"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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All I Want – Kodaline
Août 2028, Los Angeles
Je l'ai fait.
Le chemin a été pavé d'embûches et de galères, des mauvaises notes, mais j'ai réussi à entrer dans la sélection nationale et à jouer la finale paralympique de basket-fauteuil. Tout le monde était là : Les parents se tenaient dans les gradins et agitaient mon ancien maillot des Bruins de UCLA. À côté d'eux, Rachel et Charlotte criaient à tue-tête pour nous encourager, leur médaille d'or par équipe et leurs médailles individuelles encore fraîches autour de leur cou. Ouais... elles l'ont fait elles aussi. Elles ont réussi à intégrer l'équipe olympique de gymnastique et ont concouru il y a quelques semaines. Même Jaxon et le coach Minnick étaient là, avec un air plus sérieux que les autres, m'intimant presque de ne pas tout foirer.
Le match était transcendant, digne de mes rêves les plus fous. La balle nous échappait, nous revenait. Les pneus crissaient sur le parquet, le public éclatait de joie à chaque panier marqué. Galvanisé par Rafael et les coachs, j'ai donné tout ce que j'avais. Ce match je l'ai vécu comme ma revanche sur la vie. J'ai espéré ce moment pendant des années et il est passé tellement vite que je voudrais le revivre en boucle. Lorsque le coup de sifflet final et le tableau des scores nous annonçait champions paralympiques, Rachel et Charlotte ont dévalé les marches pour investir le terrain. Mon Colibri m'a sauté dessus pour m'embrasser et Rachel pleurait de fierté. J'aurais aimé que tu vois ça, Lucy.
Enfin je suis sûr que tu l'as vu, de là où tu es. Je sais aussi que tu étais avec moi à chaque action du match. J'ai déjà hâte de te raconter ça quand je te verrais dans un de mes rêves. Ce soir, je l'espère.
Tu me manques toujours autant, je ne passe pas un jour sans penser à toi. Ça fait déjà cinq ans et huit mois que tu es partie mais j'ai toujours l'impression que c'était hier. J'aime croire que tu as mis Charlotte sur mon chemin il y a bientôt six ans pour qu'elle m'aide à supporter ton absence. On s'est sauvés l'un et l'autre à l'époque mais elle me sauve encore, plus qu'elle ne l'imagine. Je vais l'épouser dans quelques minutes, donc je voulais t'écrire juste avant d'échanger mes vœux. Je sais que tu adores la plage, c'est pour ça qu'on a choisi de nous marier ici. Je sais ce que tu me dirais : que je n'ai pas à stresser et que j'ai fait le bon choix pendant que tu ajusterais mon costume. Elle est mon tout, et j'ai déjà hâte de passer le reste de ma vie avec elle. Il me tarde de la voir dans sa robe. Je stresse un peu mais je n'ai jamais été aussi sûr de moi.
Parfois j'imagine à quoi la vie ressemblerait si tu étais encore là. Ça me serre le cœur de t'intégrer dans tous les scénarios auxquels je pense mais ça me fait aussi sourire parce que dans ces moments-là, je peux presque te sentir à côté de moi.
Je sais que tu ne nous as jamais vraiment laissé. Tu es là dans chacune de mes victoires, tu es là quand Rachel rit trop fort, tu étais dans le regard fier des parents quand j'ai reçu la médaille autour du cou, tu es là dans la façon dont Charlotte m'aime.