Chapitre 42

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J'étais bien incapable de détacher mon regard de l'heure affichée sur mon ordinateur. Je m'étais levée aux aurores pour être sûre de pouvoir partir en fin de matinée. Je voulais encore repasser chez moi, me préparer avant de rejoindre Rémi. Cela faisait déjà un moment que je comptais les jours, depuis que nous avions décidé du week-end. J'avais prévu de travailler en home office le lundi suivant, ainsi je pouvais rester plus longtemps en Provence. Fébrile, je travaillais d'arracher pied pour prendre un maximum d'avance. Je carburais à la caféine et repoussais mes rêveries tant bien que mal. Depuis que je l'avais revu, mes pensées étaient nettement moins sages. Je brûlais de sentir ses mains sur moi, mais je refusais d'amorcer le moindre geste. Je ne voulais pas être un coup d'un soir et je savais que c'était ce qui m'attendait si les choses dérapaient à ce stade de notre relation.

Je sauvegardais mon travail et me dépêchais de rejoindre la sortie en lançant un bon week-end à la cantonade. Mes appels seraient transférés sur mon portable et ma mallette me suivrait ce weekend. J'avais tellement hâte que je fus tentée de partir immédiatement mais je voulais prendre une douche et me changer. En début de semaine, j'avais passé un temps invraisemblable chez le coiffeur pour agrémenter ma couleur de reflet caramel. Mes cheveux tirant maintenant vers le châtain foncé ce qui faisait ressortir mes yeux. En quelques mois, je m'étais métamorphosée. Certes, je n'avais pas une super confiance en moi et je n'étais toujours pas un top model, mais j'étais mieux dans ma peau et je pensais pouvoir lui plaire. Au moins qu'il remarque que désormais j'étais jolie.

J'avais fait les boutiques en prévision de ce weekend et j'enfilais une robe fluide dont la couleur rappelait celle de mes yeux. Je me maquillais à peine et brossais mes cheveux jusqu'à ce qu'ils brillent. Contente du résultat, je récupérais mes affaires et calculait mon trajet. Je devrais arriver chez Rémi pour le café. Je lui envoyais un message et mis mon téléphone en silencieux pour la route.

Les kilomètres défilaient trop lentement à mon goût. Je me forçais à respecter les limitations de vitesse, voir à rouler un peu en dessus. Je ne voulais pas qu'il se rende compte que je me ruais vers lui. Ma gorge s'assécha quand j'empruntais son allée en terre. Le temps que je récupère mon sac dans le coffre, et il venait vers moi à grande enjambée. Mes jambes flageolaient comme à chaque fois que je le voyais. Cesserait-il un jour de me couper le souffle ? J'en doutais fortement.

-Salut toi !

-Salut, bredouillais-je déstabilisée.

C'est la première fois qu'il me regardait avec un tel sourire dans les yeux.

-Ça a été la route ? Je pensais que tu arriverais plus vite.

- Ah bon ? Non, cela allait, normal.

-Tu veux un café ? me demanda-t-il en emportant mon sac.

-Merci, oui je veux bien. Enfin si tu en prends un.

-C'est prévu ! lança-t-il par-dessus son épaule. Va sur la terrasse, je te rejoins.

Je levais les yeux au ciel. Il fallait toujours qu'il donne des ordres. Le pire c'est qu'il ne s'en rendait pas compte. Je m'arrêtais sur le seuil de la cuisine, surprise.

A l'extérieur, la table était joliment dressée et des chaussons aux pommes trônaient à côté d'un bouquet de fleurs des champs.

-Sarah est dans sa période fleuriste, expliqua une voix grave contre mon oreille.

Je sursautais et ignorais son ricanement.

-Je n'aime pas les chaussons aux pommes, déclarais-je en m'asseyant pour voir s'il se souvenait ou si c'était une simple coïncidence.

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