"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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« I used to shine bright like gold, now I'm all indigo »
Indigo - Sam Barber, Avery Anna
IMPORTANT : Avant votre lecture, j'aimerais vous alerter sur le caractère sensible de ce chapitre car il contient unescène explicite de tentative de suicide par sectionnement (TW : lames et sang).N'hésitez pas à venir dans mes dm sur instagram si vous avez besoin (sarah.andherbooks).
Merci d'avoir lu cette mise en garde 💗
Il y a des jours où respirer, vivre, fait mal.
Celui-ci en fait partie.
Chaque nouvelle journée est un supplice, un nouveau calvaire à affronter.
Je m'endors par épuisement. Parce que mon corps est trop faible pour mener les batailles médiatiques qui me tombent dessus depuis deux semaines. Ça n'a rien de reposant, c'est un sommeil qui n'apaise rien. Je me réveille encore plus éreintée que la veille.
Le lieutenant Barnett n'a toujours aucune piste sur la localisation de Scott Manning, et à force, je désespère malgré son précieux soutien. La police m'a de nouveau interrogé pour confirmer ma déposition, comme si je pouvais un jour oublier tout ce qu'il m'a fait, comme si les faits changeraient d'un jour à l'autre. C'était particulièrement humiliant, d'être traitée comme une criminelle et non pas écoutée comme une victime.
Je ne souhaite à personne de vivre avec ça. D'être condamné à voir en chaque homme celui qui vous a tout volé, de passer ses journées à essayer de se reconstruire, brique par brique, dans un éternel recommencement puisqu'on s'effondre le soir-même après avoir fait semblant d'être forte devant les autres.
Comme les jours précédents, lorsque la nuit pointe le bout de son nez et que ma tête commence à penser trop fort, je pars courir pour me vider l'esprit, vêtue de mon sweat à capuche noire. Au bout de quelques minutes de course, il se met à pleuvoir des cordes mais je ne ralentis pas pour autant. La pluie frappe mon visage comme une gifle glacée et gorge mes baskets d'eau. Je dérape sur les trottoirs qui luisent sous les réverbères, mes cheveux me collent au front et mes vêtements dégoulinent mais je ne cherche pas d'abri. Je cours, encore et toujours, de crainte d'être rattrapée par mes démons.
J'arrive en haut de l'observatoire Griffith et m'approche du point de vue panoramique pour contempler la ville qui brille de mille feux. En ce moment, c'est dans la solitude que je me supporte le mieux. Je me dis que la solution, c'est peut-être de fuir, de ne rien dire à personne et ne plus donner de nouvelles.
De disparaître. Comme l'a fait Ezra.
Je reste plantée là longtemps, abritée sous un renfoncement le temps que la pluie se calme, à chercher une raison de rester et de me battre, d'y croire. Mais je n'en trouve aucune.