Un impact sur le lit me fit ouvrir difficilement les yeux. Les bras de Rémi encerclèrent mes hanches. Avec son grand sourire et ses yeux pétillants, on aurait dit un chiot à qui on venait de promettre une ballade.
-Salut !
-Salut, marmonnais-je en essayant de récupérer la couette.
-Ah non ! Debout marmotte.
Rémi fébrile, comme un chiot, réveiller parce qu'il bondit sur le lit. C'était la première fois que Matthieu était autorisé à passer une journée chez son père, loin du foyer. J'étais heureuse pour eux mais à cette heure-ci, je n'avais pas la force de le montrer. Nous avions peu dormi et mon corps se remettaient avec peine de la vigueur de mon petit ami. Devant mon absence de réaction, il me sauta dessus.
-Tu as raison, reste couchée c'est encore moi, susurra-t-il en me débarrassant de la couverture.
-Bas les pattes.
Je me tortillais pour échapper à ses mains qui étaient déjà passées sous le tissu de ma nuisette. Ses lèvres tracèrent une nuée de baisers sur ma gorge. Impossible de lutter, je l'attirais dans mes bras en lui offrant ma gorge. Sa main frôla ma cuisse et je sursautais. Il baissa les yeux sur les bleus qui ornaient l'intérieur de mes cuisses.
-Je crois que tu as besoin de repos, décrété-t-il à regret.
Ma mine boudeuse le fit rire. Il m'embrassa, s'assurant que j'étais désormais totalement réveillée et s'élança vers la cuisine, bien décidé à préparer un petit-déjeuner de roi.
Frustrée, je fus incapable de me rendormir. Je me levais et fus horrifiée en me voyant dans une glace. Des suçons. Partout. Dans mon cou, sur ma gorge, je levais ma nuisette. Là aussi. J'allais devoir m'habiller chaudement pour cacher ses marques à l'assistante sociale qui amenait Matthieu. En grimaçant, je rejoignais à petite foulée la cuisine.
Ma démarche fit sourire Rémi et je levais les yeux au ciel. Seul un homme pouvait être fier de ma démarche de canard.
-Pas un seul mot, l'avertis-je en levant la main.
Il hocha la tête en se pinçant les lèvres.
-Tes yeux te trahissent, grognais-je en m'asseyant doucement.
-Je pourrais presque croire que tu m'en veux. Pourtant, si je me souviens bien de tes paroles, fit-il semblant de méditer, tu me suppliais. « Encore ». « Plus fort », m'imita-t-il avec une voix de fausset.
Je lui lançais un coussin, le regard mauvais.
-Ta colère serait bien plus crédible sans toutes ces marques sur toi.
-C'est toi qui me les as faites ces marques !
-Oui et tu ronronnais.
*****
Une heure plus tard, une voiture beige déposa Matthieu. Après avoir donné un nombre incalculable de recommandation, son accompagnatrice repartie et je retournais dans le salon. Ils avaient besoin de se retrouver. Rémi me posa une question silencieuse tout en serrant son fils et je hochais la tête. La gratitude envahit ses yeux. J'allais réserver une table dans le restaurant préféré de Matthieu et me plongeais ensuite dans un magazine de décoration.
Des rires et des cris me provenaient à travers la fenêtre ouverte et j'avais un sourire idiot sur le visage. J'avais l'impression d'avoir basculer dans une famille heureuse. Le bonheur de se retrouver pour une journée estompait la perte de Sara. Matthieu fut fou de joie d'aller au restaurant puis au parc. Son père rayonnait. Il passait son temps à surveiller son fils. Je les regardais en retrait heureuse pour eux. Matthieu me raconta sa vie au foyer. Devant la mine sinistre de Rémi, je réorientais la conversation et demandait à son fils où il aimerait bien partir en vacances. Il bondit sur ses pieds et son enthousiasme nous fit rire. Il énonça tous les pays qu'il connaissait et en inventa certains. En riant, nous rebroussions chemin jusqu'à la voiture.
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Obsession
Mystery / ThrillerJusqu'où iriez-vous par amour? Ce fut d'abord une lueur, puis une flamme grisante, qui enflamme qui embrase tout mon être.Il semblait être tout ce que je voulais, même ce que je ne n'osais espérer. Et vous qu'auriez-vous fait à ma place? Pour ceux...
