54. Retour à la maison

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« Buth then he watched me watch the front door all night, willing you to come, and he said "it supposed to be fun turning 21 »

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« Buth then he watched me watch the front door all night, willing you to come, and he said "it supposed to be fun turning 21 »

All too well (10 minute version) – Taylor Swift



En gymnastique, il y a un phénomène qui s'appelle les « twisties ». C'est quand le corps et l'esprit se dissocient pendant une acrobatie. La gymnaste perd tous ses repères lorsqu'elle est dans les airs, elle n'a plus aucun contrôle sur son corps ou sur ce qu'il fait. Elle part littéralement en vrille, ne sachant plus où est le haut ou le bas de son corps, elle ne sait pas quand il faut atterrir.

Quand ça nous arrive, c'est le signe qu'il faut ralentir, respirer un grand coup et se reconstruire étape par étape pour retrouver son équilibre.

Dans les heures qui ont suivies mon réveil, j'ai eu le droit à un entretien psychologique complet durant lequel la psychiatre m'a posé tout un tas de questions : mon acte, pourquoi j'en suis arrivée là (il a fallu que je raconte à nouveau tout ce qu'il s'était passé), si j'ai encore envie de mourir et si je compte récidiver (ce que j'ai trouvé assez morbide sur le coup). On a également parlé de mes troubles du comportement alimentaire et de ma prise de stupéfiant. Au bout de cet entretien, la psychiatre a conclu que je ne suis plus un danger pour moi-même mais que face au syndrome de stress post-traumatique, il était nécessaire que je sois hospitalisée en centre de repos.

Un nom bien poli pour parler d'un hôpital psychiatrique.

Je pense que j'abuse un peu, étant donné que j'y suis depuis deux semaines. L'endroit n'est pas si horrible que ça. Je peine même à croire que la clinique est située aux abords de Los Angeles. Il y a un grand parc à notre disposition, et on a même la possibilité d'emmener Rocket, le berger australien du centre, en ballade avec nous. Nos proches peuvent aussi nous rendre visite quand ils le souhaitent. En contrepartie, j'ai des séances avec un psychiatre une fois par semaine pour ajuster mon traitement, puis trois fois par semaine avec la psychologue pour parler de l'ensemble de mes traumatismes. Cela se fait aussi avec l'intervention de la diététicienne pour mes troubles du comportement alimentaire, et d'un addictologue pour la mise en place du sevrage de la speed.

Le Dr. Kent m'a également invitée à des thérapies de groupe. J'ai d'abord refusé, par peur d'être jugée, ou de ne pas savoir quoi dire, avant d'accepter. Dans mon cas, je me retrouve deux fois par semaine avec douze autres filles, âgées de 16 à 23 ans. On échange sur nos vécus, sans pression. Aucune de nous n'est obligée de parler, certaines ne l'ont jamais fait d'ailleurs. Les sujets sont plutôt libres, on aborde ce que l'on souhaite. Parfois on ne prend pas la parole, mais on dessine, on écrit, on se réapproprie notre corps.

À la fin de chaque séance, il faut dire quelque chose de positif, mentionner quelque chose ou quelqu'un auquel on se raccroche.

— Et toi, Charlotte ? À quoi te raccroches-tu, pour terminer cette séance ?

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