41. Adieux

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Lost Without You - Freya Ridings

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Lost Without You - Freya Ridings



Il pleut.

Le ciel d'habitude si bleu et ensoleillé de la Cité des Anges est d'un gris profond, comme s'il s'était joint à notre tristesse pour l'enterrement de Lucy.

Elle est morte il y a quatre jours.

Et je ne suis plus qu'une moitié d'âme depuis.

Incapable de faire quoi que ce soit depuis le coup de poignard du médecin, c'est ma mère qui noue ma cravate noire. Comme son cœur.

La regarder dans les yeux est au-dessus de mes forces, alors je tourne la tête vers la fenêtre où les lourdes gouttes de pluie s'écrasent contre le carreau, chacune traçant un chemin unique. J'entends ma mère m'appeler à plusieurs reprises mais je reste silencieux, comme je le fais depuis que j'ai su. Ses doigts effleurent ma joue mais je me recule, dégoûté par son contact. Sa main retombe lourdement contre sa robe sombre.

— Au moins, elle ne souffre plus maintenant, souffle-t-elle.

Mais moi si, maman. Atrocement.

C'est fou à quel point le silence peut être assourdissant, comment il amplifie le cri intérieur de vos douleurs. Vivre me demande un effort considérable, chaque respiration, chaque battement de cœur est un supplice me rappelant inévitablement ce que je vais devoir supporter le restant de mes jours.

C'est de ma faute. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même.

Je fuis le sommeil, ou plutôt les images de Lucy qui m'envahissent à chaque fois que je ferme les yeux. Je reste éveillé pour ne pas la voir mourir une énième fois, et attend que le temps passe. Je vois le soleil disparaître au profit de la lune puis réapparaître en deux battements de cils, dans la même position que dans celle que j'étais quand il a quitté le ciel.

Mon père a reçu la lourde tâche de me laver, de me torcher et de me faire avaler quelque chose puisque je ne le fais pas moi-même. Je crois avoir reçu la visite de Jaxon et Charlotte mais j'étais trop anesthésié pour capter quoi que ce soit, tout est flou. Tout ce dont je me souviens ces derniers jours, c'est d'être sorti de l'hôpital après avoir passé six heures dans la chambre de Lucy comme si ça avait pu la ramener, et d'avoir roulé jusque chez Charlotte. Rachel a dû le lui dire car il était près de deux heures du matin, pourtant, elle m'attendait sur le porche. Malgré tout ce qu'elle venait d'apprendre, elle était là. C'est seulement quand j'ai vu ses larmes que les miennes se sont mises à couler. Je suis tombé de mon fauteuil, à ses pieds et j'ai hurlé comme jamais auparavant tandis qu'elle me tenait.

Nous sommes restés un long moment dans cette position inconfortable et je me rappelle seulement d'avoir été dans mes draps au petit matin. J'aurais préféré ne jamais me réveiller de ce cauchemar.

Ils l'ont débranché sans que je puisse lui dire adieu.

C'était ma sœur. Je devais la ramener saine et sauve à la maison, au lieu de ça je l'ai tuée.

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