"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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this is me trying – Taylor Swift
Il y a des jours où tout va de travers. Comme si vous aviez rompu l'espace-temps, que les pôles magnétiques de la Terre ont soudainement été inversé ou que vous avez déclenché la colère des Dieux, et qu'absolument tout semble se liguer contre vous.
Aujourd'hui j'ai l'impression que c'est les trois en même temps.
Je suis déjà sur les nerfs depuis que les parents ont énoncé leur intention de débrancher Lucy mais ça ne va pas en s'arrangeant ces derniers jours.
Sur trois devoirs rendus, deux n'ont pas reçu la moyenne. Et pour couronner le tout, mes entraînements se passent mal. Le coach Minnick m'a même menacé de me laisser sur le banc jusqu'à que je décroche au moins un B à mon prochain devoir. Ce qui est loin d'être gagné.
J'avance difficilement dans les allées du campus pour rejoindre la bibliothèque. Les valides vont toujours plus vite que moi, me coupent la route et manquent de bousiller mon fauteuil. Certains m'adressent même des œillades furieuses comme si c'était moi le problème. Bande d'abrutis.
J'aperçois Charlotte, arrivant droit vers moi. Elle est plutôt difficile à ignorer une fois que votre regard s'est posé sur elle. Dans sa jupe portefeuille verte à fleurs, son débardeur blanc et son casque sur les oreilles, elle lit ses notes de cours tout en faisant du play-back. Absorbée par les musiques qu'elle écoute, elle tournoie et sautille, sans se soucier du regard des autres étudiants. J'accélère alors pour réduire la distance entre nous mais une espèce de... brindille vient coincer le mécanisme d'une de mes roues et me bloque. Je jure et me penche pour la retirer lorsque mon sac à dos tombe à son tour à mes pieds. Et forcément il est ouvert.
La rupture de l'espace-temps et tout le tralala...
— Putain mais merde à la fin ! m'écrié-je.
Plusieurs têtes se tournent vers moi comme si j'étais mentalement dérangé, dont celle de Charlotte. Elle s'approche d'un pas rapide et s'abaisse pour regrouper mes affaires.
— Attend, je vais t'aider ! propose-t-elle.
— Je n'ai pas besoin d'aide, je sais encore me débrouiller.
Mes mots ont un goût amer sur ma langue. Charlotte n'y prête pas la moindre attention et continue d'empiler mes cahiers. Ses cheveux sont rassemblés dans une tresse posée sur son épaule.
— Merci.
— Dure journée ? demande-t-elle en me tendant le premier tas qu'elle vient de faire.
— « Dure » est un euphémisme.
Toujours accroupie devant moi, elle remet le reste de mes affaires à l'intérieur du sac mais s'attarde un peu plus longtemps sur la mauvaise note que j'ai reçu il y a quelques minutes.