66. Numéro inconnu

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Rescue - Lauren Daigle

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Rescue - Lauren Daigle


À l'aide de mes avant-bras, je hisse mon corps en haut des escaliers. C'est plus difficile que ce que j'imaginais. Je m'arrête à plusieurs reprises pour remonter mon pantalon qui essaie de se faire la malle. Finalement, j'aurais dû dire oui à mes parents quand ils ont proposé d'installer un monte-escalier après l'accident. D'ailleurs, s'ils n'étaient pas au boulot ce matin, ils me tueraient chacun leur tour pour être monté.

C'est notre anniversaire, et je voulais – comme les années précédentes – aller réveiller ma sœur. Quand l'un de nous trois se levait, il se rendait dans la chambre de l'un de nous pour avoir un allié, puis à deux, nous allions réveiller celui qui dormait encore. Le fait est que je perdais presque tous les ans. Rachel et Lucy parvenaient toujours à s'allier car elles étaient plus matinales que moi.

Je parviens à l'étage, en nage et essoufflé, et vérifie que je n'ai pas fait tomber mon portable en chemin. Je regarde le rez-de-chaussée à travers les barreaux de la rampe d'escaliers en me demandant comment je vais redescendre mais ça, c'est un problème pour le moi du futur.

— Bien joué, mon pote ! me félicité-je.

J'attends une minute sur la dernière marche pour reprendre mon souffle avant de continuer à ramper jusqu'à la chambre de ma jumelle. Devant celle-ci, je lève le bras pour enclencher la poignée mais la porte s'ouvre avant que je ne puisse l'atteindre. En me découvrant devant sa chambre, Rachel, la tête encore embuée de sommeil, pousse un cri strident que je lui renvoie.

— Mais ça va pas ! Qu'est-ce que tu fiches ici ?! s'étonne-t-elle en posant une main sur sa poitrine.

— Surprise ? Joyeux anniversaire, petite sœur !

— Je suis plus petite que de cinq minutes, contre-t-elle en retournant vers son lit.

Je parcours les derniers mètres et grimpe sur son matelas pour m'asseoir à côté d'elle. Adossée contre sa tête de lit, elle croise ses bras sur sa poitrine et me dévisage, les sourcils froncés.

— Au fait, t'es pardonné pour tout. Ça m'amusait au début de te faire faire tout et n'importe quoi juste pour que tu obtiennes mon pardon mais là, t'en fais trop.

— Dommage, j'allais te dire que j'avais des places pour le Eras Tour en août, au SoFi Stadium.

L'effet est immédiat. Rachel se redresse à la vitesse de la lumière et se tient debout dans son lit, euphorique.

— SERIEUX ?!

— Non, je déconne, éclaté-je de rire.

— Ok, je retire ce que j'ai dit. T'es un monstre et je ne te pardonnerais jamais, dit-elle en se rasseyant à côté de moi.

— Trop tard, ce qui est dit est dit.

Pour toute réponse, elle me jette son oreiller à la figure mais je le rattrape d'une main et le lui renvoie. Un rayon de soleil se faufile entre les rideaux et s'immisce entre Rachel et moi. Nous relevons la tête l'un vers l'autre en même temps et sourions avant d'ajouter en chœur :

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