Ils leurs faillaient traverser un dernier pont de bois pour rejoindre l'autre rive sur laquelle c'étaient regroupés les curieuses habitations. Rattachés auprès des arbres, ou des roches, elle semblait être issue d'un audacieux croisement entre des tipis et des cases. Construit de bois, de pierres, de cuir, de torchis, de toile et quelques fois, d'acier. Chaque habitation ne comprenait pas plus d'une pièce et ne ressemblait à aucune autre. Elles étaient toutes uniques. Tout dance e petit village était particulier.
- Mais, il n'y a personne dans ce village ? s'étonnait Victorine.
En effet, il n'y avait pas un chat à la ronde. Le seul mouvement de vie apporté était celui du vent qui soufflait par intermittence pour balader les feuilles mortes. Et dans les couleurs chaudes qui commençaient à descendre pour laisser place à l'obscurité de la nuit, des torches enflammées illuminaient l'entrée de chaque petite cabane, ainsi que le pont. Tout semblait centrer autour d'une petite place où trônait un chaudron sur son bucher éteint. Tout autour, sur le périmètre d'un large cercle, des troncs étaient allongés comme s'il s'agissait de bancs.
- Restez là, ordonna froidement Kalhan.
D'un pas assuré Kalhan s'avançait sur le pont qu'il traversait sans rencontrer d'embuche. Il s'arrêtait une fois arriver sur la place. Rien ne se passa. Le léger vent continuait de souffler dans ses mèches d'ébènes tombantes, tandis que le silence devenait de plus en plus pesant. Aucun signe de quoi que ce soit à l'horizon. Ce calme ressemblait à celui que Reven ne connaissait que trop bien. Celui du calme avant la tempête. Il restait attentif, à l'environnement. Aucune activité ne lui échapperait lorsqu'il y en aurait une. Son sabre déjà en main, ce dernier était prêt à devoir croiser le fer.
Victorine en revanche, ne percevant pas le même danger que ses compagnons de voyage, s'avança lentement vers le pont. Elle n'avait eu le temps de ne faire qu'un pas avant que Reven ne l'arrête aussitôt d'une ferme poigne à l'avant-bras.
- Un truc se prépare, justifia Tacha en armant son arc d'une flèche.
Puis enfin, le vent soufflant s'intensifia. L'eau du lac s'agitait dangereusement en même temps que la terre se mit à trembler sous leurs pieds. La princesse de Phalène en perdit son équilibre et manqua de tomber à l'eau. Mais de justesse, Reven la rattrapa et la recentra rapidement sur la terre ferme. Il ne fallut pas plus de signe à Tacha pour s'empresser de chercher une cible pour lâcher sa flèche meurtrière. Son Qiew en éveille, elle laissait les flux des airs la guider jusqu'à la menace qui les attendaient.
De son côté, Kalhan restait impassible au brutal changement atmosphérique. Aucune émotion ne s'échappait de lui, pas même une invisible que l'archère aurait pu capter grâce à son pouvoir. Il attendait, tout simplement.
- Les voyageurs n'ayant pas respecté le protocole ne sont pas les bienvenues, résonne une voix de femme dans un éco.
Sortie du nuage de poussière qui tapissait les habitations autour de la place, une silhouette s'approchait avec un bâton abaissé en main. Tacha s'empressait déjà d'identifier l'individu à l'aide de son pouvoir. Il s'agissait sans hésitation d'une femme. Et cette dernière, n'était, curieusement pas harmonisé à l'élément de l'air. Ni même de l'eau d'ailleurs. Tout comme Kalhan, il semblait que c'est à Qiew de la terre qu'elle était associée. L'inconnu respirait la détermination et malgré la distance, Tacha parvenait tout de même à ressentir l'oppressent aura qu'elle dégageait. Son attitude avait quelque chose de familier pour la blonde. Mais elle était incapable de dire quoi.
- Heureusement que je ne suis pas un voyageur alors, lui répond sans hésitation Kalhan.
- Ça, ça reste à voir, rétorque-t-elle en sortant du nuage.
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Arthaclan
FantasyJadis, on le croyait fou. Mais un fou, détient toujours une part de génie. Omnibulé par le monde meilleur que lui prométait sa découverte, il n'avait même pas hésité à sacrifier sa famille pour réussir. Et désormais, c'était l'avenir des royaumes qu...