J'étais sur un petit nuage. Pendant notre weekend, j'avais bien remarqué, qu'à plusieurs reprises, Rémi avait failli m'embrasser. La première fois, dans l'ascenseur, j'avais cru au fruit de mon imagination. A force d'en avoir envie, je prenais mes rêves pour la réalité. La deuxième fois dans la cuisine, j'avais retenu mon souffle, partagée entre la joie et la peur mais Cécile nous avait interrompu. Une partie de moi avait été soulagée de ce que cela engendrerait. Le soir j'avais été incapable de m'endormir, trop frustrée pour trouver le sommeil. A chaque fois que son regard se posait sur ma bouche, je ne pouvais pas m'empêcher de faire diversion. Je mourrais d'envie qu'il m'embrasse et je ne voulais pas qu'il croit que je le repoussais mais... une partie de moi avait peur que je ne sois qu'un jeu pour lui. Je n'étais pas sure qu'il en avait vraiment envie, j'avais peur qu'il m'utilise pour oublier l'autre. Même absente, elle me pourrissait la vie. Rémi ne m'en avait plus jamais parlé depuis qu'il m'avait annoncé qu'il avait tiré un trait sur elle, mais j'étais bien placée pour savoir que l'on oubliait pas quelqu'un juste parce qu'on le décidait. Depuis ce fameux weekend, les choses évoluaient entre nous.
Mes doutes s'estompaient doucement. Le ton de ses messages avait changé, ils étaient plus affectueux et plus joyeux. J'avais l'impression que lui aussi voyait la vie du bon côté. Nos échanges ne se terminaient plus. Je me réveillais et me couchais avec mon téléphone à la main. Chacun de ses messages m'envoyait une décharge d'électricité directement dans le cœur. Je n'avais jamais été aussi heureuse de ma vie. Quand mes angoisses reprenaient, je relisais ses messages que je conservais précieusement.
« Merci pour ce week-end, j'ai vraiment hâte de te revoir ».
« Dommage que tu vives sur Lyon, je peux plus passer te voir après mes chantiers. Ta tarte aux pommes me manque » enchaina-t-il sans me laisser le temps de répondre.
« Et moi, je te manque ? Ou juste la tarte ? :p »
« Toi aussi, bien évidement ».
J'avais failli faire une syncope.
« Quand est-ce que tu reviens ? ».
Après ce message, j'avais souri toute la journée comme une idiote et cela m'avait fait un bien fou. Benjamin m'avait envoyé plusieurs messages et appelée. Je finis par l'appeler pour lui dire que je ne pouvais plus le voir. Même si je n'étais pas en couple, je ne pouvais pas m'imaginer être proche d'un autre homme que Rémi. C'était lui et seulement lui.
« Tu es en réunion ? Je n'ai pas de nouvelles depuis ce matin, ça me fait bizarre de ne pas te parler ».
Après avoir lu celui-ci toute ma fatigue s'était envolée, je n'avais eu plus qu'une hâte rentrer chez moi et tant pis pour ma séance de sport, j'avais préféré lui parler.
« Tu n'es toujours pas rentrée de ton repas d'affaires ? Tu n'as pas eu d'accidents au moins ? Je commence à m'inquiéter ».
« Je suis coincée dans les embouteillages » me dépêchais-je de répondre en surveillant la file immobile devant moi. Je pestais derrière mon volant. L'envie de partir à pied était tentante mais il s'était mis à pleuvoir et mes escarpins étaient étonnamment glissants.
« Ok. Préviens-moi que tu es rentrée, et ne regarde pas ton téléphone en roulant ! ».
Je souris devant son ton autoritaire. J'adorais qu'il soit protecteur, j'avais l'impression d'être la huitième merveille du monde. Plus les jours passaient, plus il évoquait ouvertement la possibilité d'une relation entre nous.
*****
Cela faisait trois jours. Trois jours que Rémi était distant. Il me parlait à peine. Plus de messages gentils, plus de plaisanteries, plus de complicité. J'avais beau lire et relire ses anciens messages pour me rassurer rien n'y faisait. Je ne voyais pas où les choses avaient dérapé. Est-ce que la garce était de retour dans sa vie ? Avait-elle réussi à lui retourner le cerveau ? Je jetais mon portable dans mon sac en essayant de me concentrer sur mon rapport. Impossible ! Dès que j'essayais de me concentrer, je voyais Mélanie. Moi qui voulais oublier son nom, voilà que je n'avais plus que cela à la bouche. J'étais à deux doigts d'appeler mon hacker pour savoir si elle avait repris contact. Même les manigances du dragon et de Denis ne me redonnaient pas le sourire. Ils étaient ridicules à se cacher comme des adolescents. Ils n'avaient qu'à dire les choses en face, assumer, bordel ! Voilà que je devenais vulgaire. Je fulminais et décidais d'en avoir le cœur net. Je tapais rageusement sur mon téléphone à m'en faire mal.
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Obsession
Mystery / ThrillerJusqu'où iriez-vous par amour? Ce fut d'abord une lueur, puis une flamme grisante, qui enflamme qui embrase tout mon être.Il semblait être tout ce que je voulais, même ce que je ne n'osais espérer. Et vous qu'auriez-vous fait à ma place? Pour ceux...
