"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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« Scared I'll die of uncertainty, Fear might be the death of me »
Doubt (demo) – Twenty One Pilots
La ferveur du match redescend doucement à mesure que les gradins se vident mais l'adrénaline continue de couler dans mes veines. Mon cœur bat encore frénétiquement, se remémorant chaque action venant des joueurs, en particulier Ezra.
Chaque fois qu'il foule le parquet avec son fauteuil, c'est un autre homme. Plus rien n'existe pour lui en dehors de son jeu et de ses coéquipiers ; plus rien n'existe à mes yeux à part lui.
Je pense si fort à Ezra que j'ai l'impression que n'importe qui peut entendre ce qu'il se passe dans ma boîte crânienne. Mes sentiments à son égard ne relève plus de la logique, ni de la raison. Ezra est devenu une constante, un point d'ancrage dans ma vie chaotique.
Avec Rachel, nous l'attendons patiemment, adossées contre l'une des vitres du Pauley Pavilion. Les spectateurs quittent le campus en une foule compacte, faite de bleu et d'or ; de blanc, de rouge et de noir, couleurs de nos adversaires dont les visages fermés traduisent la défaite.
— C'était qui le mec en costume qui parlait avec Ezra avant le début du match ? demandé-je à mon amie.
Elle lève les yeux de son écran de téléphone, la paille de son soda toujours dans la bouche.
— Rafael Irigoyen, un recruteur. C'est un peu sa Taylor Swift du basket.
Je glousse, tout en ressentant une pointe de fierté de savoir qu'il a été abordé par quelqu'un qu'il admire. Il est si proche de son but.
Une nouvelle salve de supporters franchit les portes. Trois étudiants vêtus de sweat de l'université de l'Utah sortent en riant. Lorsqu'ils nous aperçoivent, ils s'approchent d'une démarche qui se veut séductrice. Je donne un coup de coude dans le bras de Rachel pour attirer son attention. Elle roule des yeux et soupire, lasse.
Le plus grand d'entre eux, un brun aux yeux bleus, prend la parole en premier :
— Je pense que des félicitations sont de rigueur ?
— Oh, nous n'y sommes pour rien. Ce n'est pas nous qui jouions, réponds-je.
— Oui mais avoir de jolies filles dans les gradins qui hurlent votre nom, ça motive, ajoute-t-il d'un ton enjôleur.
— Il faut dire que c'est parfois le seul moment où vous arrivez à faire crier une fille, lance Rachel.
Les potes du bruns ricanent, mais ce dernier ne se laisse pas intimider par la provocation de Rachel.
— Et si on enterrait la hache de guerre ? Eliott, tend-il sa main. Et voici, Marlon (il désigne le grand métis aux yeux dorés) et Tobey (le blond aux yeux rapprochés).