Chapitre 35

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Le lendemain, je franchis les portes du bureau le sourire aux lèvres. J'avais l'impression de régner sur le monde. Je savais que ce sentiment ne durerait qu'un temps alors je tachais d'en profiter au maximum. Je me sentais belle, féminine, vivante, et cela faisait un bien fou. Je n'étais pas encore complètement sur de moi, loin de là. Je me revoyais rougir en voulant le payer, et lui exprimer ce que je souhaitais. Cela avait été un non catégorique qui m'avait fait bondir.

-Pourquoi ? avais-je bredouiller, alors qu'il refermait ma main avec les billets.

-Tu payes la chambre, c'est amplement suffisant.

Je le regardais par en-dessous en souriant.

-Tu n'es pas très bon gestionnaire, me moquais-je gentiment.

-Oh crois-moi, se rapprocha-t-il jusqu'à frôler ma poitrine de son torse, je suis très bon gestionnaire. Mais je ne peux pas accepter, j'aurais l'impression de t'escroquer.

-Pardon ?

-Tu as entendu ce que tu viens de me demander ?! s'écria-t-il.

- Oui, rougissais-je. Ce n'était pas si extrême que cela, je ne comprenais pas ce qu'il lui arrivait.

-Tu veux me payer pour me sucer ?! Tu sais que c'est le rêve de tous les mecs ! s'époumona-t-il.

-Chut !

-Quoi ? Je te choque ? C'est bien ce que tu viens de me demander non ?

Je baissais les yeux.

-C'est le prix d'une séance, lui tendit-je la liasse. C'était bien une séance, non ? ripostais-je en dissimulant ma honte.

Il rit à gorge déployée.

-Ma belle, avec une séance tu en as pour ton argent ! Je n'ai rien fait là !

Je n'étais pas entièrement d'accord, je me souvenais très bien de ce qu'il avait fait. Ses yeux pétillèrent avant de s'assombrir.

-Crois-moi, ce n'était même pas le début de bons préliminaires. Fais-moi confiance.

Je rougis de plus belle. Des images bien trop osées défilèrent devant mes yeux.

-Je refuse de ne pas payer. J'aurais l'impression de t'escroquer ! répondis-je fièrement en le singeant.

-Dans ce cas, ce sera l'argent des deux séances, et tu me laisses décider du programme.

-Mais...

-T'inquiètes, tu auras amplement le temps de pomper à en avoir mal à la mâchoire !

-Tu es obligé d'être aussi vulgaire ! m'indignais-je, scandalisée.

Il rit et ses yeux s'humidifièrent.

-Oui, tu es trop expressive. Tu rougis comme une écolière, ... mais je sais que tu es excitée, compléta-t-il à voix basse.

Je marmonnais en me dirigeant vers la sortie. Il avait réussi à me rassurer assez pour que je me lâche et entre dans son jeu, mais son vocabulaire était atroce, j'avais presque envie de le suggérer de le bâillonner, mais il retournerait la situation à son avantage. Il était à l'aise avec le sexe, pas moi, il aurait toujours une longueur d'avance. J'étais impatiente et stressée d'être le dimanche matin. J'espérais qu'il n'avait pas d'idées trop tordues pour cette deuxième séance, mais je me rassurais en me disant que je payais moitié prix. Selon lui, cela reflétait une moitié de prestation et c'était bien suffisant. J'avais les jambes complètement engourdie après seulement une moitié de séance, que m'arriverait-il s'il se décidait à vraiment agir ?

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