Après la cérémonie, je n'étais pas revenu à la clinique militaire. J'avais expressément refusé. J'avais rejoint mon ancien dortoir qui n'accueillerait pas ce soir l'unique âme restante. Je prenais mon grand sac kaki et y fourrait toutes affaires. Le dortoir était fini, ses soirées à rire et celles à s'embrasser aussi. Et je voulais tuer ceux qui avaient fait que tout cela n'aurait plus jamais lieu. Je voulais leur réserver le même sort que celui qu'ils avaient abattu sur mes compagnons.
Je fixais un instant les quelques photos sur ma table de nuit, laissais une larme couler avant de les ranger dans mon sac. Le matricule d'Andris accroché autour de mon cou glaçait ma peau, comme quand ses lèvres me touchaient. Je m'approchais une dernière fois de mes draps, pour sentir son parfum qui y résidait encore, car il venait souvent dans mon lit une fois que tout le monde était couché. C'était fini, il fallait l'admettre, même si je n'y arrivais pas.
Je fis demi-tour quelques minutes plus tard, afin de m'avancer jusqu'à la porte. Je jetais un dernier coup d'œil en arrière. « Je vous vengerai ».
Je trouvais miraculeusement le Lieutenant au détour d'un couloir, et ce dernier fut surpris de me voir, mon sac derrière l'épaule.
— Soldat Horvath, vous n'êtes pas à la clinique ? Mais vous boîtez encore, vous avez probablement besoin de repos. Et ce sac...
— Je vous avais dit que je voulais rejoindre les snipers, vous avez accepté, le coupai-je.
Sans doute que le Lieutenant fut surpris de mon audace soudaine. Moi-même commençait à peine à me reconnaître. Avec le recul, je le voyais maintenant : je devenais un autre homme, ce nouveau Laszlo, qui deviendrait une machine à tuer, qui n'aurait plus peur d'appuyer sur la gâchette, qui ne pensait plus. Un seul mot résonnait continuellement dans mon esprit à partir de ce jour-là : la vengeance.
— Soldat, je ne pense pas que ce soit raisonnable, vous avez vraiment besoin de vous reposer, je doute que vos idées soient claires, rétorqua le Lieutenant.
— Non. Je ne veux pas devenir sniper dans trois jours, deux semaines ou plusieurs mois. Je ne veux pas attendre que l'ennemi tue d'autres soldats. Je veux rejoindre l'unité maintenant, insistai-je, sûr de moi.
Le Lieutenant me dévisagea de longues secondes, et il se résigna à me sourire.
— Le monde ne pourra jamais vous enlever votre plus grande qualité soldat Horvath. Je vois rarement des soldats aussi courageux que vous. Je ne peux qu'accepter. Suivez-moi, je vais vous indiquer votre nouveau dortoir. Vous aurez une légère formation, même si vu vos acquis, je pense que cela ne soit pas particulièrement nécessaire. Mais comme vous avez insisté, vous serez traité comme les autres, blessé ou non.
— Je n'en demande pas moins, merci, fis-je, enfin soulagé.
En effet, j'avais rapidement acquis les fondamentaux de la formation. Je recevais des éloges des instructeurs, qui s'étonnaient de voir un jeune de même pas encore dix-huit ans déjà adroit avec les armes. Je ne savais même pas d'où me venait cette sorte de don, si cela en était un. Mais avec toute ma haine, il était effrayant à quel point j'en étais encore plus redoutable. Même les quelques autres soldats de cette unité d'élite m'avaient félicité, alors que je demeurais leur cadet de bien une quinzaine d'années pour la plupart.
J'avais tout retenu, le secret de nos missions, quand on nous donnait un nom et une photo, la précision, le silence, tout ce qui était nécessaire pour s'approcher le plus possible de notre cible sans jamais être remarqué. Avoir la maîtrise de ma nouvelle arme, le visage de ma victime dans le viseur et appuyer sur la gâchette. Cela en devenait tellement simple de donner la mort.
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Alaska.
Ciencia Ficción[Continuité du livre Arizona, gagnant d'un Wattys 2016] [Il est possible de lire ce livre sans avoir lu Arizona] • Série : Divided States of America. Code Pénal Russe, s'appliquant au Grand territoire de Russie et ses alliés : « Article 1 : t...
