64. Colibri et la lune

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J'essaie de ne pas trop me réjouir du fait que Charlotte préfère rester encore un peu avec moi plutôt que de rentrer chez elle, mais c'est presque impossible tant mon corps est en effervescence. Elle semble avoir passé une sale journée quand je l'ai récupérée un peu plus tôt alors je me suis donné l'objectif de la faire sourire. Ce qui a marché, à deux reprises. Le rire sincère qui lui a échappé dans le magasin m'a bouleversé. À ce moment précis, j'avais en face de moi la Charlotte que j'ai connu quelques mois plus tôt, la femme pleine de vie qui laissait le soleil sur son passage.

Sur notre chemin vers Venice Beach, j'entrouvre les fenêtres pour laisser l'air chaud pénétrer dans l'habitacle. Les beaux jours sont déjà là, et les températures qui les accompagnent également. Il fait vingt-trois degrés, si j'en crois ce qui est affiché sur mon tableau de bord. Charlotte fredonne par-dessus la radio, comme elle le faisait avant quand elle montait en voiture avec moi. Je ne sais pas si elle s'en rend compte mais je profite de son inattention pour baisser le son et mieux entendre la mélodie de sa voix.

À peine stationné à proximité du bord de plage, Charlotte a déjà retiré ses chaussures, les pieds dans le sable tandis que je sors à peine de la voiture. Les yeux fermés, elle laisse les rayons du soleil caresser sa peau laiteuse et inspire pleinement l'air marin. Lorsqu'elle sent ma présence, elle tourne légèrement la tête et ouvre un œil.

— On y va ?

Je ne me fais pas prier et prends le chemin aménagé pour nous approcher au plus près de l'océan.

— Je vais avoir besoin d'aide, si ce n'est pas trop te demander. Je vais avoir du mal à avancer dans le sable à partir de là, indiqué-je.

— Attention, ton égo risque d'en prendre un coup face à mes super biceps, plaisante-t-elle en contractant son bras.

— Montre-moi ça, Popeye.

Dos à l'océan Pacifique, Charlotte agrippe les poignées de mon fauteuil et me tire de toutes ses forces. Elle grogne mais parvient tout de même à me faire bouger, et je dois dire que je suis assez admiratif de sa force.

— Et voilà ! Ça te va ici ?

— Ça me va partout où tu seras.

Elle détourne le visage mais j'ai le temps d'apercevoir la rougeur sur ses joues.

— Tu rougis, la taquiné-je.

— Non c'est faux, c'est un coup de soleil, se défend-elle.

Charlotte se plante face à moi et tend ses bras pour m'aider à sortir de mon fauteuil et me poser sur le sable chaud, mais pas brûlant. La rouquine s'allonge à côté de moi, les genoux repliés, les mains en repos sur son ventre. J'en fait autant et me laisse tomber en arrière. Nos épaules reposent l'une contre l'autre mais elle ne se décale pas pour autant.

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