"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
False God – Taylor Swift
Charlotte arrive pour notre cours particulier vers dix-huit heures. Vêtue de la veste du club et chargée de son sac de sport, je devine qu'elle arrive directement de son entraînement. Ses cheveux roux qui encadrent tous les jours son visage sont relevés en un chignon informe dont quelques mèches caressent sa nuque. Chacun de ses traits doux ressort avec une élégance naturelle.
Elle est époustouflante.
D'une beauté enchanteresse.
Du genre qui donne envie de se perdre dans l'océan de ses yeux, de se brûler les ailes avec sa personnalité solaire.
Son sourire disparaît aussitôt, au profit de ses yeux écarquillés quand elle remarque l'hématome violet qui couvre une partie de mon os zygomatique et de ma tempe. Ses doigts froids, m'inondent pourtant d'une chaleur inattendue en effleurant ma pommette.
— Mon dieu, qu'est-ce qui t'es arrivé ?! s'inquiète-t-elle en me suivant dans ma chambre.
— J'ai reçu un ballon en pleine tête à l'entraînement, mais ça va. Ça ne fait presque plus mal, Colibri, dis-je pour la rassurer.
En vérité, ça fait un mal de chien quand les muscles de mon visage travaillent mais je ne le montre pas, ne voulant pas l'inquiéter.
Elle retire ses baskets sur le pas de ma porte et s'assoit sur mon lit. Je récupère les bouquins sur mon bureau et m'installe à ses côtés.
— On commence par quoi ?
— Les muscles et leurs actions, tu vas voir ça va être super fun !
Le sarcasme avec lequel elle prononce ces mots n'annonce rien de bon. Et j'ai raison.
L'heure qui s'écoule est particulièrement laborieuse. Je suis une vraie plaie en anatomie fonctionnelle. Alors quand Charlotte me demande de nommer les muscles engagés dans l'adduction du bras ou de la flexion du genou, mon cerveau a décidé de ne fournir aucun effort. À plusieurs reprises, elle me force à répéter ce qu'elle vient de m'apprendre, utilise des moyens mnémotechniques pour faciliter la distinction entre adduction et abduction.
Finalement, ça paie. Tandis que j'énumère les muscles de la jambe responsable des différents mouvements, elle hoche la tête à plusieurs reprises et semble satisfaite.
— Et donc l'adduction de la cuisse c'est... le muscle gracile ! terminé-je.
— Enfin ! s'exclame-t-elle en levant les poings vers le plafond. Maintenant, tu me fais la même chose à ta prochaine évaluation et t'as un A les doigts dans le nez !