Je fus réveillé dans un sursaut, ayant entendu un bruit. Ma respiration se tut alors que mes yeux cherchaient frénétiquement l'origine du son bref que j'avais pu entendre.
Peut-être que j'avais rêvé. Le silence devenait encore plus troublant.
Puis à force d'entendre de longues minutes, guettant une de mes armes au pied du lit prête à se trouver dans mes mains alors que je maintenais un couteau entre mes doigts, je finissais par poser ce dernier sur la petite table de chevet en bois couverte de poussière.
Cela ne devait être que le vent qui était rentré au rez-de-chaussée pour claquer une porte. Il me semblait avoir tout fermé pourtant. Ou peut-être que j'étais trop anxieux pour rien.
Je détournai finalement les yeux vers le côté gauche du lit double. Il ne faisait pas chaud dans la pièce, c'était pour cela qu'avec Amine, on avait multiplié les couvertures et les peaux de bêtes que nous avions trouvé de part et d'autre de cette maison abandonnée pour nous maintenir au chaud.
Justement, ce dernier dormait encore à poings fermés. Je le trouvais plus beau quand il dormait. Son air serein était accentué par des traits reposés, une grande part de son innocence se faisait ressentir. Mon seul regret était que ses paupières cachaient la beauté de son regard pur quand elles demeuraient endormies.
Mais ce jour-là, sa peau tressautait doucement, et toute la nuit, j'avais remarqué son sommeil agité, tant je me réveillais pour n'importe quel bruit.
Je chassais du pouce une perle de sueur du front d'Amine. Je remarquais à cet instant à quel point il était brûlant de fièvre. Je me mordis la lèvre, peiné. Cela faisait deux bonnes journées où je voyais qu'il était fiévreux. L'organisme d'Amine n'avait probablement pas eu l'habitude d'un tel climat, ou bien un mauvais virus avait décidé de l'attaquer.
Amine avait tout fait pour me cacher cela au début. Il avançait quand même avec moi dans la neige d'Alaska sur des kilomètres à la recherche de refuge ou nourriture comestible. Mais depuis la veille, je voyais combien c'était difficile pour lui de continuer à avancer jusqu'à la ville d'Alaska qu'il espérait tant trouver.
Ce fut ainsi que l'on décida de rester quelques jours dans cette maison abandonnée pour qu'il reprenne des forces. Elle contenait pas mal de vieilles boîtes de conserve, et même quelques boîtes de médicaments, mais je restais sceptique face à ces dernières. Je ne savais pas lire les notices rédigées en anglais, ni Amine. Je pouvais lui donner un médicament contre les vomissements alors qu'il avait une forte fièvre, et c'était bien quelque chose que je voulais éviter. D'autant plus que les dates de péremption étaient forcément dépassées. On avait tenté un ou deux cachets comme ça, pour voir leurs effets, mais malheureusement, ils étaient comme nuls.
J'étais complètement désemparé face à son état. Je le forçais à manger pour ne pas qu'il perde des forces, je lui appliquais des compresses sur le front, croisais les doigts pour qu'un médicament fasse effet, mais en réalité, la panique rongeait mon corps.
Je m'étirais en m'asseyant sur le bord du lit. De la mince lumière passait dans la chambre, au travers les volets de bois cassés et les vieux draps que j'avais passé au-dessus des carreaux pour empêcher toute entrée de vent. Il faisait quand même frais dans la chambre, et il était clair que rester niché au creux des multiples couvertures serait forcément mieux pour moi.
Je me résolus quand même à me lever. Je ne mis pas longtemps pour enfiler tous mes vêtements. La Hongrie m'avait fait supporter ses hivers assez rudes, mais il me semblait que celui de l'Alaska ne prenait jamais fin.
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Alaska.
Science Fiction[Continuité du livre Arizona, gagnant d'un Wattys 2016] [Il est possible de lire ce livre sans avoir lu Arizona] • Série : Divided States of America. Code Pénal Russe, s'appliquant au Grand territoire de Russie et ses alliés : « Article 1 : t...
