37. Gabrielle

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Le centre d'entraînement olympique se profile devant nous

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Le centre d'entraînement olympique se profile devant nous. Après deux jours de voyage rythmés par l'angoisse, l'entrée n'est plus qu'à quelques centaines de mètres.

Le climat de la région est à l'opposé de celui de Los Angeles. Ici, les températures sont négatives, la neige tombe en gros flocons sur les trottoirs et s'accumule sur les carrosseries des voitures stationnées. Je m'émerveille devant le manteau blanc qui s'étend sur des kilomètres à la ronde et recouvre Les Rocheuses. Je ne crois pas avoir de souvenirs avec de la neige à L.A alors j'immortalise le paysage montagneux dans mon téléphone.

J'ai répété mon speech une cinquantaine de fois – au moins. Si bien que les mots sonnent faux dans mon esprit. Je crois même qu'Ezra aurait aimé me coller un morceau de scotch sur la bouche à force de m'entendre le perfectionner. Mais là tout de suite, alors que la voiture d'Ezra arrive au niveau d'un poste de contrôle, mes poumons se retrouvent privés d'air.

Et si elle refuse de me rencontrer ? Que je représente tout ce qu'elle déteste ? Qui me dit qu'elles étaient encore amies à cette époque ?

Je n'ai jamais envisagé ce scénario plus que probable. Je ne suis déjà même pas sûre d'arriver jusqu'au bâtiment où elle entraîne. L'agent de sécurité inspecte le véhicule avant de nous demander la raison de notre venue. Ezra présente un mail rédigé par Rafael Irigoyen et me désigne comme accompagnatrice. Après un bref appel depuis son poste de surveillance, il lève la barrière et nous donne un badge « VISITEUR » à passer autour du cou.

— Le parking visiteur sera sur votre gauche dans cent mètres.

La voiture tremble légèrement en se remettant en marche et mon cœur se cogne douloureusement contre ma cage thoracique. J'ai toujours rêvé de fouler cet endroit mais le contexte ne s'y prête pas aujourd'hui. La présence du carnet de maman sur mes genou me le rappelle. Si je ne suis pas là en tant qu'athlète olympique, je me fais la promesse d'y revenir en tant que telle.

— Ça va aller.

Je me tourne vers Hot Wheels qui me dévisage, légèrement inquiet.

— Oui, j'espère.

Il se penche vers moi et m'embrasse le front.

— Je serais dans ce bâtiment si jamais tu finis avant moi. Sinon on se retrouve à la voiture, d'accord ? Je penserais à toi.

Je souris timidement puis dépose un baiser chaste sur ses lèvres avant de sortir de la voiture.

Ezra m'adresse une dernière parole encourageante et disparaît de mon champ de vision lorsqu'il s'engouffre derrière les portes aux vitres teintées. Seule, je me motive et ordonne à mes jambes de se mettre en mouvement. Les lieux me fascinent. Des statues en bronze mettent en scène l'effort sportif et les valeurs olympiques. Sur mon chemin, des sportifs prennent la direction de leur centre d'entraînement, plus ou moins chargés. Je manque de me faire bousculer par des athlètes qui sentent le chlore ou le camphre pas moins de cinq fois. Je jette un œil au plan que j'ai trouvé sur internet mais il est loin d'être clair. J'ai beau le retourner dans tous les sens, chercher des indications sur les façades, rien.

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