Chapitre 8

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J'extirpais les courses du coffre en regrettant que les amis de Greg ne soient pas moins nombreux. Nous avions prévu un repas sur la terrasse le soir même et le nombre de personnes invitées avaient soudainement décollés. Si bien que j'étais partie en fanfare acheter de la viande supplémentaire. Nourrir une dizaine d'hommes affamés n'était pas une mince affaire.

Je déverrouillais la porte d'entrée quand une présence à côté de moi me fit sursauter.

-Le jean vous va mieux que vos jupes de femmes du monde, déclara Rémi appuyé contre le mur. 

- Pourquoi ? Je ne suis pas une femme du monde?! répliquais-je, m'attendant encore à une moquerie de plus.

-Non, vous êtes trop naturelle pour cela, annonça-t-il comme si cela était l'évidence même.

Ce compliment tout simple me prit au dépourvu. Où était l'entourloupe ? Je l'étudiai suspicieuse.

-Où est votre petit copain ? me demanda-t-il en désignant l'emplacement vide de la Maserati.

-Au golf, répondis-je du tac au tac, désireuse de mettre un terme à la conversation.

-Et pourquoi n'y êtes vous pas?

C'est pas vrai, il avait bien choisi son jour pour se montrer bavard.

-Je m'y ennuie, et vous, qu'est ce que vous faites là? l'interrogeais-je les poing sur les hanches.

- Relaxe, je ne vous vole pas si vous voulez tout savoir, ironisa-t-il. J'ai besoin d'eau et nous avons coupé l'eau dans l'aile gauche.

-Oh, dans ce cas.

J'ouvris la porte et vérifiais qu'il me suivait par-dessus mon épaule.

-Vous avez besoin d'eau pour le ciment, demandais-je pour combler le silence gênant.

-Non, on a le tuyau d'arrosage pour cela, m'expliqua-t-il d'une voix bien trop proche. Je me suis coupée, je veux juste passer un peu d'eau dessus.

-Oh c'est grave ? demandais-je en remarquant le torchon sur son bras.

Je posais mon sac sur l'îlot principal et le regardait s'approcher de l'évier.

-Trois fois rien, mais avec la poussière autant passer un coup d'eau dessus.

Il commençait à dénouer le chiffon qu'il avait noué sur son avant-bras. Un coup d'eau et hop, dans la poussière à nouveau, n'importe quoi !

-Venez, lui intimais-je, et virez ce chiffon pourri, j'ai des serviettes propres! lançais-je par-dessus mon épaule.

-Oui, m'dame, se marra-t-il en me suivant docilement.

Je le guidais jusqu'à ma salle de bain et cherchais du désinfectant pendant qu'il dénouait le tissu qui faisait office de pansement.

Je me tournais vers lui pour désinfecter la plaie.

-Trois fois rien ? hurlais-je. Vous avez besoin de points de suture oui ! m'écriais-je devant la coupure qui dévalait le long de son avant-bras.

-Ce n'est pas si profond que ça, souligna-t-il avec un sourire malicieux.

Je cessais de parler et m'appliquais à désinfecter toute la surface écorchée. J'étais étonnée qu'il ne pipe pas mot. Les rares fois où Gregory se blessait, il hurlait comme un blessé de guerre. Je relevais les yeux et croisais son regard, il attendant patiemment que je finisse. Son fidèle sourire indéchiffrable sur les lèvres.

-C'est la plaie qu'il faut regarder, me taquina-t-il.

En réponse, j'appuyais sur la ladite plaie un peu plus fort, ce qui le fit sourire d'avantage. Bon joueur, il ne le releva pas et me tendit son bras quand je récupérais un bandage. Une fois son bras emmitouflé telle une momie, j'admirais mon œuvre.

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