"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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C'est avec beaucoup d'appréhension que je charge mon sac de voyage dans le coffre d'Ezra, entre le sien et son fauteuil de sport. C'est près de dix-huit heures de route qui nous attendent pour traverser les quelques mille cent-soixante-dix miles et les trois états qui nous séparent de Colorado Springs. Rafael Irigoyen et le comité de recrutement ont proposé de lui payer le billet d'avion mais étant donné qu'il est encombré de ses deux fauteuils, il semblait plus facile pour Hot Wheels de faire le trajet en voiture.
À la fenêtre passager, Tante Liz me demande pas moins de six fois si je suis sûre de moi. Quand je lui ai annoncé vouloir aller à Colorado Springs pour rencontrer l'ancienne amie de maman, elle a essayé de m'en dissuader. Sauf qu'au point où j'en suis, rien ne peut me faire changer d'avis. Elle m'embrasse le front avec une douceur maternelle et Oncle Derek nous souhaite bon voyage et intime à Ezra de prendre soin de moi.
— Prête ? me demande Hot Wheels lorsque j'attache ma ceinture.
— Prête.
Il est encore tôt. Pas plus de huit heures mais nous comptons bien avaler le plus de kilomètres possible aujourd'hui. L'air frais matinal est encore chargé des effluves salées de l'océan. Nous n'avons pas encore tout à fait quitté Los Angeles que je demande au pilote :
— T'es vraiment sûr de vouloir conduire pendant dix-huit heures ?
— Pourquoi pas ? répond-il en haussant les épaules. C'est apaisant, et ça permet de découvrir le paysage. Et puis j'ai ta compagnie.
— Je suis la pire co-pilote que tu puisses avoir, le préviens-je.
— Drew existe.
Je ricane malgré moi mais je ne sais pas si Ezra sait dans quoi il s'engage avec ce road-trip improvisé. Je parle beaucoup, chante à tue-tête par-dessus la radio et m'assure qu'on suive bien la bonne direction.
— J'aime bien moi quand tu parles.
— Redis-moi ça dans deux heures. T'es vraiment sûr de vouloir conduire pendant autant de temps ? C'est pas trop inconfortable pour toi ? Je pourrais conduire si jamais tu veux faire une pause.
— Relax, Colibri. Ça va aller, détends-toi et profite de la route.
Il monte le volume de la radio et une vieille chanson de Taylor Swift grésille dans les haut-parleurs. Je me redresse sur mon siège.
— Wow, depuis quand ils diffusent Our Song à la radio ?
— Elle est plutôt connue, non ?
Je lui réponds que oui, mais cette chanson a seize ans. Quand j'entends Taylor à la radio je m'attends surtout à un single de son dernier album ou quelque chose d'assez mainstream que plus personne ne peut entendre tellement ça a tourné sur les ondes. Comme Shake It Off ou We Are Never Ever Getting Back Together. Ezra sourit alors que je me dandine légèrement au rythme du banjo et des percussions.