Chapitre 7 : Un soldat seul.

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C'était un rayon de soleil effleurant doucement mon visage qui me réveilla. Tout était encore blanc. Je ne sentais plus mon corps. Je pourrais croire que j'étais mort et arrivé au paradis. Aucun bruit.

Je fermais de nouveau les yeux. Le vide. Je me concentrais sur ma respiration, étrangement non coupée par le claquement de mes dents.

« Laszlo, lève-toi ». En fait, peut-être que si, j'étais mort. « Alors quelle mort ridicule soldat ! ».

Je voulais bouger les jambes mais n'y arrivais pas. Pourtant, mon cœur battait encore dans ma cage thoracique. Ses battements lents semblaient être la seule sensation qui me remplissait.

J'ouvrais de nouveau les yeux. Un ciel bleu foncé. Comme les yeux d'Andris. Mes lèvres formèrent un sourire en évoquant mentalement son nom. Puis je tentais de nouveau de bouger, et ô miracle, mes doigts arrivèrent à effectuer un léger mouvement.

Ok. Je respirais un bon coup. Je me concentrais et essayais à nouveau de bouger mes bras et mes jambes. Difficilement et après un laps de temps qui me sembla durer une éternité, je ressentais enfin mon corps dans sa totalité. Et cette sensation fut clairement détestable, car je ressentais une brûlure insoutenable.

Je me relevais en position assise, en chassant la neige sur mon visage et mes cils, et grossièrement celle qui se trouvait sur mes vêtements.

Je regardais l'infini blanc face à moi. J'étais sur les nuages ? Mort ? Puis mon cerveau remit enfin les éléments en place. « En Alaska Laszlo. Tu es paumé en Alaska ».


Je ne savais pas quand j'avais perdu connaissance la veille. J'avais marché longtemps dans des ténèbres des plus effrayantes, dans un silence des plus plats et une peur des plus poignantes.

En tout cas, j'étais resté allongé suffisamment longtemps pour qu'une petite couche de neige me recouvre et que le chemin que j'avais laissé derrière moi soit recouvert. Comme si l'Alaska effaçait peu à peu mon passage, et bientôt, enlèverait totalement la moindre trace de mon existence.

Je me relevais comme un petit vieux, avec des gestes hésitants et tremblants. Une fois debout, mes jambes engourdies se dérobèrent et je tombais sur le sol.

Mon dieu... Vu l'effet qu'une nuit ici avait sur moi, je ne pensais pas survivre une journée supplémentaire. Mon service militaire devait être de la rigolade à côté. Enfin, Andris savait le rendre agréable.

« Andris n'est plus là pour t'aider. Aujourd'hui, tu es seul en Alaska Laszlo. »

Avec Andris, on se relevait souvent quand l'autre tombait. Jusqu'au dernier jour...

S'il était avec moi ce jour-là, il me tendrait la main, avec son habituel sourire confiant. Une tape sur le torse, un clin d'œil, et on aurait continué notre route ensemble. Sauf que là, je demeurais bel et bien seul.

Je frottais mes mains sur mes biceps, dans l'espoir de me réchauffer. Aucun effet. Des flocons sur mes cils obstruaient parfois ma vision qui tentait de reconnaître l'endroit où j'étais. Je n'en avais aucune idée.

Il ne faisait pas complètement jour, et je savais que l'hiver ne permettrait que quelques heures d'ensoleillement en début d'après midi. Ce qui signifiait que : on était probablement le matin, et surtout, on m'avait sans doute déposé dans le nord de l'Etat, assez près des pôles. C'était vicieux, sérieusement.

Je me levais une seconde fois, quand mes membres semblèrent moins engourdis. Je voyais au fond, assez loin derrière moi, des montagnes. Donc zone à éviter. Je maugréais quand même contre le pilote de l'hovercraft, qui aurait pu éviter de me poser vers cet endroit.

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