29. Extinction solaire

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« Yeah, you bleed just to know you're alive »

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« Yeah, you bleed just to know you're alive »

Iris - The Goo Goo Dolls


Il y a quelque chose qui ne va pas avec Charlotte. Pour la faire courte : je ne l'ai pas revu depuis notre... cours particulier. Et pour être particulièrement honnête, je ne sais pas quoi faire. Je ne lui ai pas envoyé de message pour m'assurer qu'elle allait bien.

Quel con.

Que dire, en même temps ? « Merci pour l'orgasme, c'était cool ! On remet ça ? ».

À l'époque où je m'envoyais encore en l'air, les filles savaient à quoi s'en tenir. J'avais l'habitude des nuits sans attaches mais avec Charlotte c'est différent. Cette nuit à un goût d'inachevé. Comme se réveiller au point culminant d'un rêve et chercher à se rendormir pour connaître la suite qui n'arrive jamais.

Peut-être qu'elle m'évite.

C'est donc ça, se prendre un râteau ? Bah putain, c'est franchement naze. Je suis très irritable depuis.

Je manœuvre dans la cuisine ouverte, à la recherche de quoi me préparer un en-cas avant d'aller à ma séance de kiné. Peut-être que je verrais Charlotte là-bas. Je ne veux pas penser à elle parce que je repense à notre nuit torride et conduit au fait qu'elle m'ignore depuis mais c'est plus fort que moi. Je pense tout le temps à elle. À la douceur de son sourire et aux étoiles dans ses yeux. À ses cicatrices et à ses taches de rousseur.

Trente-deux. Elle en a exactement trente-deux éparpillées sur son nez et ses pommettes. Et je me déteste de savoir ça.

Dans le salon, de l'autre côté de l'îlot, Drew et Rachel m'épient avec espièglerie et commentent mes faits et gestes depuis le canapé.

— Vous voulez pas une photo par hasard ? Ça dure plus longtemps, je peste à leur encontre.

— Oh frangin, si tu savais à quel point tu es divertissant.

— T'as même pas idée, renchérit mon meilleur ami.

Ce dernier allonge ses grandes jambes sur la table basse et croise les mains dans sa nuque. Rachel lui donne un coup dans le bide pour lui demander de se tenir correctement. Je continue de les ignorer et rassemble mes ingrédients sur le plan de travail.

— On attends, mec.

— Attendez quoi, exactement ?

— Que tu nous dises d'où viennent les putains de suçons dans ton cou.

Ah ça, mec.

— Aïe ! m'exclamé-je en pinçant les doigts dans le tiroir à couverts.

DaylightOù les histoires vivent. Découvrez maintenant