30. Bataille

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mirrorball – Taylor Swift

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mirrorball – Taylor Swift



Si Scott Manning pense que je vais me laisser faire, il se met le doigt dans l'œil.

Ça m'est égale qu'il m'interdise de participer au championnat de la côte Ouest mais il ne peut pas me maintenir à l'écart du club pendant deux semaines. En tout cas, je ne le laisserais pas gagner cette bataille. J'ai réussi l'impossible avec cette figure et je compte bien retrouver ma place de titulaire avant les nationales.

Je n'ai rien dit à tante Liz ou à qui que ce soit à la maison. Je ne veux pas que ça dégénère, que Manning rallonge ma suspension ou que tante Liz me sermonne. Après tout, j'avais promis de ne pas laisser la gymnastique me monter à la tête et c'est exactement ce qui arrive. Tous les matins, elle pense que je pars plus tôt pour aller réviser à la bibliothèque alors que je vais courir dix kilomètres, avant de me faufiler dans les vestiaires de la fac pour me doucher avant les cours.

J'ai laissé passer le week-end, laissant le temps à Manning de redescendre en pression et à moi de recharger les batteries, afin de ne pas prendre de décision stupide. Ce que j'ai eu tendance à faire ces derniers temps. Aujourd'hui, fini de me lamenter sur mon sort. Je n'atteindrais jamais le niveau de ma mère en restant passive.

Je passe devant le miroir sur pied situé dans un coin de ma chambre sans regarder mon reflet et me dirige dans la salle de bain. Le plus silencieusement possible, j'attrape le pèse-personne. C'en est devenu une routine matinale, la journée ne peut pas bien commencer si je ne contrôle pas mon poids.

Quarante-neuf kilos.

Je suis passée avec brio sous la barre des cinquante kilos.

Dans tes dents, Manning.

Satisfaite par les chiffres données par la balance, je m'habille en vitesse de mes vêtements amples et descends dans la cuisine où tante Liz prend son petit-déjeuner. Elle lève les yeux de ses mots fléchés et me sourit.

— Ça va, ma puce ?

Je commence à vraiment détester cette question !

— Ouais, pourquoi ? froncé-je les sourcils.

— Je ne sais pas. Tu as l'air éreintée en ce moment... et puis t'as maigri.

— Ça vaaaa ! Tout le monde s'inquiète mais je vais bien, ok ? Je m'entraîne beaucoup, c'est tout. Je savais à quoi m'attendre en m'engageant dans le haut-niveau.

Elle soupire et repose son carnet de mots fléchés.

— Je suis ta tante, c'est normal que je m'inquiète. Tu peux tout me dire, je suis là pour ça. Tu n'as presque pas touché à ton assiette hier soir ni...

— Est-ce que tout le monde pourrait arrêter de fliquer ce que je mange ? cinglé-je. Si ça peut te faire plaisir, je meurs de faim ce matin !

C'est la vérité. J'ai une faim de loup ! Je peux bien m'accorder un bon repas pour me féliciter de mes efforts, non ? Un petit-déjeuner copieux ne me fera pas de mal pour une fois. Et puis je compenserais avec le sport.

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