19. ✔️

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Une semaine. 7 jours. 168 heures. 10 080 minutes à suffoquer sous le poids de cette prison invisible. Je calcule chaque minute écoulée, comme si les chiffres pouvaient alléger ma souffrance. Liam est une ombre. Il est là, mais... absent. Presque inexistant. Il ne bouge que rarement, réduit à l'inaction par sa blessure. Logan l'a contraint au lit, et malgré ma méfiance constante, sa présence s'estompe dans le décor. Un fantôme d'agression.

Il descend parfois pour manger, les deux derniers jours seulement. Parfois, je l'aperçois, tentant des exercices avec son bras, son visage se tordant à chaque mouvement trop brusque. Ses grimaces le trahissent – il souffre. Il n'est pas encore redevenu ce prédateur agile, cette menace palpable. Et pourtant... je sens le danger planer, tel un avertissement silencieux. Un bras affaibli ne signifie pas moins de violence. Juste une autre forme.

Je garde mes distances. Son silence m'arrange. Pas d'échanges forcés, pas de faux-semblants. Je sais qu'il attend. Qu'il guette. Que sous cette immobilité, il n'a pas lâché prise. Qu'il n'est jamais aussi inoffensif que son état le laisse croire.

Hugo reste souvent dans les parages, ses yeux noirs me suivant comme une ombre silencieuse. Quant à Logan, il se contente de ses visites rapides, nettoyant les bandages, veillant à ce que tout reste « propre ». Une ou deux heures, le temps de vérifier l'état de santé de Liam. Trop de temps pour de simples pansements. Que font-ils vraiment? Je n'ose imaginer.

Je serre l'arme contre moi, ce "au cas où" qui résonne dans chaque recoin de mon esprit, chaque mouvement. Le métal froid est devenu mon seul compagnon, la seule certitude dans ce cauchemar. Pourtant, je me demande si ça suffira. Si je suffirai.

Liam est là aujourd'hui. Assis à la table, l'air aussi fatigué que dangereux. Son bras pend toujours dans cette écharpe de fortune. L'autre repose sur la table, ses doigts tapotant doucement, rythmiquement, comme pour marquer le temps qui passe – ou peut-être un avertissement. Je ne peux m'empêcher de le fixer, chaque tic de ses doigts me rappelant que le calme ne durera pas.

— Toujours là ? Sa voix est calme, mais le sous-entendu est clair.

Je reste figée. Si je pouvais attraper une hache et la lui planter entre les deux yeux... peut-être que tout s'arrêterait. Peut-être.

— Toujours en vie ? je rétorque.

Il incline lentement la tête, son cou émet un craquement sourd.

— Je ne suis pas d'humeur à rigoler, Aurélie.

Son ton est tranchant, mais pas menaçant. Il est fatigué. Pas juste physiquement, mais psychologiquement, comme si cette danse entre nous deux l'usait aussi. Pourtant, cela ne me rassure pas. Sa faiblesse le rend plus dangereux encore, car un homme acculé n'a plus rien à perdre.

Je lâche un petit sourire, détournant le regard. J'ai appris à me faufiler dans ces moments. À utiliser ses failles, à m'enfoncer dans mes propres ombres pour survivre. Mais aujourd'hui, c'est différent. Il est affaibli. Je pourrais...

— Tu es réveillée depuis longtemps ? demande-t-il soudain. Sa voix est plus douce, presque curieuse.

Je secoue la tête. Je n'ai pas dormi. Le sommeil est un luxe que je ne me permets plus. Je ne dors plus vraiment. À peine quelques instants de répit volés entre deux cauchemars.

— Ça va toi ? Sa question me prend au dépourvu.

Se soucie-t-il vraiment de mon état ? Je retiens un rire amer.

— Je survis, dis-je finalement, sèchement.

Il rit doucement. Un rire sans joie. Je reste immobile, mes mains tremblantes. Je ne peux plus rester ici. La proximité avec lui, même affaibli, me consume. Je dois bouger. Je dois sortir de cette spirale.

PURSUED [terminée]Des histoires addictives. Découvrez maintenant