"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
mirrorball – Taylor Swift
Si Scott Manning pense que je vais me laisser faire, il se met le doigt dans l'œil. Et il peut s'étouffer avec.
J'ai réussi l'impossible avec cette figure. Il m'a sélectionnée pour les compétitions à venir, il ne peut pas me maintenir à l'écart du club pendant deux semaines. En tout cas, je ne le laisserais pas gagner cette bataille.
Je n'ai rien dit à tante Liz ou à qui que ce soit à la maison. Je ne voulais pas que ça dégénère, que Manning rallonge ma suspension ou que tante Liz me sermonne. Après tout, j'avais promis de ne pas laisser la gymnastique me monter à la tête et c'est exactement ce qui arrive. Tous les matins, elle pense que je vais m'entraîner au club alors que je vais courir dix kilomètres, puis je rejoins la fac et me faufile dans les vestiaires pour me doucher avant les cours.
J'ai laissé passer le week-end, laissant le temps à Manning de redescendre en pression et à moi de recharger les batteries, afin de ne pas prendre de décision stupide. Ce que j'ai eu tendance à faire ces derniers temps. Aujourd'hui, finis de me lamenter sur mon sort. Je n'atteindrais jamais le niveau de ma mère en restant passive.
Je passe devant le miroir sur pied situé dans un coin de ma chambre sans regarder mon reflet et me dirige dans la salle de bain. Le plus silencieusement possible, j'attrape le pèse-personne. Il me faut deux seconde de plus pour monter dessus. C'en est devenu une routine matinale. La journée ne peut pas bien commencer si je ne contrôle pas mon poids.
Quarante-sept kilos.
Je suis passée avec brio sous la barre des cinquante kilos.
Dans tes dents, Manning.
Satisfaite par les chiffres données par la balance, je m'habille en vitesse de mes vêtements amples et descends dans la cuisine où tante Liz prend son petit-déjeuner. Elle lève les yeux de ses mots fléchés et me sourit.
— Ça va, ma puce ?
Je commence à vraiment détester cette question !
— Ouais, pourquoi ? froncé-je les sourcils.
— Je sais pas. Tu as l'air éreintée en ce moment... et puis t'as maigri.
— Ça vaaaa ! Tout le monde s'inquiète mais je vais bien, ok ? Je m'entraîne beaucoup, c'est tout. Je savais à quoi m'attendre en m'engageant dans le haut-niveau.
Elle soupire et repose son carnet de mots fléchés.
— Je suis ta tante, c'est normal que je m'inquiète. Tu peux tout me dire, je suis là pour ça. Tu n'as presque pas touché à ton assiette hier soir ni...