"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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Perfectly Broken – BANNERS
En ouvrant les yeux ce matin, j'ai entendu les oiseaux chanter. C'est un des nombreux détails auxquels je n'ai pas fait attention ces derniers mois. Allongée sur le dos, les mains sur mon abdomen, je fixe le plafond depuis une bonne demi-heure, Kylo confortablement installé sur mes jambes, et les écoute siffler mélodieusement.
Manning a été transféré en détention provisoire en attente de son procès, comme me l'avait assuré le lieutenant Barnett, il y a quelques jours. Au club, le changement est imminent. Depuis que la nouvelle a fait le tour d'Internet et des médias télévisés, les soutiens affirmés de nos coéquipiers pleuvent de tous les côtés. Les entraînements doivent bientôt reprendre et Igor a pris la tête de la direction en attendant que la fédération nomme un nouveau directeur.
Je suis libre, pourtant j'ai l'impression que quelque chose cloche. Il est derrière les barreaux. Ces mots devraient m'aider à mieux respirer après des mois d'apnée mais je cherche encore à préserver mon souffle, attendant le moment où je vais replonger dans les abysses. J'ai le sentiment que je ne profite pas de cette nouvelle situation. Je devrais chanter, danser, sauter dans tous les sens mais quand bien même il se retrouve enfermé, j'ai cette sensation qu'il réside malgré tout dans les silences qui m'entourent.
Jusqu'à aujourd'hui, j'avais une raison de me battre, sauf que maintenant, il n'y a plus d'ennemi à affronter au quotidien. Il n'y a que moi, et toutes les nouvelles personnes que je peux devenir.
La porte de ma chambre s'ouvre dans un léger grincement et laisse apparaître les têtes de Spencer et Riley derrière le battant.
— On peut entrer ? demande la petite dernière.
— Vous êtes toujours les bienvenues ici, réponds-je en tapotant mon matelas.
Mes cousines ne se font pas prier et viennent se blottir contre moi, de chaque côté de mon lit.
— Comment tu te sens ? s'enquiert Spencer.
— Bien, je crois. J'ai juste encore un peu de mal à réaliser qu'il ne sera plus là mais ça va venir.
— T'es mon modèle, Lottie. Je suis super fière d'être comme ta petite sœur, me souffle Riley.
— Tu n'es pas « comme ma petite sœur ». Tu l'as toujours été, Ley.
— C'est méchant si j'espère qu'un autre détenu lui règle son compte ? s'enquiert Spencer.
— Un peu, mais ce n'est pas moi qui vais t'en empêcher.
— Cool. Alors dans ce cas je lui souhaite vraiment le pire du pire ! ponctue-t-elle d'un ton joyeux.
Riley et moi éclatons de rire lorsque Spencer se lève et se dirige vers mon bureau. Intriguée, je la suis du regard et la vois ouvrir un des tiroirs pour en tirer la médaille d'or de maman ainsi qu'une punaise, et la suspendre à nouveau sur le tableau en liège.