"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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L'ambiance du Pauley Pavilion vibre jusque dans les murs des vestiaires. À chaque phrase prononcée par le chauffeur de salle, le public d'étudiants éclate dans un rugissement. Je suis à la bourre et roule le plus vite possible à travers les couloirs pour retrouver mon équipe. Le coach va me tuer si je suis pas là pour le discours d'avant-match. Enfin, si je le croise dans le couloir là maintenant tout de suite, il y a des chances pour que je n'arrive même pas en vie pour le traditionnel briefing.
Je dérape au détour d'un couloir lorsque je manque de renverser la personne qui arrive à contre-sens et qui s'avère être mon meilleur ami.
— Putain, mec fais gaffe ! dis-je en m'arrêtant brutalement.
— Toi, fais gaffe ! On devrait inventer un code de la route rien que pour toi, Flash McQueen.
J'expire l'air de mes poumons que je retiens depuis bien trop longtemps, dans un semblant de soulagement.
— Sur une échelle de 1 à 10, le coach est énervé à combien ?
— T'as pas envie de le savoir, crois-moi, grimace-t-il alors qu'il pousse mon fauteuil en courant. Repose-moi un peu ses bras, tu vas en avoir besoin, mon pote.
Je m'autorise un moment de relâchement, laissant Drew manœuvrer dans le dédale de l'Arena. Drew a raison, inutile de fatiguer mes muscles avant le début du match. Mon épaule droite me lance déjà, si je me blesse davantage je ne serais d'aucune utilité sur le terrain.
— C'est moi ou tu couines ? remarque-t-il.
C'est là toute la raison pour laquelle je suis en retard. Dans la famille « galère d'handicapé » je demande les pneus crevés. J'ai l'habitude de certaines galères, notamment des lieux publics où il n'y a pas de rampes d'accès, ou des ascenseurs hors-service. J'ai même appris à emprunter les escalators mécanique avec mon fauteuil au cas où je me retrouve bloqué aux étages supérieurs. Les trottoirs étroits ou cabossés, les voitures qui bloquent le passage, ça fait partie de mon quotidien. Mais crever les deux pneus de mon fauteuil en même temps, c'est une première. Même en voiture ça ne m'est pas arrivé encore.
— C'est mon ancien fauteuil, les pneus ont crevés sur l'autre. Mon fauteuil de basket est dans le vestiaire.
— Oh bordel, mec ça tombe tellement bien ! J'ai justement dit au coach que t'avais crevé, éclate-t-il de rire.
Au bout du couloir qui mène à notre vestiaire, le coach fulmine contre un assistant. Drew et moi profitons qu'il ait le dos tourné pour entrer discrètement dans la pièce chaude et odorante.